RÉSISTANCES HE I.ART NATIONAL
avait reçu une maynilique décoration intérieure que. pendant cinquante ans, les religieux Bénédictins sattachèrent à compléter. La décoration intérieure des autelsest tout entière dans le style pseudoantique.
Les pinacles des contreforts de l'église de Saint-Maixent ainsi que les gargouilles sont en gothique dit Irouhadoiir, imité du xv^ siècle ainsi que les arcs-boutants. Ces gargouilles affectent la forme de chiens. Il v a un elfc^rt très curieux dans ce pastiche maladroit.
Rien de grotesque comme la restitution intérieure de l'église de Saint-Maixent par les bons Bénédictins du xvii'' siècle en style du xv*". Au-dessus de fenêtres à meneaux moulurés, suivant la technique de certains découpeurs de zinc, en gothique de pendule, on voit des modillons en consoles fie style Louis XIV qui soutiennent la corniche.
Les grands piliers de la nef ont été refaits complètement au XVII® siècle. On revêtit alors leurs chapiteaux d'une décoration imitée tant bien que mal du gothique flamboyant, c'était un prétendu style du xv*^. Rien de curieux comme la ligne contournée des tailloirs des chapiteaux qui donnent, en plein xvii*' siècle, la sensation du style rocaille et suffiraient à établir une communication inconsciente instinctive entre la dentelle et la chicorée du xv" siècle et le rococo du xviii''.
On a retaillé nombre de chapiteaux romans, ceux qui correspondent aux travées de la nef, laissant intacts ceux qui séparent les deux fenêtres du mur des bas-côtés. Rien de bizarre comme les liernes, les clefs de voûte, les culs-de-lampe ajoarès et historiés du \Y\f siècle, dans le goût du xv"^. Mais on voit que le sentiment ou plutôt le goût traditionnel de Fart français n'avait pas complètement disparu delà pensée nationale.
Seulement la mode était ailleurs.
La crypte de l'église abbatiale de Saint-Maixent a été également fabriquée au xvn'' siècle avec des morceaux anciens et avec beaucoup de morceaux ajoutés, mais conçus et sculptés dans le goût du XII* siècle, avec nervures et croisées d'ogives faites au xvii*" siècle.
Donc le souvenir du passé de l'art chrétien avec ses instincts primitifs barbares et nationaux, n'avait pas entièrement péri.
136 RÉSISTANCKS DE L AHT NATIONAL
Les Sables d'Olonne. — En Url'l, Richelieu l'oncla la paroisse des Sables. L'ancienne éi;lise n'occupait que la moitié de ré},dise actuelle. Coté nord, une chapelle de cette ancienne paroisse existait encore il y a vingt ans.
Le 19 mars 16 i6, les maîtres maçons Paul Bernard et Nicolas Habert, convoqués en assemblée générale convinrent avec les habitants de construire un monument nouveau. Nicolas Habert était l'entrepreneur principal. L'église des Sables ne fui complètement achevée que de nos jours, mais une grande partie, facilement reconnaissable, date très positivement du xvn'' siècle. La partie* du x\if dans la grande nef s'arrête aux fenêtres. Mais le déambulatoire ou les bas-côtés sont parfaitement du xvn'' siècle. Le nom de l'entrepreneur Habert y est inscrit. La première travée du déambulatoire du chœur, à droite, existe encore en nature absolument intacte. C'est elle qui est signée par Habert. Dans la construction de ce collatéral, bien indiscutablement du xvn'^ siècle, toutes les fenêtres sont à lancettes, suivant la formule du xiii"" siècle. Les arcs-boutants sont absolument traités comme aux temps gothiques. Toute la façade est entièrement du xvn" siècle et partout les fenêtres pointues sont à formules gothiques.
Soissons. — Le portail occidental de la cathédrale fut retouché dans le goût du gothique de la fin du xvin^ siècle ou du commencement du XIX'', en un mot dans l'esprit du gothique troubadour ou pendule qui régna jusqu'en 1830 et même 1840. Style de Triqueti et M"" de Fauveau. Il y a encore de ce sentiment-là à la chapelle mortuaire de la famille d'Orléans à Dreux. C'est un mélange du style tlorentin du xv*" siècle et du style gothique français. Ce style est odieux et ridicule surtout lorsqu'il se trouve rapproché du vrai style français, mais il témoigne d'un sentiment obscur dans l'âme d'un peuple, et l'historien de l'art doit tenir compte de ce témoignage.
Ce gothique troubadour, ce c/olhique de pendule qui inspira les tableauxde Revoil (voyez mon Mémoire sur la collection Revoil) et qui était inspiré lui-même par le Musée des monuments français de Lenoir (J'ai expliqué cela dans mon tome H), ce gothique troubadour, on le voit encore au portail occidental de Saint Bénigne de Dijon. Il y a des restaurations en gothique troubadour au Mont-