‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 13 sur 88 · DE L EXISTENCE MÊME DES PARALYSIES DITES RÉFLEXES. S · texte numérisé non relu

DE L EXISTENCE MÊME DES PARALYSIES DITES RÉFLEXES. S

réflexe; mais elle se produirait par un mécanisme tout particulier. Les extrémités périphériques des flbres motrices du nerf radial seraient mises, par voie réflexe, sans altération, ni modification intermédiaire persistante du centre nerveux médullaire ou du reste de nerf, hors d'état de transmettre les incitations volontaires, ou autres, aux muscles qu'eUes innervent. Les relations physiologiques entre les fibres motrices de ce nerf et les muscles aux* quels elles se rendent seraient interceptées d'une façon analogue à ce qui a lieu dans Tintoxication par le curare. 11 est encore des cas qui ont été classés parmi les paralysies réflexes et qui, ce me semble, doivent être considérés sous un autre jour. On peut se demander, par exemple, si les paralysies du mouvement, qui paraissent produites par des névralgies, sont bien des paralysies réflexes. En effet, dans un cas de paralysie succédant à une sciatique, il est très-possible que la névralgie et la paralysie du mouvement soient des manifestations d'un même travail morbide, évoluant dans la moelle épinière. L*affection du centre nerveux se traduit d'abord par la névral* gie, et, plus tard, lorsque cette affection est plus étendue, plus profonde ou plus prononcée, la paralysie du mouvement se manifeste progressivement. Prenons un autre exemple. On sait que, dans certains cas, la paralysie, dite rhumatismale, du nerf facial, est précédée par une névralgie faciale (Marchai de Galvi et autres). Or, n'est-il pas possible que la névralgie et la paralysie, dans ces cas, aient pour cause commune la lésion que le nerf facial subit dans son trajet au travers du rocher ? Cette lésion, que nous ne connaissons pas encore bien, parait être de nature irritative, inflammatoire, et elle siège, probablement, dans le périoste de l'aqueduc de Fallope et dans le névri*

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lème du uerf facial. Daos une première période, la lésioo se traduirait par des douleurs dues à l'irritation des fibres seusitives que le nerf facial contient déjà lorsqu'il est encore dans le canal de Fallope : dans une seconde période, peu tardive, en général, il y aurait compression du nerf; cette compression, d'abord légère, deviendrait plus forte ensuite et donnerait lieu à une paralysie des flbres motrices du nerf. D'ailleurs, dans d'autres cas analogues de cette même paralysie, une seule cause, le froid, peut déterminer successivement une névralgie du nerf trijumeau et une paralysie du nerf facial. Rien ne prouve, en un mot, qu'il s'agisse, dans ces différentes sortes de faits, d'une paralysie du mouvement ayant pour cause productrice, par l'intermédiaire de la moelle épinière ou du bulbe rachidien, une névralgie d'origine périphérique.

Je crois donc que l'existence des paralysies dites réflexes, telles que les ont comprises les médecins qui leur ont donné ce nom, peut être tenue pour très-douteuse, en dehors des cas tout spéciaux d'impressionnabilité pathologique, où une lésion périphérique vient donner le branle à une imminence morbide* Je ne nie pas absolument que certaineslésions traumatiques, que certaines affections des viscères thoraciques et abdominaux, pour ne parler que de ce genre de faits, ne puissent provoquer l'apparition d'une paralysie, dans une partie du corps plus ou moins éloignée du siège de ces lésions ou de ces affections; ce que je considère comme douteux, je le répète, c'est que cette paralysie ait pour cause productrice une action exercée sur les vaso-moteurs de la moelle épinière, ou sur la moelle elle-même, par Tirritation des nerfs intéressés dans l'organe primitivement atteint.

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