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élèverait ; si ces nerfs sont excités, elles deviendraient moins actives dans cette partie, et la température s'y abaisserait.
Ces nerfs modérateurs des combustions seraient mis en jeu par une partie spéciale des centres nerveux, partie qui constituerait le centre modérateur. Ce centre serait situé en avant du bulbe rachidien, dans la protubérance annulaire surtout.
Telle est Thypothèse du centre et des nerfs modérateurs de la calorification, hypothèse admise par divers physiologistes, et qui a trouvé son principal appui dans les expériences de M. Tscheschichin (1).
L'une des expériences de M. Tscheschichin consiste à couper, sur un lapin, la protubérance annulaire, en avant du point où se termine la nooelle allongée. Cette expérience est assez facile à pratiquer, grâce à une disposition partientière de la tète du lapin, qui permet d'arriver au point voulu, en pénétrant par la suture occipito-pariéto-temporale, laquelle présente des lacunes à ce niveau, et en passant au travers du cervelet. Il n'est pas nécessaire, d'ailleurs, que la lésion soit faite en un point rigoureusement fixe.
Si Ton a pris la température dans le rectum, avant l'expérience, et si l'on constate ce qu'elle devient ensuite, on voit qu'elle augmente d'une façon considérable, si bien que de SO"" C, elle peut monter à &2'' et au delà. L'élévation de la température est déjà sensible peu de secondes après l'expérience, car elle se produit avec une grande rapidité. Ainsi, chez un lapin dont la température rectale était S9*,&, et qui respirait 78 fois par minute, M. Tsches-
(1) J. TftchetChichia^ Zur Lehre von der thierischen Wàrme (Reichert'i und Du Boif-Reyinond'i ArchiT^ 1866).
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chicbin ayant réussi à faire rexpérienco, sans déterminer une mort presque immédiate, vit la respiration devenir plus fréquente, le pouls s'accélérer et en même temps la température s'élever. Elle montait à &0%1 au bout d'une demi-heure, et à &1%2 après une heure. Il y avait 90 mouvements respiratoires par minute, et le pouls était impossible à compter. Au bout d'une heure et demie, le thermomètre marquait 42%! dans le rectum, et il y avait 102 mouvements respiratoiras par minute. Une demiheure plus tard, c'est-à-dire deux heures après l'opération, le thermomètre marquait &2%6. La respiration était brève et la réflectivité médullaire très-augmentée ; des convulsions eurent lieu et l'animal mourut au bout d'une demi-heure.
Si, au lieu de faire la section transversale comme il vient d'être dit, on la fait sur le bulbe ou sur la moelle cervicale, il y aurait, d'après M. Tscheschichin, non plus une augmentation, mais bien un abaissement de température, qui irait en se prononçant de plus en plus jusqu'à la mort.
En présence d'un pareil contraste entre les deux résultats obtenus, l'auteur conclut que les parties de l'encéphale, qui sont situées en avant du bulbe, jouent, par rapport à la moelle et au bulbe, le rôle de centre modérateur. Quand ce centre est uni à l'axe bulbo-spinal, il lui sert de frein, et la température se maintient à un degré normal. Si, au contraire, la partie antérieure de l'encéphale est séparée du bulbe, il y a une suractivité de l'axe bulbo-spinal, dont l'influence sur la thermogénèse animale n'est plus modérée, et il en résulte l'augmentation de chaleur que l'on constate.
Ainsi donc, il -y aurait dans le cerveau une région, la région de l'isthme de l'encéphale, située en avant du bulbe rachidien, qui exercerait sur ce bulbe et sur la moelle
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épinière, et, par leur intermédiaire, sur les combustions, une action modératrice. Cette région serait un vrai centre modérateur des combustions. Si Ton sépare de l'axe bulbospinal ce centre modérateur, le frein est enlevé; le bulbe rachidien et la moelle deviennent le siège d'un éréthisme fonctionnel tout spécial, par suite duquel les combustions acquièrent leur plus haut degré d'activité,
11 y aurait donc un centre modérateur des combustions, différent du centre des nerfs vaso-moteurs (l). Que de centres fonctionnels accumulés dans la partie de l'isthme de l'encéphale, qui comprend la région de la protubérance conGnant au bulbe rachidien et la région contiguë de ce bulbe (2)1 Outre les deux centres que nous venons de
(1) J*ai mentionné dans le premier volamo (p. 262) les limites assignées par M. Owijannikow k la partie des centres ner^eux^ qa*il regarde comme le centre Taso-moteur de tous les yaisseaux dn corps. Plus récemment^ M. Dittmar {*) a cherché à contrôler les indications données par cet expérimentateur, et il est arriTé à peu près anx mêmes résultats. Les objections que j'ai opposées à l'idée d*un centre yaso-moteur unique s'appliquent naturellement à la manière de Toir de M. Dittmar, tout aussi bien qu'à celle de M. Owsjan- Dikow.
(2) M. C^on (^ pense que le centre des nerfii Tasculaires est situé en avant de la moelle allongée et du cervelet. U aurait constaté que, si on laisse intactes ees parties, en enlevant complètement le cerveau proprement dit, on n'observe pins de modifications de la pression sanguine, sous l'influence de l'excitation des nerfii sensitilis, ches des animaux narcotisés au moyen de la morphine, dn chloroforme ou du chloral. H y a bien encore des variations du calibre des vaisseaux ches des lapins ainsi opérés ; mais ces variations péristaltiques et antipéristattiques seraient tout à fait indépendantes de l'irritation des nerfc .*easitifj ; elles auraient tien même après la section des nerfis vasculaires euxmêmes, et elles seraient tout à fait indépendantes du système nerveux. U convient de faire remarquer que M. Cyon ne parait tenir aucun compte de la possibilité d'actions réflexes, s'exerçant par la médiation des cellules nerveuses isolées on agminées, situées au voisinage des parois des vaisseaux ou dans l'épaissenr des parois.
C. DittiiMr fB«rielile der Kôo-uld». GeiellKhaft d. WifMDteh., Math. — Phvs. CltSM, 1873). I E. Ctob. Hffmtmmgen vnd Erregungcn im Centfulêyêtem der Gefûunerven (Bail. d. Petorib. . XVI, p. «7-117. — Mél. bio]., VII, p. 757-796. — Anal, in Centralblatt..., 1871, p. 407).
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mentionner, cette partie de l'encéphale renferme encoreim centre respiratoire, un centre cardiaque, c'est-à-dire le centre d'action des nerfs vagues sur le cœur. On y trouve le centre nerveux de certaines actions réflexes d'ensemble, à savoir : de la toux, de Téternument, du vomissement. On peut y reconnaître le centre, ou du moins le centre principal, de la plupart des convulsions généralisées, c'est--àdire de celles de l'hystérie, de Tépilepsie, etc. Le bulbe rachidien contiendrait encore, suivant certains auteurs, un centre excito-calorifique, un centre modérateur de la sécrétion sudorale (1), et sans doute aussi un centre excitateur de cette sécrétion. Rnfîn on a môme voulu y placer un centre modérateur des actions réflexes. Vous savez que je fais allusion dans ce moment à l'hypothèse émise par M. Setschenow. D'après lui, on trouverait dans les parties de l'encéphale situées en avant du bulbe rachidien, et plus spécialement dans la partie inféro-postérieure de la protubérance, un centre auquel serait dévolue une action modératrice sur la réflectivité de la moelle allongée et de la moelle épinière. J'ai essayé de prouver ailleurs (2) que l'existence de ce centre était tout à fait contestable. Quant aux centres excitateurs que l'on a placés dans l'isthme de l'encéphale et dans le bulbe, ce n'est pas ici le lieu de discuter la question de leur réalité. La facilité avec laquelle on admet sans cesse de nouveaux centres dans cette région de l'encéphale, montre que l'on n'a qu'une idée inexacte
(1) H. Immermann, Hhewnaiismut acutus mit terminaler Hyperpffrexk (Dditschcf ArchiT f. ktin. Med., 1873, XH, p. 173-181. ^ Anal, iji GeotnUblatt..., 1874, p. 15).
(2) Uçon$ turlapkyitotogie générale et comparée du syitème nerveux^ p. 438. — Voy. anni : Phy$toiogie de la moelle épmOre (Dictîonn. enqfdopéd. des leirnces médic, 2* série, t. Vlll, p. 481).