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RÔLE D£S CENTRES NERVEUX DANS LA CALORIFIGATION

supérieure des voies respiratoires : cette impressiou est transportée au centre nerveux bulbo-spinal et y provoque unQ incitation réflpxe, qui va activer la nutrition et la combustion intimes dans les différents tissus. Il faut tenir compte d'une modification réflexe, qui se produit vraisemblablement aussi dans la fréquence ou Tamplitude des mouvements respiratoires, lorsque les vaisseaux cutanés se resserrent sous l'influence du froid. Peut-être les vaisseaux pulmonaires se dilatent-ils, dans ces conditions, en présentant ainsi, dans un temps donné, une plus grande quantité de sang au contact de Tait inspiré.

Revenons au mécanisme par lequel les centres nerveux peuvent influencer la substance organisée, vivante, soit pour y augmenter, soit pour y diminuer l'activité des phénomènes physico-chimiques qui ont pour effet, entre autres, un dégagement de chaleur. Cette influence peut, comme nous le disions, s'exercer de deux façons. Il est possible, à la rigueur, que l'appareil nerveux vaso-moteur joue ici un rôle important. Ne peut-on pas admettre, d'abord, que le centre nerveux bulbo-spinal mis en jeu, dans le cas de variations de la température extérieure, agit sur les vaisseaux de certaines parties du corps, les dilate ou les resserre, et augmente ou diminue, par cela seul, les combustions organiques dont ces parties sont le siège? Il nous parait hors de doute que les centres nerveux agissent par ce mécanisme sur la production de la chaleur animale. Mais, d'autre part, leur action peut avoir lieu par un autre mécanisme. Il se peut qu'ils agissent directement, par l'intermédiaire de fibres nerveuses, différentes des fibres vaso-motrices , sur la substance organisée, vi-

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vante» pour y activer ou y ralentir le travail thermogëne qui s'y effectue.

Celte dernière hypothèse n'a pas été» repoussée par tous les physiologistes, et l'on s'en est servi pour rendre compte de l'élévation de température dans la fièvre. Ainsi, d'après les partisans de cette hypothèse, il y aurait dans les nerfs, outre les fibres sensitives ou excito-motrices et les fibres motrices, outre les fibres vaso-motrices, d'autres fibres nerveuses auxquelles serait dévolue une action spéciale sur la calorification qui s'opère dans les tissus. Vous savez que des physiologistes ont pensé que les nerfs contiennent encore une autre sorte de fibres nerveuses, c'est-à-dire des fibres trophiques. J'aurai à vous dire quelques mots de ces fibres, lorsque nous étudierons l'influence du système nerveux sur la nutrition intime. Pour le moment, je dois me borner à vous parler des fibres nerveuses que l'on suppose i^r sur les processus thermogènes de l'organisme.

M. CL Bernard a le premier émis Thypothèse de l'existence de fibres nerveuses agissant sur le travail physicochimique auquel est due, dans les tissus, la production de la chaleur animale. Il a reproduit cette hypothèse et l'a soutenue par divers arguments dans le cours qu'il a consacré à l'étude de la chaleur animale, au CoUége de France, en 1871 (1).

Dès ses premières leçons, il interprète dans ce sens le résultat de la section du grand sympathique au cou : « Il » y a vingt ans, dit-il, j'ai montré qu'après la section du » sympathique, la calorification est augmentée, localement, » en môme temps que la circulation est considérablement

fl) ReTa« dM eonn iclMitiaqiies, 1871-1872.

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