INFLUENCE DE LA DOULEUR SUR LA CHALEUR
la laogue, comme je l'ai vu à diverses reprises, même sut des animaux curarisés (1). Or, n'est-ce pas par cette contraction vasculaire qu'il faut expliquer les résultats des expériences faites par M. Mantegazza sur lui-même, et dans lesquelles il a vu le (hermomètre, placé sous sa langue, marquer un léger abaissement de température^ lorsqu'il se soumettait à une vive douleur.
M. Heidenhain a fait aussi des recherches sur le même sujet. Les expériences ont été pratiquées sur des ani-maux curarisés (chiens, pour la plupart des expériences), chez lesquels Tbématose pulmonaire était entretenue par la respiration artiQcielle (2). On n'a pas à craindre ainsi Tinfluence possible de l'agitation causée par la douleur; les animaux cependant conservent encore leur sensibilité, comme le démontrent les troubles de la circulation cardiaque et l'augmentation de la pression sanguine intraartérielle sous l'influence des excitations douloureuses. De plus, les nerfs vago-sympathiques étaient coupés, de façon à empêcher l'influence réflexe de la moelle allongée sur le cœur. Or, M. Heidenhain a constaté, chez les animaux curarisés, un abaissement de la température, lorsqu'il éleC'trisait un nerf sensitif ou qu'il le soumettait à des excita* lions mécaniques. Le thermomètre était introduit soit dans le ventricule gauche ou l'aorte, soit dans la veine cave ; et Ton avait soin de ne pas l'enfoncer trop ni trop peu dans cette veine, pour ne pas le mettre directement en rapport avec le sang de la veine sus-hépatique ou avec celui des
\2) Ueideohain, Ueber bùher unbeachtete Einwirkungen de» Nervensy* items auf die Kôrpertemperatur vnd den Kreùlauf (Pflûger's Archif, 1870, p. 504-565). — R* Heidenhain el Leopold Landau, Emeute Beobachtungen ûher den Einfluss des vasomotorischen Nervensystems auf den KreUiauf und die Kôrpertemperatur {fùû^tf 9 Arehi^, 1871-72 p. 77-114).
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veines lombaires. L'abaissement de température se produisait rapidement, soit dans le sang artériel, soit dans le sang veineux, et atteignait parfois O'',.^ à 1* C. Un abaissement analogue avait lieu aussi sous rinfluence de la suspension de la respiration. Il y avait, dans l'un ou l'autre cas, une augmentation concomitante de la pression sanguine.
L'abaissement de la température intérieure, sous l'influence des excitations douloureuses doit seule nous préoccuper. M. Heidenbain attribue ce phénomène à l'accélération de la circulation dans les gros vaisseaux , sans pouvoir expliquer, toutefois, comment cet abaissement de température peut se produire, alors que les artérioles se resserrent dans la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, et que, par œnséquent, les causes de déperdition de calorique sont moins actives que dans l'état normal.
Les rechercbes de M. Heidenbain ont été soumises à uo examen critique détaillé par M. Riegel (1). Ce pbysiolo* giste a combattu la plupart des assertions de H. Heidenbain, et il met en doute même la constance de l'abaissement de la température centrale, sous l'influence de l'irritation d'un nerf sensitif. Du moins, il a constaté des résultats très-variables, dans ses propres expériences.
En réalité, il s*agit là d'investigations de la plus grande difficulté, dans lesquelles tant de causes d'erreur peuvent s'introduire, que l'on est naturellement porté à n'en accueillir les résultats qu'avec la plus grande défiance. La ligature des animaux sur le dos, la trachéotomie, TactioD
(1) Frani Wegely Ueber den Ein/îuss der Nervensystenu ouf den Krtùhmf wid die Kôrpertemperatur (Pflûger't Archi?, 1871, p. 350-435). Voy. § UI, Ueber dée Betùhmgen det Nervensystenu zum Kreùhuf wid mr Kôrpertemperalur. — Et, Ueber die Betiehung der Gefûtsnerven tiir DrperUa^ raiur (Pflûger*! ArchW, 1871-72, p. A01-A5A).