DES DIAMÈTRES DE LA. TÊTE DU FŒTUS ET DE SES CIRCONFÉRENCES
Pour expliquer les mouvements que la tête du fœtus accomplit dans le bassin maternel, il faut étudier ses dimensions et les comparer à celles du bassin qu'elle doit traverser.
Les dimensions de la tête fœtale s'apprécient par l'étendue de ses diamètres et de ses circonférences. Quant aux dimensions du bassin, nous savons qu'elles varient d'après les races, mais qu'on peut les ramener à trois types principaux.
Nous ne considérerons toutefois pour ces trois types qu'une seule tète de fœtus, en raison de la malléabilité de cette tête qui lui permet de se mouler jusqu'à un certain point sur la forme même du canal qu'elle a à parcourir.
Il n'y a que dans les cas pathologiques (rétrécissements du bas-
sin, tumeurs, volume exagéré de la tète, etc.) que cette adaptation D'à pas lieu. Mais alors nous renvoyons à l'étude de la pathologie obstétricale Comparée, qui n'est encore qtl'à l'état embryonnaire, pour ne nous occuper ici que de l'accouchement physiologique.
Neuf diamètres principaux partagent la tête du fœtus : 3 antéro-pnstérieurs, 3 transversaux et 9 verticaux.
Tous les auteurs ne sont point d'accord sur les points de départ et d'arrivée de ces diamètres.
Nous y ajouterons deux circonférences.
Diamètres antéro-postérieurs.
1° L'occipito- frontal qui pour nous va de la bosse occipitale au milieu du front. Il a 12 centimètres. Pour Budin il s'étend de la pointe de l'occiput a la racine du nez. Il est un peu moindre que 12 centimètres.
2° Le sous-occipito-bregmatique, qui va du milieu de l'espace compris entre la bosse et le trou occipital à la fontanelle antérieure. Il a 9 centimètres 1/2.
Pour Budin il s'étend des points de rencontre de l'occipital et de la nuque, au milieu de la grande fontanelle, au niveau du point où se croiserait la suture sagittale et la suture fronto-pariétale.
3° L'occipito-mentonnicr, qui s'étend de la fontanelle postérieure au menton: il a 13 centimètres 1/2. Budin le fait partir de la pointe de l'occiput au menton.
Diamètres transversaux.
4° Le bi-pariétal d'une bosse pariétale à l'autre ; 9 centimètres 1/2 en moyenne. C'est pour Budin le diamètre transverse maximum postérieur.
5° Le bi-temporal, de la racine d'une apophyse zygomatique à l'autre; 8 centimètres. Diamètre transverse minimum de Budin.
6° Le bi-mastoïdien, d'une apophyse mastoïde à l'autre. Il est incompressible et mesure 8 centimètres.
Diamètres verticaux.
7° Le tra chélo-bregmatique, du point le plus élevé de la fontanelle antérieure, à la partie antérieure du trou occipital : 9 centimètres 1/2.
8° Le fronto-mentonnier, de l'apophyse géni au milieu de l'intervalle qui sépare les bosses frontales ; 8 centimètres.
9° Enfin, le mento-bregmatique, de l'apophyse géni au sommet de la fontanelle antérieure ; 9 centimètres.
Ajoutons un diamètre très important noté par Budin : c'est le sus-occipito-mentonnier qui va du point le plus élevé du crâne sur le niveau de la suture sagittale, en un lieu qui varie entre la pointe de l'occiput et la fontanelle antérieure, à la pointe du menton. Budin lui donne le nom de diamètre maximum. Son importance est grande pour l'explication des phénomènes de déformation du crâne spontanés ou artificiels. Sa mobilité, sous l'influence des contractions, fait varier son étendue.
En définitive, il constitue un 4e diamètre antéro-postérieur et porte à 10 le nombre des diamètres les plus utiles à étudier.
Quant aux circonférences, nous considérons avec Budin celle qui passe par les extrémités du diamètre antéro-postérieur maximum et que pour cela nous appellerons la grande circonférence. Ensuite celle qui passe par les extrémités du diamètre sous-occipito-bregmatique que nous appellerons la petite circonférence.
Une circonférence horizontale, dont le diamètre occipito-frontal représenterait le grand axe, serait encore utile pour l'appréciation de certains cas pathologiques (hydrocéphalie, microcéphalie). mais nous avons déjà dit que nous voulions rester quant à présent dans la partie purement physiologique de l'accouchement dans les races.
Il ne nous aurait point déplu toutefois, si nous avions eu des sujets de diverses races en nombre suffisant, de prendre les indices céphaliques de chacun d'eux, mais à l'impossible nul n'est tenu. C'est du reste une étude que nous nous proposons de reprendre plus tard.