DANS L'ART MÉROVINGIEN ET CAROLINGIEN
{Suite)
Mesdames, Messieurs,
Je vais continuer à prouver le caractère oriental, grec et même syrien, d'une partie de Fart occidental pendant les temps mérovingiens et carolingiens. Nous avons vu les influences orientales se répandre dans tout le bassin méditerranéen ; elles pénétrèrent aussi dans notre Gaule. Quand je ferai les projections je ne pourrai pas m'expliquer dans la nuit. Laissez-moi donc le faire d'avance, en vous parlant au moins d'un monument ou de deux monuments très importants prouvant l'existence de l'influence néo-grecque et, dans l'espèce, de l'influence plus particulièrement syrienne.
Quand je parle d'influence syrienne et palestinienne je ne fais
1. Sur lu couverture du dossierdc la cinquième leçon, les cinq leçons suivantes sont mentionnées comme devant y être contenues. Nous n*en avons pas trouvé trace. Nous n'avons rencontre^ qu'une fiche portant cette mention : « La 6* leçon du 20 janvier s'est passée en projections ».
Les 7*, 8", 9" et 10' leçons se sont également passées en projections. Nous donmms à la suite de la cinquième leçon, d'après les notes prises au cours, l'indication de quelques-uns des monuments montres et commentés.
334 INFLUENCES ORIENTALES DANS l'aRT MEROVINGIEN
allusion qu'à une modalité accidentelle et locale de Part néo-grec on byzantin.
L existence d'une certaine piodalité essentiellement asiatique a été très bien comprise et déHnie par M. de Vogué et par Cattaneo à propos des ruines du château de Safa en Syrie.
u on n essaie pas de me chicaner sur les mots ! Je sais comme tout le monde qu'il n'y a pas eu d'art juif officiel à aucune époque. Lisez ce qu'a dit fort bien M. Renan dans ssl Mission de Phénicie. Les Hébreux ont toujours emprunté l'expression de leur art officiel à leurs voisins. Vous l'avez vu, le mercredi 23 décembre, dans notre visite au musée judaïque et aux salles assyriennes. Mais cet art officiel, qu'ils n'avaient pas inventé, les Juifs convertis et les premiers chrétiens ont pu concourir à le répandre dans le monde. Je ne prétends pas dire autre chose.
Je désarme ainsi d'avance les mauvaises chicanes de grammaire. Il est bien convenu que pour moi l'art syrien n'est qu'une forme spéciale, une forme restreinte d'une manifestation générale qui est l'art néo-grec, l'art byzantin.
Voici d'ailleurs comment M. Renan conclut dans le passage auquel je fais allusion :
« En mille ans le peuple juif n'eut à bâtir que trois temples, et encore ces temples, deux fois du moins, furent-ils bâtis, sous des influences étrangères.
« Les synagogues, on le sait, n'apparaissent qu'à l'époque, asmonéenne et, pour les édifices, les juifs employèrent le style grec, devenu alors la loi universelle de l'art de bâtir* ».
Vous voyez que M. Renan conclut comme Vitet. Cependant il admet dans l'espèce générale de l'art grec un genre particulier, un sous-genre qui est l'art syrien ou hébreu, et il en a défini le caractère ^
C'a été une grande erreur de Quicherat et aussi de Viollet-le-Duc, dont la pensée n'a pu parvenir du premier coup aux conclusions extrêmes et définitives, de n'admettre l'influence orientale qu^à partir du xi^ siècle et après les croisades.
L'influence^ orientale s'est fait sentir sans doute à partir des