‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 57 sur 140 · I.KS SOLRCES DV STVLK KOMAN '2{\o · texte numérisé non relu

I.KS SOLRCES DV STVLK KOMAN '2{\o

sa force dexpansion n'existent plus. Elle n'impose plus son style à l'univers. Elle n'exporte plus sa main-d'œuvre. Ses méthodes de construction sont encore pratiquées par les ateliers qu'elle a formés et répandus dans tout l'Occident; mais ces ateliers ne sont plus rattachés à l'école originelle et à la métropole. Les racines sont coupées. L'arbre vit de sa sève antérieure. C'est un effet qui survit à la disparition de sa cause et en prolonge apparemment mais mensongèrement l'existence.

L'art latin, entamé de très bonne heure sur la côte de l'Adriatique, disparut peut-être plus vite de l'Italie que de plusieurs aulres contrées de l'Empire. Ce ne serait pas défendre un paradoxe que de soutenir celte thèse. L'Italie, eu effet, fut envahie la première et submergée comme tout le monde par l'iniporlation néo-grecque, par l'invasion morale et matérielle de Byzance et de l'Orient. A partir de ce moment, ou bien elle fut obligée d'adopter complètement la version byzantine de la construction basilicale, c est-à-dire de voir son propre idéal modifié et interprété par des Grecs ainsi que cela se fit dès le vi^ siècle à Ravenne et dans maints édifices de Rome et du territoire méridional qui s'était autrefois appelé la Grande-Grèce, — ou bien elle dut se résigner à pratiquer secrètement un art condamné à devenir provincial pour demeurer personnel et dont le seul caractère spécial fut une indéfinie caducité. La décadence latine eut sans doute, chez elle aussi, pour s'alimenter, son école académique. De très bonne heure, Vitruve compta dans sa patrie d'obstinés continuateurs et des disciples intransigeants. Mais sa théorie surannée était déjà incapable de rien produire. Elle ne pouvait exercer qu'une action coërcitive. Le vieux style latin se borna, comme toujours, à obstruer, et à lutter contre le .sentiment populaire et instinctif du monde renouvelé qui, étant; désormais chrétien, se trouvait naturellement entraîné sur la pente de l'art grécooriental.

Car, à partir de ce moment, le vrai principe directeur, le seul ferment, dans la société comme dans l'art, fut le principe chrétien. Or, ce principe ne venait pas d'Italie ; bien au contraire, il était entré en Italie avec tout un cortège d'habitudes, de formules, de procédés'; en un mot, quand il avait pénétré l'Occident il possédait déjà une physionomie personnelle, sensiblement différente de celle

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