LE BEAUVAISIS
Mesdames, Messieurs,
Nous étudierons aujourd'hui un chapiteau du Musée de Beauvais, datant du xi"* siècle. Il représente des personnages montés sur des animaux fantastiques et tenant à la main une gerbe de crossettes en forme de points d'interrogation. L'exécution est on ne peut plus sauvage et primitive ; les figures sont comme taillées à la serpe; elles sont pourvues de ces petites oreilles haut juchées caractéristiques du XI® siècle. La facture procède des traditions galloromaines; mais l'inspiration n'a rien de romain.
L'animal, support de personnages debout^ est un principe oriental. Les sculptures assyriennes en fournissent de nombreux exemples dès la plus haute antiquité (cf. Perrot et Chipiez, Histoire de Varl dans V antiquité^ t. II). Les bas-reliefs colossaux de l'Assyrie et aussi les statuettes, les pierres gravées, les cachets si nombreux sont couverts de personnages juchés sur des tigres ou même sur l'aigle à deux têtes, qui devint plus tard l'aigle héraldique de Russie.
La coutume de ces représentations se répandit en Occident avant la diffusion du christianisme. Les soldats romains rappor-