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LÉSIONS DE LA MOELLE PAR IRRITATION PÉRIPHÉRIQUE

giiiche lont oo peu moins colorés que les muscles correspondants du membro postérieur du côté droit; ils n*ont pas subi une atrophie considérable, n n*y a aucune lésion viscérale (i).

Je ne conteste pas cependant l'exactitude des observations de MM, Tiesler et Frinberg; seulement, ce sont là des faits exceptionnels. Il y a d'ailleurs dans ces observations une particularité au moins bien singulière. C'est l'absence de toute altération dans le bout central du nerf sciatique ou dans le canal vertébral, dans les cas où des lésions ont été constatées dans la moelle épinière (2).

Est-ce réellement par un mécanisme de ce genre que se sont produites les altérations de la moelle épinière dans les cas de paralysie dite réflexe, où des lésions ont été trouvées dans ce centre nerveux? Il est difficile de se prononcer d'une façon catégorique. En tout cas, il faudrait supposer qu'une irritation morbide, progressive et prolongée, de

(1) M. Roeningh a cautérisé le nerf sciatique de lapins avec différents agents, tels que la potasse, Tacide axotique, le fer rouge, et il n'a pas yu non plus que c<^s lésions aient provoqué une paraplégie réflexe. La moelle épinière n'offrait pas la moindre modification (*).

(2) M. Hayem a récemment montré que Tarrachement d'un des nerfs sdatiques et même, dans certains cas, la résection d'un de ces nerfs, peut, ches le lapin, donner naissance à une myélite, dans toute la longueur de la moelle {**), Dans un cas de résection, il a observé — > ce qu'il regarde comme en dehors de la règle — que le bout supérieur du nerf sciatique offrait quelques indices d'inflammation. Ces faits doiTent être rapprochés de ceux que MM. Tiesler et Frtnberg ont constatés. Mais je suis certain que les altérations décrites par M. Hayem ne s'obsenrent pas dans ta plupart des cas de simple section du nerf sciatique. J'ai fait un assez grand nombre d'expériences de section du nerf sciatique sur des lapins, pour étudier l'atrophie qui se produit dans la moitié correspondante de la moeUe épinière, i la suite de cette lésion, et je n'ai jamais ?u de traces manifestes, soit de véritable myélite, soit de méningite. Je persiste à croire que le résultat obtenu par les auteurs allemands est absolument exceptionnel.

O G. H. Rocssingh, Ute. cit.

{**) G. Havein, Deê aUérationM de la moelU, coniécuHte» â farrMhenunt du rurfteialique^ cAes If Utpin (ArrliiTes da physiologie, 1H73, p. 5U4 et iitir. — Comptes rendaa de l'Acad. des Mi«oeM, W juTi«r 1874). — fit Comptet rendnt de U Soc. de biologie, 1874, p. 157 (28 msn).

certains nerfs, même de nerfs appartenant au système sympathique, peut déterminer dans la moelle un effet du même genre que celui qui est produit par une irritation brusque et violente, comme dans les expériences dont nous venons de parler.

Que dirons-nous maintenant d*une autre expérience de M. Frinberg? Il rase la peau d'un lapin et^ sur le tégument ainsi mis à nu, il lance un jet d'éther sulfurique, à l'aide d'un appareil de Richardson. Il recommence l'aspersion d'éther trois jours après. Au bout de quatre semaines, on voit survenir de l'incontinence d'urine, puis une paraplégie, suivie bientôt de la mort. On trouve une myélite s'étendant à toute la longueur de la moelle épinière, jusqu'à la région cervicale. Cette expérience serait trèsprécieuse, si le résultat obtenu avait été observé chez un certain nombre d*animaux opérés de la même façon. Jusque-là, nous pouvons douter qu'il y ait une relation réelle entre le refroidissement de la peau provenant des aspersions d'éther et la paraplégie qui s'est manifestée un mois plus tard.

Tel est aujourd'hui Tétat de la science sur cette importante question des paralysies dites réflexes, ou paralysies sympathiques, ou paralysies d'origine périphérique. Avant d'abandonner ce sujet, je dois vous dire que, quelle que soit la manière dont se produisent ces sortes de paralysies, dans les cas où Ton ne constate aucune lésion appréciable des centres nerveux, la dénomination de paralysies réflexes serait impropre. Si la paralysie reconnaissait pour cause, comme le pensait M. Brovni-Séquard, une constriction des vaisseaux de la moelle épinière, il y aurait là un phénomène d'inltation réflexe, de contraction réflexe de la tuni-

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