‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 2)Chapitre 90 sur 140 · I.A SLRMVANCE HE i/aRCIIITECTUKK EN BOIS · texte numérisé non relu

I.A SLRMVANCE HE i/aRCIIITECTUKK EN BOIS

rium de \'alerius à Ravenne (de 8()7 à S\'2\ ; ciborium de Baguacavallo déclaré du viii® siècle par Cattaneo ; tVag'ments du ciborium deSaiute-Marie duTranstévère (ix* siècle), etc., etc., tout cela c'estun amalgame de style néo-grec ou byzantin et de style bai^bare. Le barbare s'y montre déjà d'une façon très perceptible. Examinez encore une fois cette année, par devers vous, cette série de monuments, et dégagez-en l'élément non latin, l'élément non proprement byzantin. Isolez, dans la composition complexe, le principe nettement barbare : nature et combinaison spéciale de l'entrelacs, apparition du caractère monstrueux, introduction du sentiment du grotesque. Vous ne devez pas non plus oublier que ceux qui popularisèrent et propagèrent l'art renouvelé des Grecs orientaux étaient des peuples ayant un passé et des souvenirs ataviques l'attachés à la construction en bois. En subissant la loi et le contact des Barbares, le monde occidental était fatalement destiné à devenir barbare ou gothique, ce qui est la même chose.

Quel fut donc ensuite chez nous le renouvellement de l'art au xi** siècle ? A-t-il été une simple renaissance classique, un simple retour en arrière, la seule conséquence des traditions gallo-romaines, comme on l'enseigne depuis M. de Gerville et depuis Caumont, et comme l'indiquerait le nom qu'on lui a donné à la légère? Vous savez déjà, sur un certain point, à quoi vous en tenir. Je vous ai montré qu'il y avait eu une sorte de solution de continuité dans la tradition classique romaine et païenne avant Gharlemagne.

Maintenant vous savez pertinemment que c'est par la voie de Byzance que l'art antique a surtout communiqué avec les Mérovingiens et avec les Carolingiens. A'ous savez pertinemment quelle propagande le christianisme et, avant lui, l'école d'Alexandrie et les influences asiatiques, firent aux doctrines gréco-orientales. Vous savez pertinemment, par nos deux années d'études communes, combien a été profonde la pénétration néo-grecque et orientale en Occident, et, même en admettant que l'art de la pierre ait été le seul coefTicient du style roman, en négligeant tous les autres que j'ai énumérés dans la première année de nos entretiens, en soutenant même, contre la vérité, que le reste de l'art antérieur ait été, durant les vu'", vin" ix*^ et xe siècles, celui que la Gaule avait connu directement par la conquête romaine, il faudrait en

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