‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 43 sur 88 · DE LA CALORIFICATION APRÈS LA MORT · texte numérisé non relu

DE LA CALORIFICATION APRÈS LA MORT

dans le rectum n'accuse qu'une élévation de température de quelques dixièmes de degré, au moment où elle a atteint son maximum ; rarement elle va jusqu'à un degré.

L'élévation post mortem de la température intérieure du corps a été constatée non-seulement chez Thomme, dans certains cas, mais encore chez les animaux placés dans des conditions expérimentales particulières. Ainsi Obernier a vu ce phénomène se produire chez des animaux exposés à une chaleur extérieure de AO* à &!'' C, et chez lesquels la mort était survenue, lorsque leur température rectale s'était élevée entre &&* et iS"" C. L'élévation de la température, après la mort, n'a été que de quelques dixièmes de degré (1). Elle a été plus considérable dans les expériences de Walther. Cet expérimentateur, ayant exposé directement à la chaleur du soleil des lapins garrottés, a observé que la mort avait lieu, lorsque la température rectale s'était élevée à près de &6'' C. Cette température s'éleva encore, après la mort, jusqu'à 50"* C (2).

La cause de c/Q\\jdé\és^\xQn post mortem de la température centrale du corps n'est pas facile à démêler. Il faut se rappeler que la mort de l'individu précède de beaucoup la mort des éléments anatomiques, qui composent ses tissus. Ceux-ci vivent encore, alors que la circulation et la respiration ont entièrement cessé. S'ils vivent, c'est que les actes de la nutrition intime continuent à s'y effectuer, et, par conséquent, il s'y manifeste encore des phénomènes de combustion intime. Il n'y a donc pasd'impossibilité radicale à admettre qu'il se produit de la chaleur après la mort, dans les différents tissus, pendant

(1) WuDderlicli, hc, cit., p. 133.

(2) Wallher (CentralblaU., 1867, p. 391). — Voir aussi : Wundrrlich,

le temps où la vie des éléments anatomiques y cooswve encore une certaine énergie. Si les phénomènes physicochimiques, qui sont la source principale de la chaleur animale, s'opéraient avec une activité anormale dans la substance organisée des différents tissus, avant la mort, leur élan, pour ainsi dire, ne s*arrète pas brusquement au moment du dernier soupir. Une assez grande quantité de calorique se trouve produite encore, dans les premiers instants qui suivent la mort.

D'ailleurs, l'augmentation de la chaleur, du corps, observée dans certains cas, après la mort, ne résulte pas seulement de la persistance des phénomènes qui se passaient au moment de l'agonie : une autre cause in- . tervient; c'est la diminution du refroidissement que subit sans cesse, pendant la vie, le sang qui sort des .viscères, par son mélange avec celui qui est ramené, soit de la peau des diverses parties du corps, soit même des organes respiratoires. En effet, la réfrigération par contact avec l'air ambiant, le rayonnement du calorique à la surface du corps, continuent bien à se faire, l'évaporation qui a lieu aussi sur cette surface ne cesse pas complètement tout aussitôt après la mon ; mais ces causes de refroidissement n'agissent plus que sur place, puisque la circulation n'a plus lieu. Daus les quelques minutes qui suivent la mort, les vaisseaux reviennent, il est vrai, sur eux-mêmes, et forcent ainsi une grande partie du sang qu'ils contiennent à se diriger v^rs les gros troncs veineux des cavités thoracique et abdominale. 11 y a là, par conséquent, une cause de refroidissement pour le sang de ces veines; mais on conçoit bien que la réfrigération se localise là, par suite de l'arrêt du cœur; elle n'a aucune influence sur la température profonde des

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