‹ Leçons professées à l'École du LouvreChapitre 91 sur 93 · C54 GAILLON, FOLLKAII.LE, FÉCAMP · texte numérisé non relu

C54 GAILLON, FOLLKAII.LE, FÉCAMP

Antoine Bohier, l'abbé deFécamp, le frère de Thomas Bohier, se trouvait en Italie quand il envoya à son abbaye des bords de la Manche les marbres sculptés qu'on y voit encore aujourd'hui. On peut affirmer à priori qu'il était très certainement à Gènes, car l'œuvre en question, ainsi que l'a constaté M. Léon Palustre par l'eiret d'une véritable intuition (Renaissance, t. II, p. 257), rappelle la manière des auteurs du tombeau des Orléans, autrefois aux Gélestins de Paris, aujourd'hui à Saint-Denis. En effet, l'atelier des sculpteurs, auteurs des travaux destinés à Fécamp, était installé à Gênes tout comme celui des auteurs du tombeau commandé par Louis XII en 1502. Il y a plus, un même artiste a travaillé aux deux œuvres, c'est Girolamo Viscardo. Des textes très positifs sont là pour le prouver.

Fn 1507, donc, Antoine Bohier, frère de Thomas Bohier, abbé de Fécamp, se trouvait à Gênes. Epris de l'art italien, il fit à Girolamo Viscardo la commande assez importante que vous connaissez déjà par une projection. Quelques personnes n'ont peut-être pas daigné regarder le monument lui-même. Mais elles ne résisteront pas à l'attrait d'un texte paléographique. Ce texte respectable, il est rédigé en latin de notaire, c'est-à-dire en latin de cuisine. Cela

suffit pour que les dames ne le comprennent pas Par contrat

passé devant le nolajo Cosma, s'il vous plaît, dans la demeure de Cipriano dei Forneri, Cyprien des Boulangers, contrada, rue ou quartier de Soziglia, le lundi 10 Mai 1507, ^'iscardo s'engage à faire d'un coup trois sculptures pour Antoine Bohier : P un autel de forme assez svelte, large de quatre palmes et haut de douze, en deux morceaux pour qu'il fût possible de le composer de marbre extra fin ; 2" une châsse [cassa], un cotTre de marbre destiné à recevoir des reliques ; 3" le tabernacle du Précieux Sang, avec sa description, son devis. Prix : quatre cents écus et cent pour les statuettes, plus cinquante écus de supplément, si le travail était au-dessus de l'ordinaire, au jugement de l'ami et de l'intermédiaire ordinaire des Français, Spinola di Serravalle. Cette promesse d'un supplément prouve qu'on a affaire à des artistes qui travaillent à la douzaine et à la grosse. On les paye plus quand c'est exécuté sur mesure et quand l'ouvrage est soigné.

' Un des auteurs de la fontaine de Gaillon, celle qui fut commandée

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