I..es Gaulois surtout n'ont pas eu d'architecture
Vitruve disait avec dédain :
« Plusieurs peuples ne construisent d'édifices qu'avec des branches d'arbres, des roseaux et de la boue. C'est ce qui a lieu en Gaule, en Espagne et dans les Iles Britanniques. »
Chez les Gaulois, les maisons, ordinairement de forme ronde et surmontées d'un toitconique(Colonneantonine), étaient de bois, quelquefois de pierres brutes jointes avec de la terre glaise ; d'autres fois, les murailles du logis étaient faites de claies d^osier fixées à quelques centimètres l'une de l'autre, et dans Tintervalle desquelles on pétrissait de la terre argileuse et de la paille hachée. Pour les familles du peuple, l'édifice était une maison ronde, de six à douze mètres de tour, couverte de chaume ou de planchettes de bois réunies au sommet comme les huttes des charbonniers.
Les maisons riches pouvaient avoir jusqu'à une quarantaine de mètres de largeur. Souvent il n'y avait pas de fenêtres. Le toit descendant fort bas, on gagnait de la hauteur en creusant le sol de Thabiiation jusqu*à une certaine profondeur et l'on entrait ou plutôt l'on descendait par une petite rampe ménagée devant la porte.
Les Gaulois avaient appris à travailler les métaux, l'or, l'argent et le bronze, soit par eux-mêmes, soit par les colonies phéniciennes et grecques établies sur les côtes de la Méditerranée, mais plutôt par eux-mêmes et par les traditions septentrionales. Ils savaient le moyen de les allierensemble avec beaucoup d'adresse.
Les ouvriers d'Alais (Gard) savaient plaquer d'argent les autres métaux et fabriquaient des armes et des mors de chevaux ornés de dessins argentés, qu^on trouvait d'un grand prix à Tétranger. C'est Pline qui le dit.
CoCRAiOD. LsÇOIfS. 4
jO l élément celtique ou gaulois
On fabriquait donc en Gaule des bijoux élégants; on possédait même Tari inconnu, a-t-on dit, des Italiens et des Grecs, de lès émailler de différentes couleurs, et Ton peut en voir dans nos musées des échantillons qui sont d'une rare élégance, en même temps que très remarquables par les procédés de leur fabrication.
Autrefois on attribuait aux Gaulois toutes les fibules d^émail champlevé qui se fabriquèrent en Europe du i*''' au ui® siècle.
M. Molinier croit l'opinion exagérée et recommande avec raison une certaine prudence à cet égard. Mais il n'en est pas moins certain que les Gaulois ont su pratiquer Témail.
La Gaule avait aussi des pierres précieuses qu'elle savait employer.
Le goût naturel des Gaulois pour le brillant et pour la parure était très développé.
« Tous les Gaulois qui sont revêtus de quelque dignité, dit un écrivain du temps de la conquête (Strabon, liv. IV), portent des ornements d'or, tels que des colliers, des bracelets, et des'habits de couleur travaillés en or. »
Virgile [Enéide^ Vllï, vers 659) les peint de la même manière loi^qu'il raconte la prise de Rome par les Sénons : k Ainsi que leurs habiti^, leur chevelure est d'or; on voit briller leurs petites saies rayées; Tor enchâsse leurs cous blancs comme le lait. »
Les pauvres n'étaient pas moins curieux de toilette que les riches, seulement ils ornaient leur personne avec des matières moins précieuses. Ainsi, Tun des ornements qu'on rencontre le plus fréquemment parmi les débris de Tépoque celtique est le bracelet de cuivre ou de bronze formé d'une seule pièce de métal coulé, qui se passait dans le bras, soit au poignet, soit au-dessus du coude. Les uns forment une suite de globules arrondis ; d'autres sont lisses mais décorés de stries et de lignes artistement croisées.
Cheie les Gaulois, le haut de la poitrine des guerriers se couvrait d'espèces de hausse-col, de plaques de métal ciselées, guillochées, émaillécs. Une ceinture de métal serrait les reins etretenaitles braies. Le principal bijou ou ornement de la toilette gauloise était le Torques ou collier. Ce sont surtout ces objets de toilette qui nous font cownaître le caractère de V ornement gaulois.
L'art gaulois n'a réellement résidé que dans l'ornement.
C'est uniquement par l'ornement que nous pourrons prouver son
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existence au temps de rindépendance, sa résistance pendant les temps gallo*romains, et s(a résurrection pendant les temps mérovingiens et les temps subséquents jusqu'à Tépoque romane.
Les pierres du grand tumulus dolmen de Gavr inis en Baden * offrent de curieux spécimens de l'art ornemental des Gaulois.
« Ce monument, dit M. Salomon Reinach, dans son excellent Catalogue du musée de Saint-Germain, est construit en pierres énormes dont 23 sur 28 portent de bizarres gravures en creux, cercles concentriques, chevrons, flots de spirales, entremêlés d'incisions triangulaires ressemblant à des haches polies. On en connaît de semblables en Irlande, a
Cette décoration de la pierre a été courante chez les Gaulois en concurrence avec une décoration de zigzags, de dents de scies, comme on en voit à certaines pierres du musée Calvet à Avignon.
Cela s'est conservé pendant la domination romaine.
De gros blocs de pierre, conservés au musée de ta société des Antiquaires de TOuest, à Poitiers, et provenant des assises de l'enceinte romaine de cette ville, prouvent par leur ornementation que, même à l'époque gaUo-ix>maine, les allures du travail national ou autochtone avaient persisté dans certaines provinces.
On peut faire à part la démonstration de l'existence de l'art gaulois ou celtique à l'aide des monuments celtiques d'abord et ensuite à l'aide des survivances de cet art dans les arts postérieurs.
La décoration en flots agités et la décoration à dispositions géomé* triques continuèrent à être employées pendant la période mérovingienne (Preuves dans la décoration des sarcophage francs, toujours conçus dans le même esprit ').
L'ornementation géométrique que Ton rencontre sur les armes et les instruments de bronze, est généralement formée de traits, de rainures,* de stries en sens divers ou avec enroulements, de petites roues et de rouelles.