INFLUENCE DE LA DOULBUB SUR LA CHALEUH. 3M
dire quelques naots. D'abord, les dooleors intenses ont disparu d'ordinaire à ce moment. D'autre part, la douleur, comme le fait voir l'expérimentation, ne donne pas lieu à une élévation de la température intérieure. Elle provoque plutôt un abaissement de cette température.
M. CI. Bernard, dans ses Leçons sur la chaleur (1), rappelle qu'il a fait connaître, il y a déjà longtemps, des expé« riences qui démontrent l'exactitude de cette proposition. Voici l'une de ces expériences. Ayant introduit un ther«* momètre dans la carotide d'un chien, il mit à découvert un rameau du plexus cervical et en électrisale bout central, n y eut de la douleur, de l'agitation ; sous cette influence, la température monta d'abord, puis baissa définitive*ment (2). Cette expérience parait assurément très-probante. Elle l'eût été davantage, si elle avait été faite sur un animal curarisé et ayant les nerfs vagues coupés, de façon à empêcher l'influence de l'agitation de l'animal et celle des modifications des mouvements du cœur. Bien que, théoriquement, cette agitation puisse être considérée comme une cause d'élévation de la température intérieure, cependant on peut dire que cela n'est pas prouvé. M. Cl. Bernard cite une autre expérience dans laquelle il a constaté un abaissement de température dans l'oreille d'un lapin non curarisé, sur lequel il électrisait le bout central du nerf auriculaire du plexus cervical du côté correspondant. Hais ici, il ne s'agit plus de la température centrale. Les vaisseaux de l'oreille se resserrent sous l'influence de Vex^ citation du bout central du nerf électrisé, comme ils se seraient resserrés sous TinQuence de la faradisation du
(i) IM. cit., p. 1334.
(2) Cl. Bernard, le^m$ $ur Us liquide» de F organisme ^ t. I, p. 155.
bout central du nerf sciatique, ou de tout autre nerf jsensitif ou mixte : mais cela ne donne pas un indice certain pour les modifications que peut éprouver la température intérieure dans ce cas. D ailleurs, la constriction des vaisseaux de Toreille, produite sur le lapin par la faradisation du bout central du nerf cervico-auriculaire, ne dure que quelques instants, et elle fait bientôt place à une forte dilatation vasculaire, avec élévation de la température.
M. Mantegazza (1) a publié, en 1866, des expériences tendant à prouver que la température intérieure diminue sous rinfluence de la douleur. Pour cela, il prenait la température rectale sur des animaux (lapins, chiens) chez lesquels il électrisait ou il écrasait un nerf sensitif, le nerf sciatique, par exemple; et il constatait que cette température baissait, au bout de quelques minutes, pendant qu'il excitait ce nerf. M. Heidenhain pense que le rectum n'est pas un endroit très-bien choisi pour ces sortes d'ex* périences, parce qu'il peut s'y produire des variations de température, suivant la quantité de matières fécales qui s'y trouvent contenues, et suivant qu'il y a ou non des contractions de l'intestin. C'est au moins ce qui résulterait des expériences de M. Korner (2). J'ajoute qu'il faudrait s'assurer directement si, sous l'influence des excitations douloureuses faites sur un nerf quelconque, et surtout sur le nerf sciatique, les vaisseaux de la membrane muqueuse du rectum ne se resserrent pas.
C'est, en tout cas, ce qui arrive pour les vaisseaux de
(1) Maotegana, Deiia atione dei dolort iuiia cahrificaiione et ni tmoii delcuore,
(2) H. Kôrner, Beiîrâge tur TemperaturiopograpMe deê TKkrkÔrperê* Brariav, 1871. (aution de M. HeidenhaiD.)