‹ Leçons professées à l'École du LouvreChapitre 67 sur 93 · CAISES MORALES ET POLITIQUES DE LINFLUENCE ITALIENNE · texte numérisé non relu

CAISES MORALES ET POLITIQUES DE LINFLUENCE ITALIENNE

mes dans rattribution que, à Taide du style, nous faisions du retable de Pavie au commencement du xv" siècle. D'ailleurs Tœuvre conservée à la Chartreuse de Pavie n'est pas unique et nous pourrons, par l'examen d'un second spécimen, vérifier l'exactitude de nos propositions (N'oublions pas toutefois la date inférieure de 1409 qui nous est donnée, c'est un premier point de repère).

Nous possédons en France un retable d'ivoire italien aussi important que celui de la Chartreuse de Pavie et qui offre tant d'analo^ne avec celui-ci qu'on peut et doit les attribuer tous les deux non seulement à un même atelier, mais à un même artiste. C'est le magnifique triptyque conservé au Louvre dans la salle des ivoires, catalogué sous la cote A. 47 et connu sous le nom de retable de Poissv. Il provient, en effet, de l'abbaye des Dominicains de cette ville, comme nous pourrions le prouver en retraçant en détail son histoire d'après des pièces d'archives. A la suite de nos recherches, ce monument possède désormais des papiers parfaitement en règle.

La Révolution fit entrer directement dans les musées nationaux le retable de Poissy, en l'emmagasinant à X'ersailles. Voici quand et comment il fut saisi à Poissy. « District de Montagne de Bonair, Abbaye de Poissy et paroisse du dit lieu : Le 8 pluviôse, l'an second de la république une et indivisible, l'octidi de la f" décade de pluviôse, nous, soussignés, commissaires artistes nommés par le département de Seine-et-Oise pour l'examen et extraction des effets précieux dans les maisons nationales, nous nous sommes transportés en la commune de Poissy. Nous avons été conduits à la paroisse où, après avoir fait examen des tableaux ; nous y avons extrait ceux détaillés ci-dessous

N° 8. — Un autel en ivoire de neuf pieds de haut sur sept pieds de large, architecture gothique, divisée en neuf compartiments ornés de bas-reliefs qui donnent les tableaux de l'ancien et du nouveau Testament. »

Oublié jusque vers 1828, le retable de Poissy fut découvert dans un coin, et par hasard, à Versailles par M. de Forbin. Le comte de Clarac, conservateur des antiques du Louvre — et par-dessus le marché, de la sculpture moderne qui ne comptait pas — le fit restaurer par M. de Triqueti. Kn 1832, M. de Triqueti reçut quatre mille francs pour ce travail. C'est lui qui a fait en

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