‹ Leçons professées à l'École du Louvre (1887-1896) (volume 4)Chapitre 57 sur 124 · SUR LA PÉRIODE CAROLINGIENNE · texte numérisé non relu

SUR LA PÉRIODE CAROLINGIENNE

Mesdames, Mëssiëlrs,

'Nous ferons aujourd'hui une sorte d'inventaire de Tétat actuel de nos connaissances sur les matières que je dois vous enseigner cette année.

Nous dresserons une manière d'état de lieux, comme on dit dans le langage du droit, à propos des locations d'appartement. V^ous pourrez ainsi, à la lin de l'année, vous rendre compte, par la comparaison, de ce que nous avons trouvé au moment où nous nous sommes installés ensemble dans la question, et de ce que nous y laisserons au moment où nous la quitterons. J'ai l'honneur de prévenir notre propriétaire, c'est-à-dire l'opinion publique, que le .chapitre des réparations locatives ne sera pas mince. Je suis un mauvais locataire et j*ai Tintention de faire beaucoup de dégâts dans l'appartement.

Laissez-moi faire cette comparaison ; elle me sera fort utile.

Il faut toujours agir honnêtement. L'enseignement doit être

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absolument sincère. Il ne lui esl pas permis de se faire accepter par supercherie. 11 n'a pas le droit de dissimuler hypocritement ses tendances. Je ne dois rien vous laisser ignorer des prétentions de mon enseignement de cette année, du but que vise cet enseignement. C'est une question de conscience avant d'être une question de science.

J'ai déjà commencé l'année dernière et je veux continuer cette année à vous montrer la prédestination de l'art occidental à subir l'influence byzantine dès le berceau de l'art chrétien. Je veux ruiner une grande erreur, à savoir la latinité primordiale, la prétendue latinité d'origine de notre art occidental.

Ma situation est bien difficile. II me faut remonter un courant, marcher contre vents et marée. Je serai peut-être noyé dans cette tempête. Peu importe! je ne me préoccupe que d'une chose, faire mon devoir.

J'ai contre moi, non seulement toute l'opinion publique, tous les livres, toute l'opinion de seconde main, tout le sentiment de ceux qui ne pensent pas par eux-mêmes, et c'est le plus intolérant des sentiments; j'ai encore contre moi l'opinion des Maîtres, c'est-à-dire des inventeurs d'opinions.

Quicherat d'abord.

Quicherat, hélas! n'a jamais admis explicitement la pratique de Tart byzantin en France avant les temps Romans. C'est désolant ! Mais c'est un fait incontestable.

Je ne discuterai pas irrespectueusement mon maître. Rassurezvous. Mais, au contraire, je manquerais de respect à sa mémoire si, dans une question aussi grave^ j'aiïectais de considérer son opinion comme une quantité négligeable. Quand on est forcé de n'être pas avec lui, il faut dire pourquoi on .se permet de se séparer de lui. De plus, je devrai lui arracher des aveux et des confirmations de mon sentiment personnel.

C'est lui qui m'a appris à conclure, en apparence, contre lui, mais en réalité, conformément à certains principes que je tiens de lui et que je ne fais que développer suivant sa méthode, en tenant compte des incessants progrès de la'science.

Cependant ce noble esprit avait tout pressenti. C'est lui qui aurait affranchi la France d'une funeste superstition, d'un fétichisme grossier, s'il avait pu s'arracher lui-même à l'embrigadement de la

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pédagogie classique. Il m'a laissé sur les bras une tâche ingrate que seules sa ferme et nette intelligence, sa haute et Bère indépendance pouvaient mener à bien.

Quicherat, me direz-vous, ne s'occupa que d'architecture.

Sans doute, mais si vous adoptez complètement son système au point de vue de l'architecture, il vous sera biendiilicilc.de ne pas incliner à nier le mien en sculpture. Car presque toute la sculpture mérovingienne et carlovingienne fait partie intégrante de l'architecture. La question que j'ai à traiter devant vous se trouve donc jugée d'avance dans un sens diamétralement opposé à celui qui est le mien et que je crois le vrai. Ce n'est pas de ma faute si je ne peux m'avancer que le pic à la main.

Je veux et je peux d'abord relever dans de très justes observations de Quicherat lui-même des arguments contre son propre système de l'origine purement latine du Roman.

D'abord Quicherat, contrairement à ce que prétendait Ramé, accepte et admet le caractère carolingien de la cathédrale d'Aix-la- Chapelle. A propos des arcs-doubleaux saillants dans les voûtes et dans les cintres des baies^ Quicherat s'exprime ainsi [Mélanges If : archéologie du moyen âge, p. 141) :

« Aux collatéraux d'Aix-la-Chapelle, le système est complet. Là, tous les compartiments d'arêtes sont assis sur des membrures puissantes qui, à leur tour, ont pour appuis des pilastres posés, les uns derrière les pieds droits des grandes arcades de l'octogone, les autres contre le mur de clôture. Un antiquaire célèbre, qui a émis bien des idées justes sur les monuments de toutes les époques, M. J.-G. Schweighœuser, fut frappé au possible de cette disposition de l'église carlovingienne. Non seulement il constata le fait, auquel personne n'avait donné d'attention avant lui, mais il se laissa aller en voyant cela, à la réflexion .« que les arcs-doubleaux et les tores formant des nervures grossières qui s'appuient composent peutêtre l'élément le plus essentiel du système postérieur. » (Vous trouverez ce texte dans les Observations sur quelques monuments des bords du Rhin, article inséré dans les Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, année 1826).

« On pouvait mieux dire, ajoute Quicherat, mais non mieux penser. »

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On voit donc qu*au fond, inconsciemment peut-être, Qaicherat reconnaît dans le ByzAntîn de Ravenne dont émane la construction de Téglise d'Aix-la-Chapelle, c'est-à-dire dans Vart néo-grec^ une certaine origine très perceptible du Roman.

En cela, pour. une très large part, et j'insiste sur cette pensée, Quicherat reconnaît involontairement Tinfluence orientale, même dans une question de structure et d*architecture,

La thèse que je soutiens^ moi, à propos de la décoration et de la sculpture seulement, n'est donc pas si violemment en contradiction avec son sentiment. Quicherat aurait très clairement compris la question des origines, si cette malheureuse idée de la filiation exclusivement latine de Tart Roman ne Tavait aveuglé.

Quicherat nie absolument, en doctrine, Tinfluence byzantine aux temps mérovingiens et carolingiens.

Ecoutez-le :

u On ne sait si la mode byzantine a trouvé grande faveur dans rOccident, à Tépoque barbare. »

En professant cette opinion qui, même sur le terrain réservé de l'architecture, ne pourrait se défendre aujourd'hui, Quicherat n'a visé que l'architecture. S'il avait eu le temps d^étudier la sculpture, la vérité lui aurait sauté aux yeux. Le livre de Cattaneo est une admirable réfutation. Mais enfin Quicherat a nié, avec un ton de nonchalance qui témoigne de la profonde méconnaissance qu'il avait de la question.

Quicherat lui-même, après avoir dit, page 137 du 2* volume cité plus haut : <( qu'on ne peut pas se dissimuler qu'il y a dans l'église d'Aix-la-Chapelle une tendance au Roman », reconnaît dans une certaine mesure que le style byzantin a fait école en France. Mais il est tellement absorbé par son parti pris de latinisme qu'il ne veut considérer les conseils du Byzantinîsme, de l'Hellénisme, que comme une exception à la règle. Il ne peut pas méconnaître l'existence de ces monuments qu'il déclare exceptionnels, mais il les écarte par toutes sortes de fins de non recevoir. Les idées préconçues î Quel fléau !

« La cathédrale d'Aix-la-Chapelle, dit Quicherat [ibid,)^ fut plusieurs fois imitée en petit dans le cours du ix* siècle, n

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Et alors Téglise de Germigny lui vient immédiatement à la pensée. Voici comment il s'en débarrasse :

« Nous ne placerons pas au nombre de ces imitations Téglise de Germigny, quoique l'auteur des miracles de saint Maximin nous la donne pour telle. N'ayant pas de coupole, elle manque du trait nécessaire pour ressembler à son modèle. »

C'est une mauvaise raison. Je dirai plus tard pourquoi: je citerai le texte formel des miracles de saint Maximin. La pensée de l'existence des coupoles et des églises à coupoles en France le gêne encore, préoccupé qu'il est, à priori^ de la source unique^ nécessaire, purement latine. Car il n'a pas entrevu, dès l'origine, le dualisme de l'inspiration chrétienne dans les principes de construction. Voici comment il écarte ces témoins embarrassants :

« 11 n'y a rien à dire ici des reproductions en grand de l'église d'Aix-la-Chapelle, qui sont ou furent toutes postérieures à l'an mille, et accommodées au système roman, comme la rotonde aujourd'hui détruite de Saint-Bénigne de Dijon, comme les polygones encore existant d'Ottmarsheim (Haut-Rhin) et de Rieux-Minervois (Aude) »>. [Ibidem.)

M«iis, au contraire, il y a beaucoup à dire et Quicherat n'en dit pas un mot

Quicherat ici est victime d'un excès de critique. Il devient formaliste. Des arguments, pour être produits doivent être, suivant lui, précédemment admis à se produire; il récuse tous les témoins qui ne sont pas nés avant l'an mille et il devient ainsi l'esclave de sa procédure : il se prive des avantages et des bénéfices d'une enquête générale et universelle. Il ne veut pas tenir compte àe^ renseignements de seconde main, des indications fournies par les fils de ces témoins antérieurs à l'an mille. Cependant tous les moyens sont bons pour connaître la vérité. Si je trouve en France, dans un monument postérieur à l'an mille, un principe qui se rencontrait déjà dans un édifice élevé en 800, j'en conclus justement qu'il y a transmission d'une époque à l'autre, quand bien même je n'aurais pas de témoins qui vinssent m'aflirmer que la tradition s'est faite régulièrement, méthodiquement, judiciairement, par-devant notaire. Il v a eu communication en fait ? cela doit suffire. C'est une mauvaise chicane d'exiger que cette communication soit prou-

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vée en droit, et Quicherat, dans son système absolu, par une tendance naturelle de son esprit, lui qui était Thomine libéral par excellence, Quicherat aurait été l'adversaire des démonstrations d'évidence des vérités de fait. Il aurait été avec Tinquisition contre Galilée !

Ce point de fait qui crève les yeux, c'est que certains principes dont on constate l'existence et l'aflirmation dans les constructions postérieures à l'an mille et accommodées au style roman, comme la rotonde de Saint-Bénigne de Dijon, comme les polygones d'Ottmarsheim (Haut-Rhin) et de Rieux-Minervois (Aude) existaient déjà à l'état de tendances dans l'Église d'Aix-la-Chapelle. Ce- dernier point est admis et proclamé par Quicherat.

Pourquoi n'a-t-il pas voulu aller plus loin ? C'est qu'aveuglé par son parti pris de la source unique latine et basilicale, il n'a pas voulu tenir compte des principes grecs, des principes byzantins apportés en Gaule et dans l'Occident dès le début par l'art oriental. C'est qu'il n'a vu que Rome et son influence, à une époque où Rome et son influence ne comptaient presque pour rien et ne se survivaient que dans les procédés matériels de la main-d'œuvre et de la construction. C'est parce que Quicherat a méconnu cette profonde orientalisation et byzantinisation de la Gaule et de l'Italie que je vous ai prouvée l'année dernière.

Quicherat avait codifié ses admirables recherches avant les belles découvertes de M. de Vogue.

Il n'a pas pu comprendre non plus qu'il y avait eu un art, un style néo-grec ou byzantin en Italie, dès les six premiers siècles de l'ère. Vous verrez qu'il confessera plus loin qu'il ne connaissait pas ritalie.

Quicherat a mis au compte de l'art latin toute l'évolution byzantine des arts italiens antérieure aux temps romans. Il a méconnu le caractère byzantin de l'École lombarde et l'influence byzantine s'exerçant [en France dès les Mérovingiens et surtout sous les Carolingiens .

Quicherat prenait tout cela pour de l'art latin pur, tandis qu'aux temps mérovingiens et carolingiens, il ne subsistait de latin ou de romain que le plan basilical toujours en vogue et les procédés

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d'exécution matérielle de la maçonnerie, procédés conservés par les corporations.

Quicherat n'a pas connu la preuve de la pénétration byzantine directe établie par Texistence de la sculpture des sarcophages du sud-ouest; il n'a pas connu Texisteiice de Técole lombarde dans ses rapports avec Técole byzantine ou du moins il n'a pas pu ou n'a pas voulu en tenir compte. ^

Quicherat a négligé de tenir compte des communications de peuple à peuple, communications à la suite desquelles certains principes de Técole byzantine — devenue, par le contact avec les barbares, Técole lombarde, — se sont transmis à la Gaule et notamment à la Normandie, comme Ruprich-Robert Ta démontré.

Aujourd'hui on ne peut pas comprendre Part roman sans avoir auparavant étudié Tart byzantin et Tart lombard, de même que Tart du Nord.

Quicherat, dans le dernier état de sa pensée, avouait avec son entière loyauté qu'il ne connaissait pas l'Italie, Quicherat subodorant, passez-moi l'expression, l'importance de la question lombarde, avant qu'elle ait été traitée à fond par M. de Dartein, par Ruprich- Robert et par Cattaneo, Quicherat nous révélait ainsi les inquiétudes de sa conscience et nous laissait voir qu'il tremblait pour sa théorie de la latinité primordiale et nécessaire.

J^en étais là de ces réflexions quand lundi soir, à sept heures, je précise, un ami me communiqua un mémoire du plus brillant élève de Jules Quicherat, sur les fouilles récentes de la Basilique de Tours. Je n'ouvris pas sans émotion le travail de M. R. de Lasleyrie. Allais-je y trouver la confirmation ou l'infirmation préventive de mes sentiments sur l'existence d'une construction carolingienne, construction qui m'avait été révélée par un monument publié par Quicherat en 1875, mais dont le maître n'avait pas songé à se servir et qu'il n'avait pas interrogé ? Allais-je compter un contradicteur de plus, ou bien, dans le cas si désirable d'une conformité de sentiments, serais-je obligé de reconnaître qu'une découverte due à de certains procédés inédits, et à laquelle je tiens beaucoup, avait été faite par un autre et que le monument resté muet pour Quicherat avait trouvé un autre confident que moimême ?

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Une double joie a succédé à celte émotion. M. de Lasteyrie n'a pas traité particulièrement et spécialement la question de la latinité sur laquelle d'ailleurs au point de vue où il se plaçait, il n'avait pas à se prononcer. La question reste donc ouverte de ce côté. En second lieu, dans une ma^strale dissertation, il établit suivant toutes les règles de la plus rigoureuse démonstration scientifique, par une voie toute différente de la mienne, par Tarchitecture, que la Basilique de Tours a passé par un état carolingien.

Quel bonheur ! Aux partisans des vieilles méthodes, aux incrédules, jepourrai opposer Tautorité du successeur de Jules Quicherat.

Et puis quel autre bonheur I ma découverte est restée vierge. Or, écoutez-moi aujourd'hui en confidence.

Je suis parvenu, par l'élude exclusive et intensive de la sculpture, à isoler l'élément spécial el caractéristique du décor carolingien et à pouvoir prouver ensuite sa parenté plus ou moins directe, plus ou moins immédiate avec l'inspiration orientale. Je cultive cet élémentdu décor carolingien comme on cultive un microbe pathologique. Je l'ai domestiqué, je vous démontrerai que c'est un principe d'origine, de famille orientale et grecque.

Je l'ai recueilli en France sur d'innombrables fragments d'architecture sculptée. J'en possède des centaines de photographies. Je vous les ferai connaître en temps utile.

En ce qui concerne Saint-Martin de Tours, j'ai rencontré un microbe révélateur sur un morceau de plâtre qui ne mesure pas 20 centimètres carrés. Je ne connais pas même en nature ce moellon, dont l'existence m'a été notifiée par une photographie en réduction de Mgr Chevalier et par la gravure que Quicherat en a fait exécuter. Eh bien ! grâce à une théorie qui vous sera communiquée cette année, la simple vue de ce fragment m'a permis d'un seul coup d'œi],sans rédiger de mémoire, de conclure d'une manière générale absolument comme M. de Lastevrie

Je suis très fier de ce résultat.

Je continue à faire l'inventaire des connaissances de notre temps sur la question qui nous occupe, en mettant en parallèle les connaissances que je voudrais leur voir substituer.

Voyez quel est mon embarras ! Dans la pensée de ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pénétrer, comme je viens de le faire,

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jusqu'au fond de ropinion de Jules Quicheral, on dira que d'avance mes propositions se trouvent condamnées par sa doctrine. D'autre part, vous voyez combien cette doctrine est sujette à caution et combien, sur certains points, elle manquait de bases. L auteur avouait n'avoir pas comparé. Il a pratiqué la science que j'ai qualiliée de** cellulaire. 11 a volontairement dédaigné de se renseigner auprès des monuments italiens, d'origine lombarde, nés sous l'inspiration byzantine. Vous verrez ce que je leur ferai dire à ces monuments. Bien plus ! il n'a pas même voulu admettre aux honneurs de la discussion les renseignements que nous offraient les monuments de l'Asie Mineure. Il les a défiés. Vous jugerez peutêtre que c'était imprudent en écoutant leurs sincères dépositions et leurs réclamations légitimes.

Ce n'est pas tout. L'appui d'un autre maître va encore me faire défaut. Je ne peux pas m'appuyer sur VioIlet-le-Duc. Viollet-le- Duc a entrevu la vérité dans plusieurs passages du Dictionnaire ; il ne l'a pas proclamée, et en somme, même dans la dernière expression de sa pensée, il semble avoir conclu contre ma proposition, ou du moins mes contradicteurs pourront puiser des arguments contre moi dans Viollet-le-Duc.

« En France, vers le x« siècle, dit Viollet-le-Duc (voir l'Art russe^ p. 32), l'élément gallo-romain, qui dominait alors aussi bien dans la structure archilectonique que dans l'ornementation, est étouffé peu à peu sous l'influence de l'art byzantin, dans le Midi particulièrement, et scandinave-asiatique, dans le Nord.

i* Ce que nous appelons le Roman en France, n'est, à tout prendre, qu'un apport asiatique sur un fonds romain. La structure quasi romaine subsiste avec une certaine persistance dans les provinces du Nord; mais dans l'Ouest, la structure byzantine exerce une grande influence et modifie profondément l'architecture, pendant qu'au Nord, au Centre, à l'Ouest et au Midi, l'ornementation galloromaine disparaît presque simultanément. »

L'ornementation gallo-romaine, le fonds romain dominant avrfnt le XI* siècle, dit Viollet-le-Duc î C'est désolant !

Que fait-il donc des sarcophages du Sud-Ouest ?

Que fait-il donc do toutes les sculptures dont je vous révélerai

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Texistence cette année? 11 ne les à pas connues Constatons cela

sur Tinventaire. Là encore il y aura des remaniements à opérer.

Messieurs, nous sommes ici, dans notre enseignement, comme en famille. Vous m'avez toujours permis de parler avec abandon. C'est une récompense de mon dévouement absolu poiwr vous, dévouement dont j'espère vous donner encore des preuves. Laissezmoi encore aujourd'hui penser tout haut et m'exprimer sans méfiance, comme on le fait avec des amis.

Eh bien ! je vous avoue que vis-à-vis du dehors je suis obligé de jouer serré et de tirer un reçu de tout ce que j'apporte dans l'appartement dont je vous ai parié en commençant. Comprenez bien ma situation.

Si je produis un fait nouveau en contradiction avec la doctrine sur laquellevit tout un bataillon d'archéologues qui prétendent régenter la pensée de notre époque, on s'indigne et on se récrie. Je reçois des injures. J'en ai h\ un paquet dans ma serviette. Je remercie les amis qui me les ont fait connaître. Mon propriétaire, c'est-à-dire l'opinion publique, qui n'a pas le temps de rien approfondir et qui fait partie du groupe des archéologues de comptes rendus, mon propriétaire alarmé n'est pas content. Il me reproche assez justement de bouleverser les aîtres de son appartement et les habitudes paisibles de sa maison. Il me fait payer le dérangement que je lui cause. Puis, quand je veux déménager de la question, en emportant le bagage que j'y ai introduit^ il prétend que tout cela est devenu immeuble par destination ; il me conteste mon droit de propriété. Et après m'a voir contredit, on se sert contre moi de ce que j'ai apporté dans la maison et on continue à me critiquer. Vous me comprenez à demi-mot... J'ai intérêt à ce qu'on connaisse l'état primitif de la question.

Insulté d'abord, pillé ensuite. Voilà le lot de l'enseignement public.

Si l'enseignement public ne contient que ce qui se trouve dans les livres et retarde sur eux, le professeur n'est pas exposé à ces désagréments.

Je considère, moi, que l'enseignement supérieur doit être fait de

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