INFLUENCES ORIENTALES DANS LART MEROVINGIEN
Je pourrais multiplier les exemples de l'élément décoratif de rétoile à six rais. On le trouve, ce qui prouve sa prodigieuse survivance, dans de nombreuses églises du xi*" siècle, où il semble conserver la valeur d'un idéogramme.
Les monuments mérovingiens et carlovingiens décorés de l'étoile à six rais se rencontrent fréquemment. En dehors de ceux que je viens de vous citer, j'en ai vu à Vertou (Loire-Inférieure), à Bordeaux, dans les Deux-Sèvres, à Ghinon, aux Aliscamps, etc.
Parfois l'étoile à six rais se confond avec le chrisme. Il y en a de nombreux exemples dans l'ouvrage de M. Edmont Le Blant, Les Inscriptions chrétiennes de la Gaule (pi. 28, 45, 78).
La confusion du Ghrisme avec l'étoile est acceptée par M. Le Blant'.
Dans ses Inscriptions chrétiennes, M. Le Blant nous montre (pi. 33) une étoile ou roue à huit rais.
Vétoile H cinq rais existe également. On la voit sur des sarcophages en plâtre du musée Carnavalet. Il y en a également sur une pierre au musée d'Evreux et dans l'ouvrage de M. Le Blant, pi. 29 et 35.
Parfois, le nombre des branches se réduit à quatre. Une étoile à quatre rais est répétée plusieurs fois sur la pierre tombale de Sandrebert, conservée au musée lapidaire de Nantes (V. la planche du Catalogue du nausée de Xantes par M. Parenteau). On en trouve d'autres exemples en Normandie. Dans la Charente, on voit des pierres assez semblables aux claustres de Judée, ornées d'étoiles à sept rais. Il y en a aussi en Bretagne datant de l'époque mérovingienne et remployées au xi*^ et au xii'^ siècle. Quant à l'étoile à six rais elle se rencontre partout. M. Le Blant et le P. de la Croix l'ont remarquée comme un des éléments décoratifs les plus pratiqués sur les monuments mérovingiens. Ils ont constaté la présence de cette étoile sur un très grand nombre d'inscriptions chrétiennes. Ils y reconnaissent donc une des habitudes invétérées de la décoration mérovingienne (G. de la Croix. Cimetières et sarcophages mérovingiens du Poitou, p. Ai).
1. Voir la consultation qu'il a donnée à M. Rohault de F^leury, Cimetière mérovingien de Montmartre, p. i.
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Cet élément si essentiellement oriental a survécu longtemps. Ainsi à Ghateau-Landon, l'archivolte est ornée d'un semis de petites croix et de petites étoiles, analogues à celles du palais de Ninive.
La marguerite se combine quelquefois avec l'étoile qu'elle a pour creux; parfois, c'est l'hélice qui remplace l'étoile.
Mais personne n'a songé à rapprocher cet élément décoratif des éléments décoratifs orientaux et à prouver par là la communication directe de l'art oriental, gréco-syrien, et de l'art occidental dès le vi« siècle.
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