‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 58 sur 140 · I.KS SOLRCES DL" STYLE ROMAN · texte numérisé non relu

I.KS SOLRCES DL" STYLE ROMAN

que présentait la latinité païenne dans son dernier étal. Ce qui se propageait, ce qui gag-nait le monde, ce qui marchait en avant, toujours avec la croix, même en ayant Rome pour point de départ, ce n'était pas le sentiment d'art des écoles vitruviennes, le style étiolé et cultivé en serre chaude par la tradition de précoces académies, c'était le principe grec et oriental absorbé, assimilé et propagé par Rome prolétaire et chrétienne. Je vous l'ai déjà prouvé et je vous le prouverai encore par des monuments d'un indiscutable caractère.

A partir du iv'* siècle et de son officielle conversion, Rome, devenue le siège des papes, a cou\ert de sa pourpre et de 1 autorité de son nom les éléments quelquefois les plus purs de l'art grec. Le mot romain avait alors un sens spécial qu'il a gardé dans le Credo liturgique. Bomaùi cela voulait dire orthodoxe. L'art était catholique, apostolique et romain de langue et de doctrine, mais n en restait pas moins grec d'essence et de pratique. Les Mérovingiens et les Carolingiens s'y sont souvent trompés, comme aussi les humanistes et les historiens de tous les temps. L'histoire de l'art et surtout l'histoire de la sculpture apprendront à ceux-ci à comprendre certains textes. L'archéologie sincèrement et complètement pratiquée ne se suffît pas seulement à elle-même. On verra qu'elle peut encore aider les autres sciences.

Quand, par exemple, saint Bénédict, abbé de N'earmoulh, en Northumberland, demandait en Gaule des maçons « qui sihi lapideam ecclesiam juxta Bomanorum., quem semper amabat, niorem facerent » ; quand Naitanus, roi des Pietés, en Ecosse, écrivait en 710 à l'abbé Geolfrid, successeur de saint Benedict, pour le prier de faire venir de France des architectes h qui juxta morem Romanorum ecclesiam de lapide ingenii ipsius facerent ' », il faut comprendre que c'étaient des artistes imbus déjà des principes byzantins qui furent envoyés en .Angleterre sous le nom de Romains. En effet, l'Italie et la Gaule ne pouvaient pas exporter autre chose que les artisans et les produits actuels de leurs cultures respectives entièrement pénétrées par l'hellénisme, surtout dans la sculpture.

Les textes parlent toujours, à propos de constructions comme à

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