‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 3)Chapitre 80 sur 93 · Ch. Ephrussi, Etude sur le Songe de Poliphile, p · texte numérisé non relu

Ch. Ephrussi, Etude sur le Songe de Poliphile, p

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beaucoup d'importance et de valeur en France. Nous redonnons une seconde jeunesse à tous ces vieux systèmes démodés; nous leur jipportons un regain de publicité, de vogue* et de popularité. Poussin, l'un des premiers, sans peut-être avoir jamais pénétré le génie supérieur du Vinci, et sans avoir jamais voulu prendre complètement la responsabilité d'une doctrine philosophique et scientiliqne -dépassant de beaucoup son honnête, mais épais et bourgeois classicisme, Poussin parvient cependant, dans un rapide programme exposé par lui, à parler un jour la langue de J^éonard, par l'habitude de la fréquentation des sources littéraires d'Italie. Mais son haleine fut bien courte. Rien n'arracha jamais à Poussin qu'une page de préceptes.

Il prêta seulement le concours de son crayon à l'explication d'une méthode que Fréart de Ghantelou et d'autres vulgarisaient, sans se demander si elle répondait bien exactement à leur sentiment personnel, mais uniquement parce qu'elle était italienne. Poussin H' s'intéressait vraiment qu'à tout ramener au canon antique, qu'il poursuivait en mesurant et en faisant mesurer toutes les statues, pour en tirer une règle de proportions, immuable et mathématique, nécessaire et géométrique, en un mot pour en extraire la base du poncif. Et c'est par là que, sans avoir été jamais académicien en fait, il appartient en droit à l'Académie.

La forme du dialogue, adoptée par Félibien dans ses En/retiens sur la vie el les onrrac/es des plus excellens peintres anciens et jnodernes, est un procédé littéraire emprunté lui aussi à l'Italie, et <lont Filarète avait donné l'exemple dans son Trailê darchileclure.

Donc, fond et forme, toute l'esthétique littéraire de la France <iu xvn" siècle vient de l'Italie.

De Piles aussi est un auteur considérable, mais comme la plupart de ses contemporains, lui aussi ne faisait souvent que copier les Italiens. — Cet illustre français, dit Jombert n'a fait autre chose que de donner les proportions de Jean-Paul Lomasse (l'écrivain italien Lomazzo), qu'il a seulement abrégées- et débarrassées de toutes les subdivisions qui ne servent qu'à embrouiller des commençants, comme il le déclare lui-même, page 1 45 de ses remarques sur VArt de peinture de Du Fresnoy.

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\'oici encore un ouvrage important de Bernard du Puy du Grez : Traité sur la peinture pour en apprendre la théorie et se perfectionner dans la pratique, contenant la définition et division de la peinture : le parallèle de la peinture et de la sculpture, un abrégé curieux de Thistoire des peintres de Tantiquité et de toutes les écoles modernes. Et où l'on parle du dessin et d'une méthode aisée de s'y avancer, des proportions selon les meilleurs auteurs... Par M. Bernard du Puy du Grez, avocat au Parlement. Imprimé à Toulouse; à Paris, chez Florentin et Pierre de Saulne, 1700,

Vous allez voir, en lisant son livre, p. 76 et 77, que cet avocat au Parlement avait une âme... d'académicien.

« C'est un problème difficile à résoudre et je ne scay qui oserait prendre sur soy de décider, si ayant une église gothique à décorer, on doit volontairement et sciemment chercher une décoration dans le goust manifestement mauvais de ces architectes goths, ou s'il est plus convenable de négliger les rapports du tout ensemble, et de l'aire de belle architecture dans la partie qui nous est confiée.

« On dira peut-être qu'on pnurroit trouver un genre d'architecture de bon goust, qui tînt le milieu entre le grec et le gothique. Fmi attendant qu'on l'ait trouvé, le plus sûr est vraysemblablement d'employer la belle architecture universellement reconnue pour telle. »

L'histoire de la pédagogie éclaire singulièrement l'histoire de l'art. Je m'étonne qu'on ne se soit pas encore aperçu de ce fait, et que dans les livres d'histoire de l'art, il ne soit presque jamais question de l'enseignement de l'art, c'est-à-dire de la pédagogie.

La Chalcographie royale est un des instruments de propagande et de vulgarisation de l'art officiel. Elle a fait partie de cet ensemble de mesures spéciales qui organisèrent l'Académisme.

D'autre part, les Conférences furent instituées pour commenter le modèle officiel de composition et d'exécution, à sav.oir : le type d'art créé par Poussin et par Le Brun, d'après Raphaël et l'antiquité. Le texte de quelques-unes de ces conférences a été recueilli et publié d'abord par Testelin et Félibien, au nom de Colbert et sur l'ordre du roi. L'Académie de peinture et sculpture ne fît que développer les principes de Poussin, l^coutez Félibien : Entreliens

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