LE SQUELETTE DANS LA SCULPTURE FUNERAIRE
une urne funéraire ornée d'une guirlande de cyprès ; cette urne est sur le milieu de la tombe ; aux deux côtés sont des têtes de mort placées sur les bouts de la guirlande. La position du squelette, les plis de la draperie et l'expression de ces trois têtes de mort sont vraiment admirables. Au-dessous de la tombe sont les armes de Fyot, de gueules au chevron brisé et aux trois losanges d'or. »
Allégorie de la Mort, de la collégiale de Saint-Pierre à Lille. (Voir Millin, AÀre^ré des antiquités nationales, texte page 73, pi. XLIX). « Dans une niche, on voit, dit Millin, un bas-relief qui représente le Temps, dont la plus grande partie du bas est cachée par un voile qu'il soulève du bras gauche ; il tient sa faux de la main droite ; du même côté, en avant de la draperie, un enfant tenant le sablier, soutient aussi un des pans de ce voile, qui, ainsi relevé, laisse voir au bas du monument un squelette couché sur un socle très bas, les jambes croisées et la tête appuyée sur un linceul, qui. s'étend en forme d'écharpe et lui couvre la ceinture. »
Il y eut la mode des squelettes gentils, aimables, sympathiques et distingués, ainsi qu'il y eut la mode des Amours, des Génies et des Anges.
Tous ces squelettes avaient fait leurs classes, pris leurs grades universitaires, étaient élèves des Jésuites et récitaient des vers gravés en lettres d'or sur marbre noir. Rappelez-vous le monument de Languet de Gergy à Saint-Sulpice.
Tout cela, c'est de la nécromancie pour gens du monde; c'est de la nécromancie inventée par les jésuites confesseurs des grandes dames du xvn® et du xvni^ siècle, qui mettaient à la portée de leurs pénitentes un enfer de carton peint.
Autre était la pensée des chrétiens du hautmoyen âge. Ils ne représentaient la mort que par le repos et le sommeil, par l'exhalaison de l'âme, sous la forme gracieuse d'un enfant ou d'une jeune fille, vers laquelle Dieu tendait les. bras et que les patriarches de l'ancienne loi recevaient dans un pan de leur tunique, ^'oyez L'Eternel recevant une âme dans le Paradis, bas-relief en marbre que je viens d'acheter pour le Louvre.
C'est ainsi que nos grands gothiques représentaient l'acte qui met un terme à la vie humaine sur la terre. Ils ont su aussi personnifier la mort et, à l'image des grecs, ils ont su ne pas lui donner un