‹ Leçons professées à l'École du LouvreChapitre 51 sur 93 · FRAGMENT DE [,A SEPTIEME LEÇON · texte numérisé non relu

FRAGMENT DE [,A SEPTIEME LEÇON

Souvigny ; les retables du musée de Dijon ; les draperies de tous les culs-de-lampes de Poitiers, de Souvigny, etc.

Courant en partie hourijuignon. — Vierge de Marcoussis ; statues de la tour de Maubergeon ; statue de Marie de France à Saint-Denis ; tête de Prophète de Mehun-sur-Ièvre ; puits de Moïse ; toute l'œuvre de Glaux Sluter et de son école.

Sous Charles VI : draperies à plis multipliés, tumultueux et embarrassés, quelquefois tuyautés et se terminant par des volutes ; draperies collantes malgré la multiplicité des plis et serrant de près le nu. Ces draperies sont différentes des lourdes draperies bourguignonnes qui viendront ensuite. Bien faire remarquer cela.

Style des draperies à plis souples, multipliés : Melchior Broederlam d'Ypres, à Dijon, les deux retables de Dijon datant de 139'2- 1393 ; Christ donnant la communion à saint Denis, tableau au Louvre ; Trinité au même musée, le revers porte les armes de Bourgogne. Tout cela se rattache au style des tapisseries de Nicolas Bataille de Paris, d'après les cartons du peintre de Charles V, Jean de Bruges, à Angers dans la cathédrale. L'analogie entre la grande figure sous un édicule qui se voit en tête de chaque pièce est frappante avec les Apôtres et les Prophètes des Petites Heures du duc de Berry.

Au donjon ou Tour de Maubergeon à Poitiers, statues d'un goût très sage, très pondéré, plis allongés, jolis méandres, comme on en trouvera plus tard dans la sculpture bourguignonne, comme on en trouve dans certaines figures assez lourdes et très sages de l'école italienne au Campanile de Florence. Signes peut-être de l'internationalisme de l'art.

A Poitiers, les plis ne sont plus touffus et agités; ils tombent droits, d'une façon qui vise à la simplicité.

Il faut remarquer que, dans les statues extérieures de la tour de Maubergeon, on ne retrouve pas le décousu et le mouvement des plis et des draperies, caractère ordinaire d'un grand nombre de figures de la fin du xiv'' siècle. C'est une classe à pari ; c'est une veine d'art spéciale. Cette classe se distingue par une sagesse générale et par la recherche dans l'étagement des volutes des plis. Les têtes, aujourd'hui très altérées, quand elles subsistent encore, devaient appartenir à l'Ecole réaliste.

HUITIEME EEÇON J'} Février 1889

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