L ART DU MIDI
se dessinent. Au Nord, nous voyons dominer avant tout les tendances élégantes et aristocratiques. L'art, un art de grands seigneurs ou tout au moins de dilettantes se développe dans une capitale, s'impose par la mode, au milieu d'une cour brillante et raffinée dont le souille enflammé surchaulFe les meilleurs principes et dessèche rapidement les talents et les écoles.
Dans le Midi, au contraire, nous sommes en présence d'un art démocratique, provincial et décentralisé, plus lent, plus lourd, plus naïf, souvent plus grossier, parfois plus profond, toujours plus conservateur et, inconsciemment peut-être mais assurément, plus respectueux des traditions prises dans leur ensemble et suivies avec plus de fidélité que d'originalité.
Pardonnez-moi si j'ai cherché à m'expliquer tous ces faits par des considérations puisées en dehors des témoignages mêmes de l'art. Nous ne pouvons pas cependant renoncer a priori à tout sentiment philosophique et nous estimons que dans la délicate interprétation des œuvres et des époques de l'art, la devise de l'historien moderne doit être celle de la sagesse antique : Nihil humain a me a lien u m piito.