‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 3)Chapitre 44 sur 93 · Aujourdhui à la cathédrale de Turin · texte numérisé non relu

Aujourdhui à la cathédrale de Turin

des fenestres, un de chaque côté, et ils tiennent les instruments qui caractérisent les arts. M. Legros décora aussi, dans le même temps, la chapelle de la belle maison de campagne de M. Crozat à Montmorency. Il exprima dans le fond, derrière l'autel, le Saint-esprit dans une gloire. Cette gloire composée de nuages, de rayons et de têtes de chérubins en bas-relief, environne une ouverture en forme d'œil-de-bœuf, fermée par une vitre, sur laquelle est peinte le Saint-esprit : au-dessus de la porte dentrée sont encore deux testes de chérubins, et le coffre d'autel, qui est isolé, imite un tombeau : le tout est d'un goût exquis... ».

On lit dans une lettre de Poërson, en date du 9 mai 1719, dans Lecoy de la Marche, Académie de France, p. 169-170 : « Le sieur Legros, sculpteur, qui s'estoitfait à Rome beaucoup de réputation, vient de mourir, âgé seulement de 54 ans. Il avait été taillé de la pierre à Paris ; il estoit naturellement chagrin et par conséquent malsain ».

Guillaume Coustou entra chez Pierre Legros 11""^ du nom, et pendant qu'il fut dans cet atelier, il travailla sous la conduite de Legros et d'après son modèle au bas-relief de saint Louis de Gonzague, qui est dans l'église de Saint-Ignace*

Apothéose de saint François Xavier par Guillaume Coustou. « Immédiatement après sa réception à l'Académie, dit d'Argenville dans les Vies des fameux sculpteurs, Guillaume Coustou fut chargé de faire pour le maître-autel de l'église de Bordeaux, Vapothéose de saint François Xavier, figure de sept pieds de proportion, élevée sur un nuage et portée par des Anges, dont un, placé sur le devant, tient une couronne de fleurs. Les nuées groupent avec le tabernacle décoré d'ornements de bon goût et distribués avec une sage économie. L'envie de se faire connaître engagea Coustou à sculpter ce morceau en marbre au même prix dont il était convenu pour l'exécuter en pierre de Tonnerre, ^k

Pierre-Etienne Monnot est l'auteur du tombeau du Pape Innocent XI à Saint-Pierre de Rome. Il l'a composé d'après le dessin de Carlo Maratta et il l'a signé ainsi : « P. S. Monnot Bisuntinus fecit ». Inauguré en 1700. Les Église de Rome sont remplies des ouvrages de Monnot.

A propos de Monnot, montrer ce que devient le bas-relief italien dans des mains françaises. Pour Monnot, voilà le point de départ de l'art du bas-relief : c'est le célèbre bas-relief, — tableau — , d'Alexandre Algardi.

Encore un continuateur français du Bernin : Michel-Ange Slodtz, né en 1705, mort en 1764, cV après VAhecedario de Mariette. « Après avoir remporté les prix, il fut envoyé à l'Académie de Rome et y parut avec distinction. Cela lui fit goûter le séjour de Rome; il le prolongea bien au delà du temps que le roi accorde aux élèves que Sa Majesté y entretient. Les Italiens l'occupèrent; il mit dans l'église de Saint-Pierre une statue de marbre de saint Bruno et dans plusieurs autres églises des tombeaux et divers morceaux de sculpture, dont plusieurs furent faits en concurrence de Philippe délia Valle, le meilleur sculpteur italien qu'il y eut alors à Rome.

« Quelqu'estimé qu'il fut dans Rome, il préféra cependant venir s'établir dans sa patrie et elle le revit en 1747. Pendant quelque temps, il y demeura sans occupation, mais enfin le tombeau de M. Languet, curé de Saint-Sulpice, se présenta à faire; il l'entreprit, l'exécuta et plut à la multitude, tandis que les meilleurs connaisseurs se crurent en droit de le critiquer >^

VINGT-TROISIÈME LEÇON

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