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fut la maxime appliquée par rOccideni envahi et certain de devenir barbare de deux manières à la fois : 1^ par retour à un état antérieur ; 2^ par contact avec des civilisations, sœurs de la civilisation primitive.
En effet, le monde occidental s'était fait chrétien d'abord et se fit ensuite volontairement barbare, pour mieux et plus complètement échapper au bagne de la civilisation païenne de l'antiquité.
La question sociale, en s'emparant des esprits et en les ameutant contre la culture romaine, rompit le pacte en vertu duquel Tart latin continuait à s'imposer à des races différentes de lui ; et la religion nouvelle partie de l'Orient amena forcément avec elle une culture différente et un art profondément empreint des marques de son origine.
Troisième élément : élément chrétien, syrien, néo-grec. Les origines de l'Église de Paris sont enveloppées d'obscurité. Les controverses les plus vives et les plus prolongées se sont élevées sur la question de savoir si saint Denys, son premier évêque, était le Denys Aréopagite converti dans Athènes par les prédications de saint Paul, ou s'il ne serait pas un autre personnage du même nom, envoyé dans les Gaules vers le milieu du m® siècle seulement et martyrisé pendant la persécution exercée par Décius.
Ce qui demeure incontesté, c'est que le fondateur et le premier évêque de Téglise de Paris portait le nom de Dionusios (Denys), et qu'il fut assisté dans ses travaux apostoliques par deux compagnons, le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère, et qu'ils moururent tous trois martyrs.
L'église de Paris, comme celle de Lyon et de Vienne (Isère), a donc indiscutablement une origine grecque-.
Première influence, néo-grecque et orientale.
La liturgie primitive est grecque.
Les plus anciennes inscriptions chrétiennes sont grecques.
Grecque et orientale était l'église de Paris, grecque et orientale elle rest^ comme le milieu où elle se développait, même pendant le déluge des invasions. De ce fait les preuves abondent.
La présence en Gaule de certains éléments ethniques orientaux très importants a été constatée depuis longtemps. Je veux parler des Syriens qui vivaient chez nous pendant la période mérovin-
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gienne, y conservaient l'usage de leur langue, de leurs mœurs et de leurs arts qui étaient néo-grecs. Nous nous en sommes longuement occupés Tannée dernière.
Autre voie de communication avec TOrient : les Golhs, les Barbares, les Wisigoths, dont nous parlerons tout à Theure.
Tout ce que nous savons par les textes se trouve confirmé par Texamen et l'interrogatoire des monuments.
Grâce à l'activité d'un homme sincèrement ami de l'histoire parisienne, M. Vacquer, agent voyer de la ville de Paris, qui depuis quarante ans n'a pas cessé de présider ou d'assister à toutes les fouilles opérées dans le sol de nos rues, Paris possède une sorte de musée de Latran, d'où les origines chrétiennes et orientales de l'art moderne de l'Europe, se dégagent très nettement, tout comme à Rome, mieux qu'à Rome, peut-être. Une simple série de monuments très modestes, des cercueils de plâtre consciencieusement recueillis, après avoir été restitués par le sol, professe un lumineux enseignement. Les conséquences en seront très considérables, quoiqu'on ne s'en doute pas.
Le musée Carnavalet proclame jusqu'à la plus criante évidence d'où nous est venu le renouvellement.
G^est là que vous pourrez voir combien Gibbon, dans sa haine inintelligente du christianisme, combien ses élèves et ses imitateurs nous ont trompés quand ils ont prétendu que l'empire chrétien, que le bas empire n'avait été que la décadence, que la décrépitude de l'empire païen, latin et romain, que la décomposition spontanée du vieux monde, que la continuation de l'art académique et aristocratique de la Gaule romanisée.
C'est une grave erreur de croire à la survivance indéfinie, sous le régime chrétien, de l'ancien ordre de choses. La chaîne des traditions immédiates avait été rompue par suite de la disparition des anciennes classes dirigeantes et par l'avènement des classes populaires précédemment opprimées et mêlées, pendant les invasions^ aux races nouvelles, tout au moins rapprochées d'elles par une foi commune et par un commun idéal atavique d'émancipation morale et politique. Vous verrez que ce ne sont pas des mots, mais des faits.
Longtemps étouffé par une civilisation factice, par une conspira-
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lion criminelle, le tempérament ethnique des populations auto^ chtones se ranime et prend en plein soleil une place qui ne lui est plus dérobée ni marchandée.
L'art populaire du vi®, du vu® et du vin** siècle, nous le savons déjà surabondamment par les fibules, n'était pas la dégénérescence de Tart romain.
II n'en était pas l'imitation ni la conséquence.
Il en était, au contraire, avant tout, la négation, la bravade, l'insolent et provocant mépris.
C'était une protestation de la conscience indignée.
On imitait tout, on acceptait tout pourvu que le modèle ne fût pas romain.
Je commente par avance les monuments que je vous ferai toucher ce soir.
A côté du luxe et de la richesse de l'art romain, de l'art antinational qui s'étalait chez nous, introduit par la force, entretenu par la plus injuste des organisations sociales, par la plus ignoble des combinaisons d'intérêts, dans un monde qui finit au milieu d'une abjecte pourriture, que voyons-nous apparaître tout d'un coup : un art tout nouveau, radicalement diiTérent, tout modeste, incomr parablement pauvre et misérable, sans aucun trait d'union avec le style occidental du passé.
Les modèles romains ne manquent pas cependant.
Le sol en est couvert ; on en est entouré. Ils s'offrent à tous les regards au vi« siècle comme au xix®.
Le Français chrétien et pauvre, une fois qu'il est débarrassé de toute pression, aime mieux tout ignorer que de rien devoir à un passé qui lui fait horreur.
Dans le seul luxe qu'il se permette, à savoir quelques ornements estampés sur un cercueil de plâtre, le prolétaire parisien ne veut pas dormir son dernier sommeil sous la flétrissure d'un signe païen ou romain.
Il estampe et reproduit à satiété des modèles qui lui sont venus d'Orient avec les reliques de quelques martyrs. Il les altère par des interprétations et des surmoulages successifs. Il les copie, sans les comprendre toujours, graphiquement. Mais, quand les modèles orientaux et syriens lui font défaut, il aime mieux créer une œuvre