‹ Leçons professées à l'École du LouvreChapitre 75 sur 93 · LE MILIEU TOURANGEAU BOURDICHON · texte numérisé non relu

LE MILIEU TOURANGEAU BOURDICHON

Louis XI, pour la chapelle de Plessis-les-Tours, « une image de bois de monseigneur saint Martin à cheval et le povre, » image exécutée par le neveu de Michel Colombe, François Jacquet. Il reçut vingt écus pour avoir *< estolfé et peint le dit saint Martin, le cheval et le povre de fin or moulu et de fin azur et autres couleurs riches. » Archives de l'art français, t. IV, p. 5.

Bourdichon naquit à Tours en 1457. Il fut le peintre officiel, le peintre en titre du roi de F'rance depuis Louis XI, en 1484, jusqu'à François I*""^ en 15"20. Il tient chronologiquement la place entre Fouquet et Clouet. Il avait été seulement connu jusqu'à ces dernières années par des travaux, ou plutôt, par des devis de commandes faites par la cour pour des funérailles, des fêtes publiques et des tournois. On possède avec certitude aujourd'hui un ouvrage de sa main et sorti irrécusablement de son atelier (Lisez Archivas de rarl français, 1880-1881, p. 1 à 11).

l'"n 1508, Anne de Bretagne fit ordonnancer en faveur de Jehan Bourdichon la somme de 1050 livres tournois pour avoir « richement et sumpluensement historié et enluminé unes grans heures pour notre usaige et service où il a mys et employé grant temps. » Ce monument, qui est conservé à la Bibliothèque Nationale (Département des manuscrits), a été publié en fac-similé par Curmer. Vous en avez un exemplaire sous les yeux.

Pour déterminer le caractère précis du style de Bourdichon, pour faire comprendre qu'il mérite d'être regardé comme le représentant exact du sentiment de détente par lequel l'école de la Loire se distingue des autres écoles franco-flamandes de la France, je ne me servirai pas de témoin à moi-même. J'ai la bonne fortune de pouvoir invoquer devant vous le témoignage de l'historien de la Renaissance sous Charles VIII.

M. Mûntz n'a pas cherché à expliquer, comme moi, le rôle de l'école tourangelle. Mais son appréciation du style de Bourdichon est très juste. La voici : « Les Heures d'Anne de Bretagne sont un monument inappréciable, unique, de notre école de peinture au début du xvi'' siècle. Les réminiscences fort rares de l'art flamand, et celles, beaucoup plus fréquentes, de l'art italien, s'y marient aux traditions nationales. Ce qui est bien français, c'est la netteté et la sobriété de la conception, la recherche de types également

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