BÔLE DES VASO-MOTEURS DANS LA GIRGUL. MUSCULAIRE
coule plus en jet, mais en bavanl. On cesse rélectrisation^ et, au bout d'un instant^ le jet de sang reparait. On électrise de nouveau et le jet cesse, comme la première fois.
A 3 h. 10 m., on découTre, du côté droit, les mêmes muscles que du côté gauche, puis on coupe le nerf sciatique droit à sa partie supérieure. On faradise son bout périphérique. Les muscles pâlissent légèrement. On renouvelle la fkradisakion deux fois, et deux fou le même effet se produit.
A 3 h. 16 m.^ on fiaradise directement la surface des muscles mis à nu du côté droit. Ces muscles p&lissent, et lorsqu'on cesse l'électrisation, la pâleur disparaît rapidement |et fait place à une teinte rouge foncée, bleuâtre. On faradise alors le bout périphérique du nerf sciatique et le muscle prend une teinte pâle, feuille-morte.
A 3 h. 25 m., on excise la peau de la pulpe d'un des orteils du membre postérieur droit : bientôt cette plaie laisse écouler du sang, goutte à goutte, asses rapidement. On faradise alors le bout périphérique du nerf sciatique droit et l'on Toit au bout de quelques instants l'écoulement du sang se ralentir, puis s'arrêter. On cesse la faradisation : quelques moments après, la plaie se couvre de sang, puis l'écoulement se reproduit, goutte à goutte, comme auparavant. On électrise de nouveau le bout périphérique du nerf : même résultat que la première fois. U en est de même k trois reprises différentes.
A 3 h. 28 m., on sectionne un muscle laissé intact jusque-là. Une artériole divisée dans le muscle donne un petit jet de sang, qui s'amoindrit considérablement chaque Ibis qu'on électrise le nerf sciatique correspondant.
Dans d'autres expériences du même genre, j'ai observé des phénomènes identiques, et jamais je n'ai vu les nerfs vaso-moteurs destinés aux vaisseaux des muscles se paralyser par fatigue, plus rapidement que les autres, sous l'influence de la faradisation.
Ainsi l'excitation directe des fibres vaso-motrices des nerfs destinés aux muscles fait contracter les vaisseaux musculaires, comme cela a lieu quand on électrise celles qui vont innerver les vaisseaux d'autres organes. Cette contraction est assurément moins forte que celle qui se montre dans d'autres vaisseaux, dans ceux de l'oreille du lapin, par exemple, lorsqu'on faradise le cordon cervical du grand sympathique. Mais il n'y a là qu'une différence dans l'intensité et non dans le sens des effets produits. 11 faut bien noter que la section ou la faradisation des nerfs
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moteurs n'atteint pas toutes les fibres vaso-motrices destinées aux muscles qu'animent ces nerfs. Outre les fibres motrices contenues dans ces nerfs, il en est d'autres qui n'ont pas la même origine, et qui parviennent aux muscles, en suivant les artères.
S'il était bien prouvé que l'ensemble des fibres nerveuses qui se distribuent aux vaisseaux des muscles exerce sur ces canaux une action relativement faible, on pourrait s'en rendre compte, en partie du moins, en admettant que les fibres vaso-motrices qui innervent les vaisseaux des muscles, sont moins nombreuses que celles qui innervent les vaisseaux de Toreille du lapin ou ceux de certaines autres régions du corps, soit chez le lapin, soit chez d'autres mammifères. D'autre part, il serait possible que les parois de ces vaisseaux fussent un peu moins contractiles dans les muscles que dans d'autres organes (1).
Lies vaisseaux des muscles se dilatent sous l'influence de la section des nerfs musculaires; cela est démontré par la coloration d'un rouge plus vif que prennent alors les muscles, comme nous l'avons constaté dans certaines de nos expériences. Le sang doit s'écouler alors en plus grande abondance des veines musculaires que dans l'état de repos normal des muscles; et il en est bien ainsi, comme M* Sadler l'avait observé. Seulement, cet expérimentateur qui avait vu Télectrisation des nerfs des muscles provoquer un écoulement sanguin plus considérable par les veines musculaires, sans reconnaître que c'était là un effet indépendant des ner& vaso-moteurs, ne pouvait pas expliquer, ainsi que nous le faisons, l'influence de la section des nerfs musculo-moteurs sur la circulation intra-musculaire.
(1) Les niiteaux «aperflckU du cœur, chet le chien, le renerrent fort peu, sottt l*iiiflaeace des excitations électriques directes.
INFMJKNCE DE LA CONtR ACTION MUSCULAIRE SUR LE SANG. 17â
D'après M. Cl. Bernard, on trouve moins d'acide carbonique et plus d'oxygène dans le sang qui s'écoule des veines d'un muscle, après la section des nerfs qui vont à cet organe, que dans celui qui sort des mêmes vaisseaux, lorsque le muscle est en repos, le système nerveux étant intact. Gela tient sans doute à la dilatation des petits vaisseaux intra-musculaires, qui a lieu dans le premier cas. m Cl. Bernard attribue celte différence à ce que le muscle en repos, et dont les nerfs sont intacts, est encore en état de tonus ^ tandis que cet état est supprimé par la section des nerfs musculaires ; mais je crois que l'explication véritable est celle que je propose. On trouve là un résultat tout à fait du même genre que celui qu'on obtient, quand on compare le sang delà veine jugulaire du côté correspondant à la section d'un des cordons cervicaux sympathiques, à celui qui s'écoule de la veine jugulaire du côté opposé, où ce cordon nerveux est intact.
Dans l'état de contraction des muscles, le sang veineux qui s'écoule de ces organes, en même temps qu'il est plus abondant que dans l'état de repos, est très-foncé : il contient, d'après M. Cl. Bernard, de 3,31 à &,28 d'oxygène pour 100, au lieu de 7,31 à 9,31 pour 100 que l'on trouve dans le sang artériel; d'autre part, il contient 2,&0 à 3,21 d'acide carbonique pour 100, au lieu de 0,8& pour 100 qu'il renferme dans l'état de repos (1). Les phénomènes chimico-physiques qui ont heu dans le muscle prennent
(1) CL Bernard, i<K. ctY., p. 1063. — - Les analyses qui ont fourni ces chiffrée ont été fiûtes à Taide de l'oxyde de carbone. M. Cl. Bernard ne conlidère comme exacts que les résultats relatifs à l'oxygène. On peut admettre que révaluation faite par les procédés actuels d'analyse, de la quantité d'acide carbonique contenu dans le sang du muscle en repos et dans celui du muscle en contraction, tout en donnant d'autres chiffres que ceux que M. CL Bernard a obtenus, parleraient dans le môme leni^
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donc une intensité considérable, lorsqu'il se contracte. Pour apprécier cette intensité à sa juste valeur, il faut même ne pas se contenter de comparer la proportion d'acide carbonique que contient le sang qui sort du muscle en contraction, à celle que renferme le sang veineux du muscle en repos : il est nécessaire d'établir cette comparaison, en évaluant la quantité d'acide carbonique que l'on peut extraire du volume de sang qui s'écoule des veines du muscle, pendant un temps donné, soit lorsque cet organe est à l'état de repos, soit lorsqu'il est en contraction. Il est clair qu'il faut prendre aussi en considération les autres mutations qui ont lieu dans le muscle, pendant le même temps, avec une plus grande énergie que dans l'état de repos. Aussi ne faut-il pas s'étonner si les muscles en contraction offrent une température plus élevée que les muscles en repos. M. Cl. Bernard dit que les muscles de la cuisse présentent une augmentation de température del"" C, lorsqu'ils sont tétanisés sous l'influence de rélectrisation du nerf sciatique.
— Après avoir étudié l'influence de Tappareil vasomoteur sur les principaux organes, et en particulier sur les différents viscères, il nous faut aborder maintenant l'examen du mode d'intervention, de cet appareil dans la production de divers troubles morbides, pouvant se manifester dans telle ou telle partie du corps, ou pouvant même affecter l'ensemble de l'organisme.
iNous étudierons d'abord les troubles morbides de la ealoriûcation, ou les modifications pathologiques que peut