L'École royale des élèves protégés^ Paris, 1874, p
2. ^'oyez le résumé de renseig:nement du professeur d'Histoire de l'Art à l'école des ..lèves protégés, c'est-à-dire le Truilé de peinture suivi d'un essai de sculpture, pour serrir d'introduction à une histoire universelle, relative à ces Beaux-Arts, par Dandré-Bardon, Pai'is, 1763, 2 volumes in-12. Dans cette histoire luiiverselle, l'auteur trouve moyen de ne pas dire un mot de l'art gothique, si ce n'est pour déclarer que les arts avaient besoin d'être rétablis à la Kenaissance.
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traduit, imprimé et l'éimprimé aA'ec des figures et des commentaires, à l'exemple de Jean Martin et de Claude Perrault, mais encore la grammaire de l'art romain et le vocabulaire du style antique, en un mot le traité des cinq ordres fut placé, par des éditions à bon marché et par des extraits de petit format, dans la main de tous les artistes et de tous les artisans. La pénétration de l'influence classique tenta d'atteindre les couches sociales les plus profondes. Je vous montrerai que cette coupable acclimatation des doctrines dune civilisation disparue et antinationale, devint, chez certains libraires, une industrie très prospère. On pourrait la comparer à celle qui fournissait de Teau-de-vie aux Indiens d'Amérique et de l'opium aux Chinois. Ce qui est plus grave encore, les produits livrés par ce lucratif commei'ce avaient été frelatés à la source où on les puisait, c'est-à-dire à la source italienne. Le monde occidental ne connut véritablement l'antiquité classique qu'à travers les interprètes italiens et sous les espèces du style baroque. Des preuves évidentes vous en seront fournies. C'est à peine si quelque chose de la pensée de Vitruve parvint jusqu'à nous dans sa pureté originelle. On adopta rapidement les commentaires, les mesures et les restitutions de A'ignole, de Palladio et de Scamozzi. La langue ellemême trahit bientôt cette substitution effrontée de l'art italien à l'art antique. Pour désigner une grammaire de l'art classique, un traité des cinq ordres, on ne disait déjà plus, au xviii® siècle, un Vitruve, mais un Vignole. Tous les corps de métiers eurent leur Vignole avec le temps. Le nombre des éditions de ces divers manuels est incommensurable. Je vous citerai quelques-uns des plus curieux ', et je n'oublierai pas le plus grotesque de tous, le
1. Très sévère poui- la première Renaissance française, pour celle qui nav ait pas encore complètement rompu avec le moyen îv^c, Daviler n'admirait et ne pratiquait le plus souvent les exemples de l'Antiquité qu à travers les interprétations du style barocfucVous en trouverez la preuve dans son Cours d'Architecture qui comjirend les ordres de Vir.-soi.E, avec des commenlitires, les fiçfures et descriptions de ses plus beaux hàtimenls et de ceux de Mictxel- Antje. Amsterdam, 1695, in-i". Je vous ferai parcourir quelques-uns de ces manuels à l'usa^^e des écoliers et des artisans, ^'oici quel(|ues-uns de leurs titres : Bibliotliè([ue })(>rtatire d'architecture élémentaire à l'usage des artistes. Paris, JouberL, 1714-1766, 4 vol. in-S°. La 1" partie conlienl les cinq ordres d'architecture de ^''ignole, la deuxième, l'architecture de Palladio, la troisième, les œuvres d'ar^-hitecture de Scamozzi, et la (lualrième, le Parallèle
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Vignole des poseurs de sonnettes ^, paru au xix'^ siècle. L'industrie des Vignole de poche continue d'être brillante en la présente année. Un des derniers Vignole que je connaisse en est à sa huitième édition -.
Bien lourde déjà, depuis l'abandon des intérêts nationaux de notre art, la responsabilité de l'Ecole de Rome devient écrasante quand on songe qu'elle nous fit contracter, comme je vous le prouverai, les pires défauts du maniérisme italien. Il faut enfin ouvrir les yeux. Nous avons, en elïet, perdu complètement le sentiment réel des divers styles pratiqués depuis deux siècles par la France, c'est-à-dire depuis qu'elle a quitté son ancienne orientation traditionnelle et cessé d'obéir à l'attraction septentrionale. C'est bien à tort qu'on nous enseigne que le style rococo, que le style régence, que le style rocaille est essentiellement et exclusivement français. Nous vous nommerons ses inventeurs et ceux qui ont été le chercher en Italie où il apparut pour la première fois. Henri Beyle avait déjà remarqué que ce style, qui régna chez nous, près de cinquante ans, avait pour père le Bernin ^. Je vous montrerai que les trois principaux éditeurs responsables du style rococo sont Lorenzo Bernini (1599-1680), Francesco Borromini (1599-1667), et un homme de second plan, mais dont l'influence a été très grande et très néfaste, Guarino-Guarini (1624-1683), le constructeur du Turin moderne. Vous verrez, en étudiant les œuvres de ce dernier ^, que
de l'Architecture antique avec la moderne. — Nouveau Vignole des cinq ordres d'architecture.., enrichi de différents cartels et morceaux d'architecture, portails, fontaines, baldaquins, etc., Paris, Daumont. sans date, in-folio de 44 planches. — Parallèle de cinq ordres d'architecture, tiré des exemples antiques les plus excellents et des quatre principaux auteurs modernes qui en ont écrit, scacoir, Paladio, Scamozzi, Serlio et Viqnole, avec les plans et élévations de divers morceaux dependans de l'architecture, par le sieur Leblond, Paris, Mariette, in-S", 17J0. — Le Vignole moderne ou Traité élémentaire d'architecture, par Lucotte, architecte, 1772, in-4°, augmenté des deux parties, la première parue en 1781, et la seconde en 1784.
1. Nouveau traité de Serrurerie, ou Vignole .irec le système complet de la pose des sonnettes, Paris, sans date, in-4 avec 40 planches.
2. Le Vignole de poche, mémorial des artistes, des propriétaires et des ouvriers, texte et dessins par Thierry, architecte-graveur. Huitième édition, Paris, 1890, in-18.