‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 22 sur 88 · RÔLE DES VASO-MOTEURS DANS LA GIRCUL. MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

RÔLE DES VASO-MOTEURS DANS LA GIRCUL. MUSCULAIRE

muscle. On tenait compte, en même temps, de la pression générale du sang, à Taide d'un manomètre mis en communication avec Tartère carotide. M. HaQz ait avoir constaté que les artères musculaires ne se resserrent pas, sous l'influence de Texcitation de la moelle épinière, avec la même évidence que les autres artères; chez les animaux curarisés, ce resserrement n'aurait même pas lieu lors de chaque excitation. En outre, les nerfs vaso-moteurs, destinés aux artérioles des muscles, se fatigueraient plus facilement et plus rapidement que les nerfs des autres artères; de telle sorte que la constriction de ces artérioles, dans les cas où elle se produit dans ces conditions expérimentales, ferait bientôt place à une dilatation : les muscles coupés en travers deviendraient alors la source d'une hémorrhagie assez abondante, sous Tinfluence de Taugmentation de la pression générale intra-artérielle , engendrée par l'excitation de la moelle épinière. M. HaQz assure qu'on observe, dans certains points des artères musculaires, des resserrements actifs, indépendants de la mise en jeu des nerfs musculaires, et qu'il faut bien connaître pour ne pas se laisser induire en erreur : il attribue ces resserrements, qui se montrent surtout lorsque la pression intra-artérielle augmenta, à l'excitation produite sur la tunique musculaire artérielle par cette augmentation de pression.

11 semblerait donc résulter, en somme, des expériences de M. Hafîz, que, chez les animaux curarisés, l'excitation des nerfs destinés aux muscles, ou bien ne produit aucune constriction des vaisseaux de ces organes, ou bien n'y détermine qu'un resserrement vasculaire très-fugace, remplacé presque aussitôt par une dilatation plus ou moins durable. Je n'ai pas répété les expériences de M. Hafiz,

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en me plaçant dans les mêmes conditions que lui, et, par conséquent, je ne conteste pas l'exactitude de ses observations. Mais j'ai examiné l'effet de la paralysie ou de l'excitation des ner£s vaso-moteurs d'une façon plus directe, et je suis arrivé à des résultats qui ne sont d'accord ni avec les siens, ni avec ceux qu'avait obtenus M. Sadler : ils confirment, au contraire, ceux que M. Cl. Bernard a constatés. « Si Ton électrise, dit » M. €1. Bernard, les nerfs qui partent du premier gan- » glion tboracique, chez un chien curarisé, il n'y a au- D cune contraction des muscles, et cependant le sang » des veines musculaires devient plus noir; il coule en » plus faible quantité, à cause du resserrement des vais- » seaux, et il y a abaissement de température dans le » membre. Donc la chaleur n'est pas liée à la coloration 1» du sang, bien qu'elle doive se rattacher à Téneiigie des » phénomènes chimiques qui s'accomplissent dans le tissu » musculaire (1). » Voici le résumé d'une des ezpérieoees que j'ai faites sur ce sujet.

Exp. I. — Chien terrier, mâtiné. Ce chien parait malade ; on constata un écoulement moco-purulent par les narines, et les conjonctives août conTcrtes aussi d'une asseï grande quantité de muco-pus.

Ce chien est curarisé et soumis à la respiration artificielle. Le nerf sciatique gauche est mis à nu, à la partie supérieure de la cuisse, près de l'échancrure sciatique, puis coupé en travers. On écarte la peau qui recouvre la région postérieure et inférieure de la cuisse, et Ton met soigneusement à découvert la surface des muscles de cette région, en enlevant autant que postthk la partie superfleleUe de leurs aponévroses d'enveloppe.

A 2 h. A5 m., on faradise le bout périphérique du nerf sciatique coupé. Les muscles découverts paraissent perdre en partie leur teinte rouge et prendre une teinta légèrement jaunâtre. On répète la fàradisation an bout de quelques instants et Ton obtient le même résultat.

A 2 h. 55 m., on coupe transversalement un muscle. Une artériole située dans répaisseur de ce muscle donne un jet de sang continu avec de IblUes renforcemenU. On faradise le bout périphérique du nerf Kiatique, le sang «a

(1) Loc. cit., p. 1064.

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