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En effet, avant Texploration systématique des cimetières francs, un bien petit nombre de découvertes parurent favoriser ces études et le peu que le hasard produisit fut mal apprécié.
Si le nom de Childéric n'avait pas été gravé sur le chaton de la bague qui faisait partie du Trésor de Tournay, on n'aurait jamais pensé à attribuer cet ensemble d'orfèvrerie à l'époque mérovingienne.
Montfaucon, à propos d'une grosse boucle de baudrier en fer, plaquée d'argent, munie de son ardillon et de sa plaque, trouvée à Montbellet près de Mâcon en 1705, gravée et décrite par le D*" Rigollot, conservée au Cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale, Montfaucon croyait que c'était l'ornement de tête d'une femme gauloise..
Dom Martin, dans son ouvrage : la Religion des Gaulois*^ n'est pas plus fort que Montfaucon. 11 attribuait le même usage et la même provenance ethnographique à une boucle en métal qui faisait partie du Cabinet de l'Abbaye de Sainl-Germain-des-Prés.
En 1817, Grivaud de la Vincelle, dans son Recueil de monuments antiques, la plupart inédits et découverts dans t ancienne Gau/e', reconnut des ceintures dans les prétendus ornements de tête. Mais il soutint toujours que le tout était gaulois.
n Ces plaques, disait-il, sont d'un métal composé qui parait semblable à celui des anciennes médailles gauloises. »
Jusqu'aux premiers travaux de M. Baudot, tous les objets francs ou barbares trouvés en France passaient pour être Gaulois.
On ne sut rien, en effet, de positif sur cette matière avant un des plus grands événements de ce siècle, c'est-à-dire avant l'exploration raisonnée et systématique des cimetières francs, barbares et ger-* mains de l'Europe.
La science en était là, lorsqu'en 1829, certaines circonstances amenèrent àCharnay, M. Henri Baudot. 11 vit, chez un paysan, un vase en terre dont les caractères étrangers à la poterie romaine attirèrent son attention. 11 apprit que des armes en fer et des bijoux
1. La religion des Gaulois Urées des plus pures sources de Vantiquité, Paris 1727, 2 vol in-4*.
a. Pari», 1817, 2 vol. in-4% 40 pi.
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d'or et d'argent avaient été aussi découverts. Le tout mêlé à des ossements humains.
Il résolut d'explorer ces tombeaux. Le résultat de ses premières explorations, entreprises en 1832, l'engagea à écrire un rapport que la commission archéologique de la Côte-d'Or publia l'année suivante. Depuis lors, la question soulevée et posée n'a pas cessé de faire des progrès. Pendant longtemps rien n'égala en importance les fouilles de Charnay, et c'est pour cela que j'ai commencé par vous parler d'elles, quoiqu'il y ait eu, parallèlement, de nombreux travaux d'exploration des tombeaux barbares.
Pendant plus de vingt ans, M. Baudot fouilla la grande nécropole de Charnay % dirigeant constamment la pioche des travailleurs, observant, comparant, étudiant la position de chaque objet.
Les observations ne furent pas faites à la hâte.
Il vit tout et fit tout par lui-même. L'étude des monuments barbares entre véritablement, avec M. Baudot, dans la période scientifique. Et ce fut par toute l'Europe une édifiante émulation.
« C'est, dit M. Baudot, une étude curieuse et attrayante que les antiquaires des siècles présents avaient complètement négligée.
« Tout ce qui n'était pas romain était par nos devanciers réputé gaulois, et les arts industriels des Barbares, qui ont cependant un caractère si tranché et si individuel, étaient passés sous silence; comme si les envahisseurs de la Gaule avaient déposé aux frontières du pays leurs mœurs, leurs usages et jusqu'à leurs armes, leurs parures, pour s'identifier et se mêler d'avance à la nation qu'ils allaient subjuguer 2. »
Il nous faut rétablir, restituer toute une civilisation disparue, tout un tempérament d'art. Pour arriver à ce résultat, nous n'avons que les cimetières mérovingiens.
« Là, dit encore M. Baudot, vous trouvez les souvenirs du passé
1. Charnay est un village situé sur les bords de la Saône, entre Seurre, qui appartient au département de la Côte d'Or, et Verdun, qui appartient à celui de Saône-et-Loire, dont dépend la commune de Charnay.
2. H. Baudot, Mémoire sur les sépultures des Barbares de Vépoque méro^ vingienne^ découvertes en Bourgogne et particulièrement à Charnay. Mémoires de la commission des antiquités du département de la Côte-d'Or ^ tome V, années 1857, 58, 59, 60.
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encore vivants. Le guerrier de race teutonique est couché dans son cercueil ; tout ce qui Ta le plus intéressé pendant sa vie, subissant le sort du maître, est venu prendre place à ses côtés dans la même tombe : vêtements, armes, ornements, bijoux, objets servant aux cérémonies funèbres, tout est encore là. Vous pouvez interroger ces témoins irrécusables^ qui déposeront de la manière de se vêtir, de combattre et d'honorer la divinité ; ils vous feront voir où en étaient l'industrie et les arts à cette époque : la métallurgie, la verrerie, Torfèvrerie, la céramique ont leur place dans ces musées funèbres ' . »
Gaumont, dans le tome VI de son Coars d'antiquités monumentales publié en 1841, parle d'ustensiles et surtout d'épées et de sabres en fer et des circonstances par suite desquelles il fut conduit à les rapporter aux temps des premiers rois francs. Il donne également la liste des cimetières connus en 1841 où se trouvaient des objets semblables. La plupart avaient été découverts dans l'ancienne Neustrie.
u J'ai, dit l'abbé Cochet^, commencé mes études de concert, mais sans entente préalable avec des érudits qui fouillaient dans le même sens et pour le même but en France, en Suisse, en Angleterre, et en Allemagne. Mes travaux ont trouvé en eux un appui réciproque et inattendu.
« Les Anglo-Saxons de la Grande-Bretagne, décrits par MM. Wylie, Davis, Akerman, Thomas Wright, Néviile et Roach Smith, sont les contemporains véritables et presque les parents de nos Francs-Neustriens. Ils sont comme eux les enfants de cette grande famille germanique qui couvrit l'Europe du iv® au vi'* siècle. Et si l'histoire ne le disait pas, il serait facile de démontrer par eux que l'heptarchie anglaise est contemporaine de notre polyarchie mérovingienne. »
Les magnifiques fouilles de M. Houben et surtout celles de MM. V. et L. Lindenschmit à Selzen près Mayence, nous font voir^ dans leur source, cette civilisation allemande, ces coutumes franques, ces arts et ces usages germaniques qui, comme un fleuve.
i. Préliminaires, p. 128. Ibid, p. 129. 2. Normandie souterraine, p. 8.
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ont innntlé nos contrées aux bas temps de l'Empire et déposé sur IpKol i^ui' nous habitons le germe du monde féodal et d'une société riniivellr-
Sous le litre. Recherches Historiques sur les Peuples de race leiiloniifiie qui envahirent les Gaules au V' siècle, et sur le caractère t/i-a firmes, des boucles et des ornements recueillis dans leurs tomhi'.iii.i . particulièrement en Picardie', le docteur Rigollot a (■')iiifi(i--i' lin travail très important dans ses conséquences archéol(it;ii|ii.- fl philosophiques. Ces! une étude qu'il faut lire en s'éclair«nt li'- li Mlles les découvertes ultérieures qu'elle a facilitées, et sans a firi't'U'i' aux détails et aux. particularités qui peuvent n'être pas rehtée- mi courant de la science.
'. i"-! , toute proportion gardée, comme les travaux d'un Léon de l.:J>Mi<!. iju'il ne faut pas lire avec la loupe d'un Doiiet d'Arrq. I oMii' i]]|i. i;éncration d'érudits n'a rien compris aux vues grandioses it iMi -iiiie de l'histoire de l'art qu'avait le marquis de Laborde. IlII'.- ;i \Kinsé son temps â corriger des fautes de lecture, mais n'a rien ;i jnul.é b ses révélations et ne les a même pas comprises.
1-'' liiiinignage du D"" Rigollot est bien précieux et voici pouripi"! : Il 1)' Rigollot dont les heureuses et hardies démonstrations i"il Linl contribué il faire avancer la science dans le domaine de I Ih-Iimh lies civilisations barbares, le D' Rigollot élait, en csthé- I'i|ii<-'. ui> vieux doctrinaire iiltaché aux doctrines pédagogiques les , l'Iii- i.Milionnaires et les plu.s invétérées.
■ '"i-t lie celte grande invasion i^des Barbares), dit le D' Rigoll<'l. <|iti' date l'anéantissement de la civilisation ancienne et la ili'-lnuiion de tout ce qui pouvait en conserver le souvenir. .Alors rtiiiiiiii'nieiit les temps obscurs appelés moyen âge, où tout fut iiiliiiiii,'. incorrect, barbare, et l'ignorance si absolue qu'il fallut l'Vi-- ,],■ iiiillc ans à l'espèce humaine pour qu'elle parvint, îi grand' l'riiic ri :ivee le secours des débris de l'antiquité, peu à peu rappeli- -.wi jniir, k reconquérir ce qu'elle avait possédé dans les âges .inirTHiH-i (le savoir et d'intelligence. ■>
11 nv va pas de main morte le bon D' Rigollot. C'est un clas- ?>ii|He iiiiransigeanl. Lcoutez-le encore:
1 i|.-r,rr,,rei de la Société de» Antiquaires de Picardie, tome Vil, ISiO.