‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 10 sur 88 · DES PARALYSIES DITES RÉFLEXES · texte numérisé non relu

DES PARALYSIES DITES RÉFLEXES

Ces paralysies, d'après les auteurs qui eu font un groupe à part, différeraient complètement des paralysies par altération de substance; elles en différeraient surtout par cela même que Ton ne constate pas, dans ces cas, de modifications matérielles appréciables de la moelle épinière.

Dans certaines régions du corps, ces paralysies sont provoquées par Taffection d'un oi^ane qui en est plus ou moins éloigné. Ces paralysies avaient reçu autrefois le nom de paralysies sympathiques : M. Jaccoud et M. Weir Mitcbell proposent de les Q,^ipe\er paralysies d'origine péri' pAérique ou par irritation périphérique (1).

IjCs paraplégies qui se produisent pendant la durée d'une maladie des voies urinaires sont au nombre des cas les plus connus de paralysie dite réflexe.

Un homme est atteint d'une affection inflammatoire des reins. Dans le cours de cette affection, alors que le malade éprouve des douleurs plus ou moins vives dans la région lombaire, qu'il rend des urines chargées de muco-pus, de phosphate ammoniaco-magnésien, d'albumine, etc., qu'il a de la fièvre le soir, qu'il offre, en un mot, tous les symptômes d'une néphrite plus ou moins intense, on voit survenir progressivement une paralysie des membres intérieurs. D'abord incomplète, elle va en augmentant tous les jours et peut, à un moment donné, devenir complète.

On peut supposer que Tirritation des extrémités périphériques des nerfs rénaux retentit, au niveau de leurs extrémités centrales, sur la région delà substance grise de la moeUe où ces nerfs prennent naissance (ou plutôt se ter-

(1) s. Jaccoad, Les paraplégies et Vataxie du mouvement, Paris, 186â, p. 338 ci>uW. — s. Weir. Mitchell, Paralysis from Peripheral Irritation, 1866 (Extracted from tbe New-York Médical Journal.)

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minent). Il se produit une modification des fonctions do cette région de la moelle épinière ; ses aptitudes fonctionnelles sont affaiblies ou abolies, et il en résulte une paralysie plus ou moins complète des parties inférieures du corps, c'est-à-dire des parties qui, par les extrémités centrales de leurs nerfs, sont en relation avec toute la partie inférieure de la moelle. Celte partie de la moelle n'est en communication complète avec la partie supérieure du même centre nerveux que par Tintermédiaire de la région médullaire dont on suppose le fonctionnement modifié. Les incitations volontaires ne peuvent donc plus parvenir librement à la partie inférieure de la moelle, et, par conséquent, aux nerfs qui en naissent. D'où la production d'une paraplégie plus ou moins prononcée. C'est là un type de la paralysie dite réflexe.

Signalée par Stanley, par Rayer, cette sorte de paraplégie a été vue par Stokes, par M. Leudet (de Rouen) et par divers autres médecins. On a observé des cas analogues dans le cours de maladies de la vessie, del'urètbre, de la prostate. M. Brown-Séquard mentionne un certain nombre de faits de ce genre (1). Il cite aussi des observations de paraplégie réflexe, due à une maladie de l'utérus, ou produite par l'entérite, la colite, surtout la colite ulcéreuse de la dysenterie, par la présence de vers dans l'intestin, par des affections des poumons et des plèvres, par un érysipële de la jambe, par des lésioas de Tarticulation du genou, par des névralgies, par la dentition, par la diphlbérite.

M. Brown-Séquard rappelle encore, comme exemples de paralysies réflexes, les cas bien connus de cécité

(1) Brown-Séqnird, toc. cit., p. i cl suit.

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déterminée par une contusion du nerf frontal. L'irrita* lion du nerf frontal, transmise au foyer d'origine du nerf trijumeau, irait ensuite paralyser le nerf optique ou la rétine.

Dans ce même groupe on rangerait pareillement certains cas de surdité produite par une affection douloureuse des nerfs de la face; des cas de paralysie de diverses par-* ties du corps, se montrant dans le cours de névralgies, sous Tinfluence de la dentition, de la diphthérite, du froid , etc.

A ces faits on peut ajouter enQn ceux où la paralysie reconnaît pour cause une lésion traumatique portant sur une région plus ou moins distante des parties qui se paralysent soit immédiatement, au moment même de la blessure, soit quelque temps après. On trouve un certain nombre d'observations de paralysies de ce genre, produites aussitôt après la blessure, soit dans les mémoires publiés par MM. Weir Mitchell, Morehouse et Keen sur les blessures par armes à feu (1), soit dans un travail du premier de ces auteurs, travail consacré spécialement à Tétude de la paralysie dite réflexe et qu'il nomme, comme je l'indiquais tout à l'beure, paralysie par irritation périphérique (2). M. Weir Mitchell eu dit aussi quelques mots dans son ouvrage récent sur les lésions des nerfs (3). Dans un des cas rapportés par cet auteur, il s'agit d'un

(1) s. Weir Mitchell, G. Morehonse et Keen, Gunthot Wounds and other Injuries of Nerve$. Philadelphie, 1864. — Et U. S. À. Circuiar n« 6. Heflex faraiysiSf 1864.

(2) S. Weir Mitchell, Paralysis from Peripheral IrrUation, New-York Med. Journal, 1866.

(3) S. Weir Mitchell, Des lettons des nerfs et de leurs conséquences. Traduct. franc, par M. Dastre. Paris, 187â, p. 155 et siiiv.

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homme chez lequel une blessure de la cuisse avaitintéressé probablement le nerf sciatique. La jambe droite était paralysée en partie. Il y avait une paralysie réflexe du bras droit; cette paralysie guérit assez rapidement (1). Citons un autre exemple, emprunté au même ouvrage (obs.XXVU). Un homme reçoit dans la cuisse droite un coup de feu qui atteint directement les nerfs cruraux (?) Il y a perle de la sensibilité et de la motililé. On constate en môme temps une paralysie réflexe des mouvements du bras droit.

On voit donc qu'il y a un groupe considérable de faits cliniques de paralysie, dans lesquels cet état morbide ne paraît pas produit par une atteinte directe, soit des mus-^ clesy soit des nerfs qui les animent, soit des centres nerveux où ces nerfs prennent naissance. On peut en rapprocher certaines expériences, oii Ton dit avoir vu une paralysie des membres inférieurs se produire dans des conditions analogues. Ainsi Comhaire^ dans sa thèse inaugurale, rapporte que, sur des animaux auxquels il enlevait un des reins, il a vu un affaiblissement paralytique du membre postérieur correspondant (2), M. Brown-Séquard aurait constaté un effet du même genre, à la suite de l'ablation soit d'un reiu, soil d'une capsule surrénale. M. Lewisson assure que l'on détermine une paralysie passagère du train postérieur, sur les lapins, lorsque Ton comprime assez fortement leurs reins contre la colonne vertébrale, en ayant soin de ne pas comprimer en même temps l'aorte, car ta suspension du cours du sang dans la partie posté-

(4) s. Weir MitchcU« Oet lésvm des nerfs..., p. 160. — Obs. XXV. (2) Comhaire, De rertirpation des reins, (ThHe inaugurale, ParH, 1803.)

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