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partie du moyen âge^ il eut comme la direction (jénérnle de Vart chrétien dans tout le reste de l'Europe, et il n'est point de contrées où nous ne retrouvions ses traces * . »
« L'Art byzantin ne s'est pas contenté, dit encore M. Bayet, de combiner des éléments d'orif^ine diverse, son rôle est plus important et il a su se montrer créateur. C'est à lui que revient le mérite d'avoir le premier donné aux conceptions chrétiennes une forme particulière^. »
M. de Vogué conclut de même : <( Un peut maintenant, dit-il, suivant la spirituelle expression de \l. \ itet, sans craindre de passer pour un mauvais P'rançais, avouer que l'i^rient grec a joué un rôle considérable dans le moyen âge primitif; qu'il a conservé, en face de la barbarie occidentale, le dépôt des traditions^. »
En Gaule, lorsque le pouvoir romain fut évanoui, la ruine morale de l'antiquité classique fut bien plus grande encore que la ruine matérielle. Si la langue avait pénétre le peuple du haut en bas de l'échelle, la culture gallo-romaine, nous l'avons vu, reposait uniquement sur une organisation sociale, essentiellement aristocratique, imposée par les Romains ou confirmée par eux lors delà conquête. Cette culture n'avait jamais eu de racines dans les masses populaires. « Les Romains, dit M. Gaston Paris, avaient une religion et une littérature ofTicielles, l'une et l'autre assez étrangères au peuple, tant à celui du noyau primitif de leur empire qu'à celui qu'ils avaient déjà assimilé dans l'Italie et ailleurs '. » Tout devait donc disparaître.
La langue seule avait pu surnager, et la féodalité, c'est-à-dire l'ensemble des conceptions juridiques et sociales des envahisseurs germains eut dès lors, pour se développer, le champ libre et les coudées franches. En même temps, la place laissée vacante par la disparition de l'esthétique aristocratique et latine de Rome fut envahie par l'esthétique populaire et néo-grecque de l'Orient, c'est-à-dire par la
1. Recherches pour servir à Vhistoire de la peinture et de la sculpture chrétiennes en Orient, p. 136.
2. Recherches pour servir à l'histoire de la peinture et de la sculpture chrétiennes en Orient, p. 133.
3. M'' de Vog:uë, Le temple de Jérusalem, p. 88. i. La littérature française au moyen àye, p. 9.
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doctrine du seul art supérieur qui fût alors un principe vivant et actif dans le monde. Ce mouvement général renconlra-t-il chez nous plus tard des obstacles?
Ça été la tendance généi'ale de voir en Charlemagne un précurseur de Louis Xn' et de Napoléon, romanisant la France à outrance, lui infusant le sang italien à haute dose, fondant par anticipation l'École de Rome, le concours des grands prix, toutes sortes d'académies de peinture et de sculpture, et de manufactures nationales, employant tous les rouages de l'organisation sociale et politique à la déformation du génie français, utilisant les Mi.ssi clominici, comme de simples intendants et de simples préfets, à semer uniformément, sur les parties les plus dissemblables du territoire, les ouvrages d'une édilité officielle contrôlée par l'Etat ; enlin, couvrant le sol de notre pays, depuis les Alpes et la Médilei'ranée jusqu'à l'Océan, d'un lot assorti de maisons carrées, de temples gallo-romains et de bâtisses à la fois administratives et académiques, conformes au Aieil idéal romain du premier siècle de la conquête.
Expliquons-nous franchement sur ce qu'a été cette prétendue restauration de l'ensemble de la culture antique. Regardons ce qu'elle a effectivement apporté d'éléments particuliers à telle ou telle branche de la civilisation occidentale. Les goûts très nettement manifestés par les hommes qui dirigèrent le mouvement carolingien sont un trait de lumière dont l'histoire doit tirer parti pour expliquer la généalogie de nos diverses écoles nationales européennes.
Devenu empereur d'Occident, à l'aurore du ix^' siècle, et résolu à consacrer la force des royaumes barbares à la glorification de ce nom romain dont il se parait. Charlemagne repi'it et renoua vigoureusement dans les lettres la tradition latine. Il voulut restaurer, et il restaura certainement la culture littéraire latine, en même temps qu'il essayait de galvaniser les ressorts détendus de l'administration romaine. Le latin fut l'éducateur commun qu'il proposa officiellement et qu'il tenta d'imposer à tous les peuples d'idiomes disparates qui composaient son vaste empire. L'Académie palatine fut une académie latine. La langue latine, parlée prescjue exclusivement par l'Eglise universelle, depuis qu'elle tend à se déclarer à Rome catholique, apostolique et romaine, la langue latine devint naturellement le principal instrument d'unification et d'amélioration intellec-