‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 3 sur 88 · DE LA DIASTASE HÉPATIQUE · texte numérisé non relu

DE LA DIASTASE HÉPATIQUE

M. DaltoD (1), professeur de physiologie à New- York, a soumis ces assertions au contrôle d'investigations trèsprécises, en adoptant le procédé dont se sont servis MM. Meissner, SchifT et autres, et en exécutant les opérations avec une rapidité plus grande encore que no Tavaient fait ses devanciers. Or , il a reconnu que le foie forme et contient toujours du sucre à l'état normal ; et c'est là, en définitive, ce que nous devons admettre.

IjO foie contient peu de sucre, et il n'en laisse échapper que de très-minimes quanlités dans l'intervalle des périodes d'absorption des produits de la digestion ; mais, pendant ces périodes, la transformation de la matière glycogène en sucre a lieu avec une activité beaucoup plus grande. Le sang des veines hépatiques contient alors une proportion beaucoup plus considérable de glycose, et l'on trouve une certaine quantité de cette substance non-seulement dans le sang du cœur droit, mais encore dans celui des artères et des veines de la circulation générale, dans les cbylifères et les autres vaisseaux lymphatiques.

Ijbl transformation de la matière glycogène en sucre se fait sous l'influence d'un ferment particulier, ferment qui est constitué par une matière diastasique^ plus ou moins analogue à la diastase salivaire.

Quel est ce ferment? on l'ignore. Il a été impossible de l'isoler d'une façon bien nette, et il n'est pas bien certain que la substance diastasique trouvée dans le foie par différents physiologistes, et extraite récemment de cet organe

(1) John G. Daltoo, Formation du sucre dans le foie (Mém. lu à l*Acad. de mcd. de New-Yurk, le 15 juin 1871. — Anal, in Archives de physiologie^ 1872, p. 265).

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par De Witlicb (1), à Taide de la glycérine, soit réelle* ment le ferment qui agit dans le foDCtionnement normal des cellules hépatiques. Mais l'existence d'un ferment agis-sant sur la matière glycogène et son intervention pour la métamorphose physiologique de cette substance ne sauraient être niées. Il faut donc se représenter le foie comme formant constamment, à l'état normal, non-seulement de la matière glycogène, mais encore un ferment, qui, par son action sur cette matière, détermine la production du sucre.

Dans les conditions physiologiques, au fur et à mesure que la matière glycc^ène est convertie en glycose, il s'en reproduit; de telle sorte que le foie contient toujours une certaine quantité de cette matière, quantité variable d'ailleurs suivant les animaux et suivant que Ton examine l'organe à tel ou tel moment, lorsqu'il s'agit d'animaux dont les repas sont séparés par de longs intervalles, et chez lesquels l'estomac se vide complètement dans ces inter* valles.

Rien de plus difficile que de ta'ouver de la matière glycogène dans le foie de l'homme. J'ai cherché, après bien d'autres, à en constater la présence chez des sujets morts de maladies diverses, et je n'y ai pas réussi. Gela tient à ce que, pendant la maladie, comme l'a montré M. Cl. Bernard, la production de la matière glycogène cesse plus ou moins complètement. La matière glycogène, qui existait au début de la maladie, a bientôt disparu par suite de sa conversion en sucre, conversion souvent plus active alors que dans l'état de sauté ; et elle n est point incessamment

(i) De WiUich (Ptlûgcr't Archiv f. Pbytiolo^e, VU, p. 38. — Anal. Ai LoDdon med. Rocord, 12 mart 1873).

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