‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 47 sur 88 · INFLUËMGE DUS NEBFS SUR LA NUTRITION DES MUSCLES · texte numérisé non relu

INFLUËMGE DUS NEBFS SUR LA NUTRITION DES MUSCLES

tation de ces cordons, due à cette lésion ; Tautre, qui les attribue à la suppression d'une influence exercée par les centres nerveux sur la nutrition des muscles. Voyons d'abord si la première de ces deux hypothèses est acceptable.

Ici encore, on pourrait être tenté de mettre en cause l'appareil vaso-moteur. On pourrait supposer que les altérations musculaires sont dues, non à une paralysie^ mais à une irritation des fibres vaso-motrices destinées aux muscles et contenues dans les nerfs coupés. Cette irritatiouy dirait-on , provoque un resserrement des vaisseaux des muscles animés par ces nerfs; ce resserrement diminue l'irrigation sanguine dans ces organes, affaiblit l'activité de la nutrition intime, et entraîne comme conséquence la production d'altérations musculaires. Mais l'irritation des fibres vaso-motrices destinées aux muscles qui subissent une altération dans ces conditions, pourrait-elle déterminer une constriction vasculaire suffisante pour déterminer de tels effets? Aucun fait n'autorise à l'admettre. Au contraire, l'examen direct de l'état des vaisseaux musculaires, pendant que Ton excite les fibres vaso-motrices qui les innervent, démontre qu'il ne peut en être ainsi. Tous les physiologistes qui ont électrisé des nerfs, en examinant les muscles auxquels ils se rendent, savent combien est faible le changement de coloration du tissu musculaire pendant l'électrisation. La constriction des vaisseaux superficiels des muscles est alors si peu marquée, le tissu musculaire pftlit souvent si peu, que certains expérimentateurs ont pu avancer — à tort du reste — que les ner£s vasculaires des muscles ne faisaient pas resserrer les vaisseaux de ces organes. J'ai soumis plusieurs fois, sur des chiens, le bout périphérique d'un nerf sciatique qui venait d'être coupé, à

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raction de couranU induits iDtermiUents 4'uae extrèaie énergie, après avoir u(i.is à nu les muscles/ soit de ia région jam^ère posté^ie^re^ soit de H région j^mbièrQ mitéro-externe, e^ )a modification de ^ipte de ces muscles, très-réelle, que j'ai ainsi obtenue, était, en général, très* peu Hccusée.

D'ailleurs^ quand même on voydrHit Péciiser ces preuTU ezpéri mentales, ep disant que V^oit^iticyu dçsnerfe, k Taide de l électricité, ne i^eut pas être assiniilée à rirrita^îon inflammatoire que peut provoquer dans les nerfs 1« section qi^'ils wX subie, il ne faudrait paa perdre de ^ue les arguments que nous avons opposés k l'hypo^èse qui ^ribuerait à la paralysie das fibres yasp-juotrices les «Itératiens des muscles, survenant k la suite de oette se^U^o des nerfs.

Ces arguments peuvent être invoqués aussi cooUe la supposition dont uqim examinons en ce miOBieiit la valeur. Il est clair que le nombre de fi^MTea ^aie^motrices irriléea par la section du nerf finoial est trèardifféreot» suivant que la section du nerf est faite hors dtt er4ne» ou dans le bulbe racbidien. L'atrophie des muscles de la Gaee devrait donc être et plus comfdète et plus rapide, lorsque la section du nerf est. pratiquée au niveau du «assétar, que lorsqu'elle est faite dans le bulbe rachidiea lui-Bièaae. Comme il n'en est rien, comme les choses se pasieiil akacr* lument de la même fiaçon dans lua et Tautrecas, en peyf en déduire que Tirritation des nerfe vaso-motei»a n*e^ pas la causa de l'atrophie musculai^ observée dus les muscles de la face, un certain temps apiès k sectioa dhi nerf facial. Nos expériences sur kea nerf» de la lugoe pourraient être citées aussi peuar prouver quele travail akv^ pl)i([ue, qui s effeclue dans |ss naasclea dent ka nerb

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cou]iéftt b'^ PAâ d^ ^ rirritalkm des fibres vaso-motrices coolenaea dans ces nerfs. L'hypothèse qui chercherait à expliquer ainsi les altérations des muscles, constatées dans ces condHiow» serait donc renversée par ces objections.

Si l'irritation des fibres vaso-motrices, coupées dans les nerfs que l'on sectionne, n'est pas la cause du travail atro • phiqu» dont les muscles animés par ces neris deviennent le siège, il peut se faire que ce travail morbide soit provoqué par l'irrilalioQ des autres fibres de ces nerfiu Cette irritation, se propageant jusqu'aux musclesi y ^[igendrerait un état irritatif du «âme genre^ et, par suite, les modi* fications de structure dont nous avons indiqué les phaies successives.

Cette interprétation a pour point de départ une byp(H thèse qui doit être tout d'abord discutée. La sectien de» nerfs détermîne-t^lle une irritation de leurs fibres nerleuses) Nous svoaa dit dans la leçon précédente que^ sui-* YWt nous», les altérations esseotieUes de ces fibres, e'eslà«dire eelles que subissent la gatne de myéline et le eylindre-axe, sont de nature atroj^iqne. Les autres modificatioBs : le gonflement et la multiptioatfon des noyaux du névrilème^ Vhyperpha&ie du tisau oeonectif du nerf, sont sflcoiBdaires. Il est bien difficile de ne pas les eonsi* déier,^ ea partie du moinsi comme les résultats d^un tfarvail merhide de nature irritative ; mais, elles ne sont pis provo^néee direotement par la lésion du nerf;, eUea n'ea son! (pt'une conséquence indirecte, car le travail ivritatift auquel ^es. s(Hit dues, a {Hrobablement pour cause Vatro^ pbie même da eylindre aiile et de la gatne de myéhmet atrqpbie qui transforme cea partiea de eha^se tube oer* veox «ideaoerps étrangers irritanla^ faî dit ailleurs qjM eea modifieatioQs peuiteattottir aussi au tiavaU de régéoé^

3/iU VINGT-DEUXIÈME USÇOH.

ration qui commence à s'efiTectuer dans le bout périphérique du nerf, très-peu de temps après la section subie par ce nerf.

Ainsi donc, et en tout cas, on ne peut pas admettre que le travail morbide, dont les muscles deviennent le siège lorsque les nerfs qui les animent sont coupés, soit provoqué et entretenu par une irritation des parties fondamentales de ces nerfs. Une pareille irritation cesserait d'ailleurs bientôt de pouvoir être transmise aux musdes, car Tatropbie du cylindre-axe des tubes nerveux prive bientôt ces éléments anatomiques de toute conductibilité. 11 ne saurait donc être question que d'une propagation de proche en proche, jusqu'aux muscles, du travail irritalif qui modiCe les noyaux des gatnes de Sehwann et le tissu couuectif du nerf. Et, pour que Ton puisse prétendre que c'est à cette propagation que sont dues les altérations des muscles, observées après la section des nerfs qui animent ces organes, il faut encore que ces altérations musculaires soient incontestablement de nature irritative. Or, je répéterai pour les muscles ce que je viens de dire pour les nerfs : les modifications subies alors par les muscles ne présentent les caractères de résultats d'un travail irritatif que pour ce qui concerne le périmysium interne , le tissu connectif interstitiel et les noyaux du sarcolemme. Les lésions essentielles, celles des faisceaux musculaires primitifs striés, ne sont, au contraire, que des modificatioDs atropbiques. Le retrait progressif de ces faisceaux, sans changement profond de leur constitution et de leurs ca« ractères histologiques fondamentaux, ne me parait pouvoir indiquer qu'un affaiblissement de l'activité de leur nutrition intime. La multiplication plus ou moins prononcée des noyaux du sarcolemme, Thyperplasie du périmysium m-

terne, sont vraisemblablement déterminées d'une façon indirecte.

Le contact de la substance musculaire proprement dito^ en état de souffrance atropbique, avec les gatnes de sar-' colemme, et médiateraent avec le tissu interstitiel, est probablement une cause d'irritation pour ces gatnes et Cf! tissu; mais, en outre, il se produit, sans doute, dans les éléments cellulaires des faisceaux primitifs et dans ceux du périmysium et du tissu conjonctif interstitiel, une excitation formatrice, une tendance régénératrice, qui donne naissance à une multiplication de ces éléments, dès que les éléments essentiels du tissu musculaire, c'est-à-diro les faisceaux de substance striée, tendent à disparaître par atrophie.

L'étude des altérations que subissent les muscles dont les nerfs sont coupés nous amène donc à conclure que les modifications des faisceaux primitifs sont réellement de nature atropbique, et qu'elles n'ont pas pour cause une propagation d'irritation des nerfs aux muscles.

Pour être en droit de combattre cette conclusion, il faudrait prouver qu'une irritation franchement inflammatoire d'un nerf peut donner lieu à des altérations musculaires, sans produire tout d'abord une atrophie des fibres de toute la partie du nerf qui s'étend depuis le siège de Tinflammation jusqu'aux muscles. Il faudrait tout au moins établir que, dans un cas de ce genre, les modifications du nerf et celles du muscle ont des caractères particuliers, comme intensité et rapidité du travail irritatif. Or, il n'y a pas un seul fait clinique ou expérimental qui parle dans ce sens. Dans presque tt)us les faits de névrite traumatique ou spontanée, observés chez l'homme , Texamen bistologique des nerfs et des muscles n'a pas été fait, et l'on en est ré*

3ft2 TlNGT*DEUniHE LIÇM.

doit, il &ut bien te dire, à des tues totit à fait hypothé* tiques ^sur la plupart des points de l'histoire de cette aflfection des nerfii. Les seuls cas de névrite évidente, dans lesquels on ait fait un examen méthodique de ces cordons, sont ceux de névrite interstitielle*, observée à la suite de lésions cérébrales^ dans les muscles du cAté paralysé, par H Charcot et par d'autres patbologistes. J'ai eu ToccasioD de voir un bon nombre de ces faits, et je n'ai jamais constaté que cette sorte de névrite, qui donne lieu à un épaississement oonsidérable du tissu oircum-fasciculaire et inte^ fbsciculaire des nerfe, sans détruire les tubes nerveux, ait déterminé des altérations spéciales, comme forme ou comme rapidité, des muscles correspondants* Chez les animaux, les essais que différents expérimentateurs ont tentés, pour produire une névrite véritable, sont restés à peu près complètement infructueux. Les tentatives nombreuses que j'ai faites n'ont pas eu plus de succès. Je n'ai jamais pa provoquer ainsi dans un nerf un travail morbide différent, comme caractères histologiques, de celui qui se produit à h suite d^une simple section. J*ai piqué, écrasé, contondu, cautérisé, de diverses façons, des nerfe, et les résultats ont été sensiblement les mêmes que lorsque ces mêmes nerfs étaient coupés. J'avais espéré surtout réussir à déterminer une névrite, en cautérisant des nerfs à l'aide d'agents chimiques. J'ai touché des ner& avec de la potasse caustique ; ou bien je les ai transpercés avec uneaiguQle à microscope, chargée soit d'acide acétique cristallisable, soit d'ammoniaque, soit d'huile essentielle de moutarde. Mais, dans tous ces cas, il n'est pas jusqu^aux eflets immédiats de la cautérisation, qui n'aient été quelquefois semblables à ceux de la section des nerfs. Ainsi, lorsque je cautérisais, par l'un de ces procédés, le nerf sciatique d'un lapin ou

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d'Ut) cobaife, le iûdbibM pôistériêUr correspondant était pré5()M aussitôt paralysé) et la paralysie était durable. De ttiê'ftté, quand je transperçais le nerf vago-sympathiquêi sur nn ehieil, avec une aiguille chargée d'une gouttelette d*aefdé àeétique, il y avait immédiatement rétraction du globe oculairé> Isàillie de dedans en dehors de la membrane nictîtante, et resserrement considérable de la pupille ; Toreille dû côté teorrespondant otfrait une augmelîtatiott très-évidetite de teinpéralure, el6. Il y avait, en un mot , tous lés effet* qu'aurait produits là setilion dtt n&rf que j'hvais Cautérisé. M. Ranvier a cherché à expli* quef ce résultai Immédiat de ces sortes d'expériences: suivant lui, le liquide causlicjue introduit dans le nerl pourrait arriver facilement jusqu'au cylindre-axe des fibres nerveuses, à cause de l'interruption que présente la gaîne do myéline, au niveau de chaque étranglement annulaire de ces fibres. Les cylitidres-axes, altérés par ce contact, cesseraient tout aussitôt de triatlsniettre aut organes animés par le nerf cautérisé l'influence des centres nerveux : de là, la paralysie de ces organes.

Si Ton examine, au boUt dô plusieurs jours, le bout périphérique des nerfs cautérisés, on le trouve dans le mëtne état d'altération que si ces nerfs avaient été tout simplement coupés : les noyaux ne sont pas plus nombreux que dans ce dernier cas , le tissu interstitiel n'a pas subi une hyperplasie plus active. Quant aux muscles animés par ces nerfs, ils se sont modifiés aussi de la môme façon que sous l'influence d'une section nerveuse.

Nous devons même dire que, s'il y a, dans les expériences, une diO^érence entre les altérations musculaires produites par des lésions irritativcs des nerfs et celles que détermine la simple section de ces cordons, c'est dans ce

S^f/i VIHGT-DBUXIÈMB LEÇON.

dernier cas que l'on observe les modifications les pins prononcées et les plus rapides. C'est, du moins, ce que j'ai constaté, en comparant les altérations des muscles, survenues à la suite de cautérisations, de contusions, d'écrasement, de piqûres des nerfs, à celles qui avaient lieu comme conséquences de sections nerveuses. Dans les cas de lésions pratiquées avec l'intention de déterminer de Firntation des nerfe, le degré des altérations musculaires m'a paru bien plus en rapport avec le nombre des tubes nerveux qui avaient subi une solution de continuité, soit aa moment de l'opération , soit au bout de quelques jours sous l'influence du travail inflammatoire local, qu'avec l'action plus ou moins irritative du procédé employé.

Puisque les altérations musculaires, produites par la section et les autres lésions des nerfs, ne peuvent être attribuées ni à l'inertie fonctionnelle qui résulte de ces lésions, ni aux troubles vaso-moteurs qu'elles peuvent déterminer, ni enfin à Tirritation de la partie des nerfs située entre le point où siéent ces lésions et les muscles, il fiiut bien admettre que ces altérations ont pour cause la suppression d'une influence qui, provenant des centres nerveux, agit d'une façon incessante sur la nutrition intime du tissu musculaire, et la maintient au degré d'activité nécessaire pour que ce tissu conserve tous ses caractères histologiques normaux. Cette influence, dont l'action porte d'abord sur les nerfs moteurs, et qui s'exerce par leur intermédiaire sur les muscles, a pour foyer la substance grise de la moelle épinière, comme Waller l'avait admis. L'atrophie constatée dans le nerf facial et dans les muscles faciaux, à la suite des lésions expérimentales faites sur le plancher du quatrième ventricule, au voisinage du noyau d'origine de

DLCÉRAT. ET BSGHARE8 PAR SUITE DE LtiSIONS NERVEUSES. S&5

ce nerr, montre déjà que c*est de ce noyau de substance grise qu'émane l'influence tropbique, qui maintient au degré normal les phénomènes de la nutritipn intime dans les nerfs et les muscles de la face. Une preuve plus nette encore, et qui permet d'attribuer cette influence trophique aux cellules nerveuses des noyaux d'origine des nerfs moteurs» nous est fournie, ainsi que nous le verrons, par l'étude de l'anatomie pathologique des atrophies musculaires liées à des lésions de la moelle épinière et du bulbe rachidien.

Mais, avant d'aborder ce sujet, je dois vous dire quelques mots des altérations de nutrition qui peuvent se produire dans les autres tissus des parties, dont les nerfs ont été soumis à des lésions diverses : section, contusion, ligatures, cautérisations, etc. Ces altérations ne sont pas constantes comme celles des nerfs et des muscles; lorsqu'elles ont lieu, elles sont plus ou moins prononcées : elles n'en sont pas moins intéressantes à étudier à Faide de l'expérimentation, non-seulement parce qu'elles fournissent des données à la physiologie générale, mais encore parce qu'elles peuvent être observées dans la clinique et qu'il est important d'en connaître la signification. Je par* lerai d'abord des altérations que Von constate souvent dans les divers tissus d'un de« membres postérieurs, après la section du nerf sciatique correspondant. L'extrémité de ce membre, on le sait, devient le siège d'une congestion assez intense, que l'on peut reconnaître, comme je vous l'ai dit, sur la pulpe des orteils ou sur la peau qui les relie les uns aux autres, chez les chiens qui n'ont pas une coloration foncée de ces parties, ou chez les cochons d'Inde et les rats : en môme temps, elle offre une augmentation notable de tem-

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pénUttra. De plus, ie pied, la jambe et mette Ut cume, peaTOotse tuméfier par suite d'une iofilUration oBdémateuse plus ou moina considérable, l'aurai plus tard à fooB dire quelques roots de Tifidème qui se développe dans ns conditions. Enfin on peut voir, sur certains points du pied et de la jambe^ se produire des ulcérations, des eschares, des pertes de substance plus ou moins considérables.

Ces ulcémtionb et ces eschares sont plus ou moins étendues et profondes : ranimai peut perdre nn ou plusîean orteils, ou même des parties plus ou moins étendues du pied.

On connaît ces lésions depuis déjà fort longtemps. M. Brown^Séquard en a fait une étude particulière, et il a montré qu'elles ne se produisent, à la suite de la section du nerf sciatique, qu'à la condition que l'animal appuie son membre paralysé sur un sol résistant.

Voici deux cochons d'Inde : l'un d'eux a subi la section du sciatique d'un côté ; l'autre, la section du sciatique et du crural d'un mémo membre. Le premier de ces animaux a perdu les deux orteils externes et n'a plus, par conséquent, qu'un orteil du côté correspondant au nerf coupé. Quant au second, il lui manque une partie du pied, tous les orteils sont tombés; il en est de mémo d'une partie des métatarsiens.

Voici un r*hion auquel on a coupé le nerf sciatique, il y a déjà lonp;temps : si vous examinez le membre poalérieor du côté où a eu lieu l'expérience, vous constatertt que les ongles sont tombés et qu'il y a des ulcérations sur la face dorsale des orteils; le pied est, en outre, considéra* blementtuDiéno. Quand cet animal marche, tes orteils da membre paralysé ne se redressent pns, de telle sorte que c'est leur face dorsale qui appuie sur le sol à chaque pas.

Chez les cochons d'Inde, la lésion est aggravée par une

ULCËRAT. BT ESCBASW FAR SCtTE M LÉmOffS NERVEUSES. 8(7

cîrooBttaticé ipéciale, c'est qu'il teur arrive souvent de rooger r^trémité du membre , devenue insensible par suite de la section du nerf sciatique. L'abolition de la sea-» sibilité peut être plus ou moins complète dans rexlrémité de ce membre. 6i ie nerf sciatique a été coupé au milieu de la cuisse, un dea orteils, l'interne, reste sensible, et niors, d'ordinaire I les deuK orteils externes sont seuls «ongés : si le tronc même du sciatique a été coupé près de Téchancrurd sciatique, ou si toute la partie supérieure de ce nerf a été arrachée avec ses racines, tous les orteils sont privés de sensibilité, et dans ce cas, non*«euIement ces orteitu, mais encore une partie du métatarse, peuvent être détruits, à la fois par le travail ulcératif et par les dents de TanimaU

M. Bfovvn-Séquùrd a montré que Tob peut empêcher les lésion!» de se produire, même chez les cochons d'Inde, en enveloppant d'ouate le membre paralysé et en mettant ranimai dans des bottes garnies de coton : dansées con* dittons, ce membre ne peut pas être rongé et il est protégé en même temps contre les effets de la pfession sur un sol dur et résistant.

Celle remarque de M. Brown-Séquard est importante ; elle montre que l'influence do la lésion nerveuse n'est pas aussi directe qu'on pourrait le penser tout d'abord, et que cette lésion ne Joue sads doute qu'un rôle de cause prédisposante.

Si nous lahsons de côté le cas particulier du cochon d'Inde, pour traiter la question d'une façon générale, nous voyons que deux des elTets de la section du nerf sciatique, sans compter la paralysie du mouvement du membre correspondant, ont surtout une grande influence sur la production des ulcérations et des eschares qui peuvent se

3ft8 VlffGT-DBUXlÂNE hÊÇOff.

former au niveau du pied et de la jambe : c'est, d*uiie part la dilatation des vaisseaux du membre, et, d'autre partait perte de la sensibilité.

La dilatation des vaisseaux, qui a lieu par suite de It section des fibres vaso-motrices comprises dans le nerf coupé, a certainement pour conséquence, dans ces conditions, un ralentissement du mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires et les veipules de Textrémité du membre. Ce ralentissement du courant .sanguin est dû, nonseulement à Télargissement des voies que doit parcourir, sous la même pression qu'auparavant, la même quantité de sang; mais encore à l'affaiblissement du tonus des petites artères, ce qui détermine nécessairement une diminution de la vis a tergo, par suite de laquelle le sang progresse dans les veines. Il doit donc y avoir un certain degré de stase relative dans les vaisseaux capillaires de ce membre, principalement vers ses extrémités; car c'est là surtout que, dans le cas supposé, c'est-à-dire après la seclion du nerf sciatique, les petites artérioles sont paralysées. Cet état de la circulation est incontestablement une cause prédisposante pour les arrêts du cours du sang, que pourront produire d'autres circonstances, et pour leslésioos qui peuvent en résulter.

L'abolition de la sensibilité dans l'extrémité du membre, du côté où le nerf sciatique a subi une section transversale, est aussi une condition prédisposante très-réelle pour ces lésions. L'animal ne sent plus le sol sur lequel il appuie le pied ; il n'est plus averti par aucune sensation de fourmillement, d'engourdissement, ni par aucune impression, des troubles circulatoires qui se produisent dans les points du pied qui appuient sur le sol : il n'est donc pas poussé à lever de temps en temps son membre à l'aide des mus-

ULCÉRÂT. ET ESCHABliS PAE SUITE DB LÉSIONS NERVEUSES. S&9

des de la cuisse qui ne sont pas paralysés, de façon è l'endre de nouveau libre la circulation dans les réseaux capillaires de la pulpe des orteils ou de leur face dorsale, si ces orteils se renversent dans la marche et la station sur les quatre membres.

G)mme la circulation, ainsi que nous venons de le dire, n*a plus son activité normale dans le membre paralysé, on conçoit que, dans les points de ce membre qui subiront, dans la marche ou l'attitude dressée, la pression la plus forte ou la plus prolongée , il pourra se produire un arrêt du cours du sang (1). Dès que cet arrêt du cours du sang aura lieu , la région ainsi privée d'irrigation sanguine, non-seulement tendra à se sphacéler, mais encore elle deviendra une sorte d'épine inflammatoire pour les r^ons environnantes. Une petite escbare, ou une petite ulcération, se formera dans le point où la circulation s'est arrêtée et où le sang se coagulera plus ou moins rapidement. Le travail inflammatoire, provoqué dans les parties circonvoisines par cette lésion, sera entretenu et aggravé par la pression du sol ; les vaisseaux, dilatés dans le foyer inflammatoire, seront bientôt aussi le siège de coagulations, dues à la gène circulatoire, qui a toujours lieu dans les parties enflammées, et à la pression à laquelle ces canaux sont soumis, lorsque l'animal est debout : les ulcérations s'agrandiront ainsi, ou bien de nouvelles plaques de sphacèle se formeront.

Il est important de bien se rendre compte du mécanisme de la production de ces ulcérations et de ces gangrènes plus ou moins étendues, qui se montrent au niveau de l'extrémité d'un des membres postérieurs, lorsque le nerf

(1) Cette infloeoce de raboUtton de la senaibiUté avait déjà été tignai^^ par M. Heole (A nul. génér., t. U, p. 248, note).

d50 VIHÛI^DfitJlUCaig UÇON.

seifttiqud oorrespondant est coupé, pire» %iie» suivuil teute ^faken^dance» c'est par ua mécunmd ieoibbbtoi et flooft l'influenee Ad coadîtioM aBàlcf^ueB qse ae knmA les plaques de ipkaeèki sur d^Mtras végîttDs éa corps, dans tous les cas où les relations ealre cas fé^pm» tt k systèna oerwBx cealral août inlarwptéea «M nttiiblin (1). Aux conditions dttit aMs «feaa parlé, Cuit-il joîadie te suppression da l'action eiereéa par las cantraa nerreas sar la nutrition des diTcrs tissus? Et dVihord^ teaoentfea oenMi eierceotr41» réellemeiil sur la uotritioa îolioie de la peaa, do tissu cetlulatre aoiKHCulaiié, etOi^ lœa iaiiiaaoa aaai maatfeste que celle qui ^ur ait dé^ohie^ relativeaieal àla notritioo intime ùm uerfe et des aiatclea? Noua ae pacédbiM paa de preawa qui poissenl étabUr d^uae {açoa rigoamae qu'il en est ainsi* Le fait observé par ffiltoa, lelalé far J. Pagetr et qu'on a sou veut cité, ae peutnoaafoarair aacoae

indiealioii précise à cet égard. H a'i^td^an caade fractoe de TexlFéinité iaférfeore du radius, avec eal offnat wê dispositio» telle que le nerf médian sa trouvait coasprâié. 11 s'était fonné de» ulcéralioBS de la peau d« peuce it des deux prenieni doigts de la naia. Ces utoéralioas, qui avaiei4t résisté à divers traitements, se guérissaisai profflptemenl quand la main, par ud appareil iq»pr(^.

section drs nerb. Je citerai comme eiemple une observation Uèt-ÎBténssaiU, recueillie par M. Heurtaux et publiée dans la tlièse de M. Ponon(*). Ott« ob^efratioft présente âKf pftf» nue parUeuIftrité' ivmvi^ttabte : e'eit la pi^>J>^ \km WdivA d'un r^nottissMeRl d» U mamUe» ém» wmcmàê untàam accMlsntcUe du nerf sciatique.

nrrfn (Tlu'»«o ioanirnrale, P«ri* 1873; u» 232, p. 40) — <ibi. I. — SeetUm eom/U e Hu mtrf »-mti<iue{du cùii gnwh*) ; CieatH$nhon itotée de§ dmx towf«; Pptmlyii* pcTtu/«n/#; A^n^^-* *" mtmbft {fUê tmtKita êurtQ%t)i (Jlfé^licm pm^fitamm m mtO'tm «w tùvmÊLém flmimm»" '^ métntnrsien»; — Hamolliiêinutu kUne ecnêécutif de la motli» épmiert; morl. (ObMrT»U«B ««■' innni<|n.>« pir M. P. ■•urtaïUt profiMamr è Iteol* à» uiéilcciac <»îf— %>•»)

MobiFIC. DliS TISiUS ^AH SUIT» M liSiOMS N£aVEUS£S. 35 1

était ramenée et maintenue en flexion sur l'atant^bras ; mais dka ae reproduiflaient cAïaque fais que le poignet^ livré à lui-même, pouvait sa mouvoir de nouveau eomme aupavatant (i).

Gb fliil n'a point une valeur démonalralive^ ear il est dair que la circulation dea doigls oà lea ulcérationa se formaient, lorsque le poignet était étendu sur ravaot^hraa, pouvait être gênée par la eompressîoa de Tartère radiale. Maia Tahs^ce de fiaita direetement démonstratifs ne doit pas nous conduire à nierrinfluencetrophiquedeseentres nerveux sur les divers tissus autres que les nerfs et les muscles. U est probable, tout «u cootiraire, qu'une influence de ce geqre s exerce aussi sur ces tissus : elle est certfiânement moips puissaAte,^ moina nécessaire ^e celle à laquelle est sounçtise la nutrition des nerfs et des muscles, mais sa suppression ^ ssm entraîner couime dans ces orgapes, des lésions coostante§ et considérables, favorise sans doute la production d'altérations^ histologiques diverses*

Chez rboiQu^e on a eu souvent l'ocçs^ou d*observer^ ù la suite de lésion des nçrfs^ des modiQcations de l'épais^ seur, de h coloyration et de l'aspect de la peau, des changement^ dans le nombre, la teinte et la grosseur des poiU^ dans la forme et l'état de la surface des ongles, dans l'activité de la sécrétion sv^Qf^le et la nature du liqujide se-. crété, etc. (2).

(1) BroWD-Séquiiiu}. ieçonê mut Uê. nerfs voêo^moUarê.,,, p. 73,

(2) Weir MitcheU, G. R. Mordiou^ et W. Ko^a^ GunsM Wounds (wJt other Ir^uriei of Nerves, PhiUdelphia, 1864, p. 77 et suiv. — S. Weir MitcheU. Des lisions des nerfs et de leurs conséquences. (Trad. françnise par IL n^i$tr«.) 1874y p. 167 «t vm. — . Moug^pi. Recherches sur qu^quu U*Quhles de nutrition consécutifs aux affections des nerfs. (Thèse inaugurale, Paris 1867), p. 26 et suiv. — Couyba. Des troubles trophiques consécutifs aux lésions Iraurnatiques de la^ moell{f et des ner/V (Tliè*§ inau^f., P4r>8 1371), p. 21 €t suiv.

352 VUfGT-DEUXIBIlB LEÇON.

Il résulte de cette discussion, que les modifications subies par la nutrition intime de différents organes, des muscles et de la peau, en particulier, lorsque les nerfs destinés à ces organes sont coupés, ne peuvent pas être considérées comme des conséquences directes de la paralysie des fibres vaso-motrices faisant partie des nerfs sectionnés. La section de ces nerfs qui, d'ailleurs, n'altdnt pas toutes les fibres innervant les vaisseaux de ces organes, crée seulement une prédisposition locale aux troubles de cette nutrition.

Les os eux-mêmes peuvent présenter des lésions, à la suite de la section des nerfs qui leur fournissent des rameaux nerveux. Tantôt ils deviennent plus légers, ainsi que Ta vu M. Mantegazza pour les os des membres, après la section des principaux nerfs de ces membres ; ils sont alors aussi plus fragiles, par suite de la raréfaction du tissu osseux : tantôt, au contraire, il se produit des lésions hypertrophiques, et les os deviennent plus épais, plus gros; le tissu spongieux devient plus dense.

M. Scbiff a entrepris, le premier, des recbercbes suivies sur ces altérations des os (4). Il a montré que si Ton coupe le sciatique et le crural sur un jeune animal, et qu*on le laisse vivre deux ou trois mois, les os s'altèrent et devien* nent généralement plus épais, en même temps quMl se produit du tissu osseux dans le canal diapbysaire. De plus, des ostéophytes peuvent se développer sur la surface des os de la jambe et du pied.

J'ai fait avec M. Philipeaux, il y a longtemps, des ex-

(i) M. SchUr. Rech^rehgi tur Fm/luênee des nerft sur h mUrUion éet «r. CompUt TOfidiin iIp I'A-M. de« •cieacot, 12 juin 1854, p. 1051.)

ALTÉUAllONS DMS OS PAR SUITK DE LÉSIONS NERVEUSES. 35!^

périences semblables à celles de M. Schiff, consistant à couper le sciatîque et le crural sur de jeunes chiens.

Voici les pièces provenant de Tune de ces expériences, et qui ont été conservées dans Talcool. Je les fais passer sous vos yeux. Vous pouvez comparer la jambe et le pied du côté sain aux mêmes parties du côté où les nerfs avaient été CQupés. On voit que le tibia du côté de la section nerveuse a un diamètre plus considérable que celui du côté sain : cette augmentation du diamètre de Tos est due à la production d'une couche assez épaisse et inégale d'os nouveau, qui s'est faite à la surtace de la diaphyse, surtout dans sa moitié inférieure. Les os du tarse offrent aussi, de ce côté, des couches osseuses nouvelles à leur surface, et il em est de même des os du métatarse. Le tissu spongieux des os du tarse présente des aréoles moins larges du côté de la section nerveuse que du côté sain.

J'ai revu depuis lors des altérations semblables, même sur des chiens adultes chez lesquels un seul des nerfs du membre inférieur, le nerf sciatique,* avait été coupé ; mais ces altérations étaient moins prononcées, et elles n'existaient d'ordinaire que dans les différents os du pied. Je vous fais passer aussi les os des deux pieds d'un chien, sur lequel on avait sectionné transversalement le nerf sciatique d'un côté. Vous retrouverez facilement les altérations dont je viens de vous parler, dans les os du pied du côté où le nerf avait été coupé.

J ai observé récemment un cas d'byperostose considérable du tibia, chez un chien dont le nerf sciatique correspondant avait été coupé. Cette hyperostose occupait seulement le tiers supérieur de Tos. Voici une rondelle obtenue à Taide de deux traits de scie pratiqués perpendiculairement à la direction de l'os, à un centimètre de distance Tun de

S5& YINGT-DEUXli»IS LEÇON.

l'autre î et |e vous présente eo uième tempa une roodeUe enlevée de la même façon sur la région correspondante du tibi{idttc6té opposé. Vous pouvez voir que Tos du G6té de ta section nerveuse avait acquis^ au niveau du point où U a été scié^ un volume double^ au moins, de celui de Tos du membre sain. Au lieu du Ubsu spongieux ononal que préseme a ce niveau Tos de ce deraiw memhra^ on trouve un imx k ànmi compacte» tant les aréoles j sont devenues petites^ par suite de Uau^mentation d'épaineur des trsbécules osseuses. On reconnaît rancimne lame da tissu compacte qui limitait Toa au mommt où le travail d'bjperostose a débute : elle est Fecouverte par une ooudie épaisse d'os nouveau un peu ommus compacte^ et qui n'a pas une surface très^irtéguliére. Le périoste^ à ce nivwa, était fortement gonflé (1^

On a voulu» comme pour les mfh et leamuades, «Krir buer les altérations o^^uses^ obwrvées' dans les menkbces dont les nerfs principaux sont cioupés^ à l'inertie foodioanelle et aux troubles circulatoires et nutritifs qui pewent résulter de l'immobilité de e^s membces.. Celto opinion a éte émise à une époqijie. oJt r%tt€«yti0o n'était pas foéft sur

(ijt Les affections dçs nerfs produisent parfois de Thypertrophie des parti» correspondajites •

Ainaift par exeinj^llURMI^^ia^^n^dilMiuieaa de fêtûftkt 4mmttt muàk^ laire supérieur gauche, une tuméfantion de l'os nasal ^ucbe survenir dès le débat de raffection (*). M. VV^eir Mit«hell rapporte un fait de blessure du plexus brtchialy à la suite de laquelle on constata un ëpaississemenà dii \km etitalife» sous-^utané du pouce» 4a riw^]^ ifk nt<Uv# M dn doa do U «MÛi C^ Qa a m aussi les tissus s'hypertrophier squs l'influence de néTralgies ; témoia las r» rapporta par M. Duval- et par M. Prindreiclt, dans lesqfuels une M<vii%te ••■•wbitaire rebella avait délensin^wie bnt^ctfiofhiy.da U lèvre anpérwan f**V

(•» CittUott à» IL n>Hqr» Am* êdêlquê 4» im ^«pkmiimm fkeimh, Ptri«, 1871, n* 480.

^> S. Wi'ir MikiMU* Am Uâiotu Oi» mmft U é» Uuftmuifmmem (Ind. p. 185.

ALTERATIONS DES OS t»AR SUm M LÉSIC^S NUHVËUSBS. d6&

Im fonctiom éé l'appareil ^aso^motrar, et où, par consé^ queDt , on m poovail pas parler de ht médttliôD possiMe de cet appareil àfarn cette action des lésions tierveiRies snr la mitrîtioo des oe. Od admettait seutemènt que, par sofHer de la paralysie da membre dotti les nerfs étatîe&t iteMion«» nés, la ciretilatioD capiHaire et tehieuse défait È'értibdT^ rasser, faute d'dtre soumise aux influences aij^orvairtes qtrf la favorisent dans le membre bemotogue du eôté sain (changements d'attitude, contraetion» msculaires, etc.). L'irrigation sanguine ne s'opérant plus^ comme dftûs^ Kétat normal, la nutrition intime qu'entretient cetfe ffrigatkm défait être en souffrance ; i! en étart de même de ta sorte d'excitation mifiante due au conflit des tissus atec le sang oxygéné (1).

Pour réfuter cette hypothèse, M. Schiff a compris qn'îî fallait étudier l'influence des lésions des nerfs sur les os*, dans des régions où ces lésions ne poufrafent pas produire^ d'immobiKfé paralytique. H a choisi très-mgéniensement l'os maxillaiie inférieur (ou plutôt les os maïiHarrear^ puisque les deux os, chez les anfamux soumisr k ces expé^riences, ne sont pas soudés comptétement Ton & Tautre, comme chez Tbomme). n a coupé le nerf matilttdre infé^' rieur sur déjeunes aniTDaux. Au bout de plusieurs semaines, il a trouté Kos^ maiiHaire mférieur, du côté de la section, augmenté d'épaisseur, offrant une couche épaisse, phis ou moins régulière, d'os nouveau à fa surface de^ Tos ancien*

(1> GaII» «ipltetioB ad pouvait ^tiApm» être ^rôpoiée'qim pO«r le^ rfMfft^ (ioMobienëetptr M. Scbiff cbM Itt «BiiUDuz adoUtt^ peadattt \m praaitf» mois qui suitent la section des nerfs des membres. U atait lu, dana ces condi» tioaty les ot s'amiiidr et dimiuiier d^ palds. Ce iTest'qlie pftu'fkrdr, im an dtf dii-lMiil noia aprèa ropérAtlon, que laa oi camnaBçakirt i rfhypertwiphii»» Chei lea Jeunes animaux^ au contraire, rbjpertropliie oiMiUft ait d4i& *W^ rente aa ttoot de quelques lemaUies. (Scbiff, foc. cit.)

356 VlNGT-DBUXliMIi LEÇON.

Or, il est clair que, dans de pareilles conditions, il ne pouvait être question d'inertie fonctionnelle pour Texplication des altérations osseuses. Bien que les os maxillaîies inférieurs ne soient pas soudés entièrement l'un à Tautre, ils sont cependant unis d'une façon si solide pendant la vie, que le mouvement a lieu comme s'il y avait un seul os. C'était donc à une autre cause qu'il fallait attribuer les altérations provoquées par celte section.

M. Schiff a supposé que ces altérations pouvaient dépendre de la section des fibres vaso-motrices contenues dans les nerfs coupés (sciatique, crural, maxillaire intérieur, etc.). S'il en était ainsi, ces altérations devraient être constantes, car il ne peut pas y avoir des anomalies telles du trajet des fibres vaso-motrices, qu'on puisse admettre que tantôt les nerfs sciatiques, ou les ner& maxillaires, en contiennent, et que tantôt ils n'en contiennent pas. Mais ces lésions sont loin d'être constantes, non-seulement dans leur degré, leur étendue, leur forme, nuiis même dans leur existence. La section du nerf sciatique est suivie quelquefois d'altérations des os du pied, je vous en ai montré un exemple ; dans d'autres cas, très-nombreux, les os demeurent sains ou à peu près sains. Lorsque le nerf sciatique et le nerf -crural sont coupés tous les deux, les altérations des os de la jambe et du pied s'observent plus souvent que dans le cas précédent, mais elles n'ont pourtant pas lieu constamment. Quand elles se produisent, elles sont plus ou moins prononcées, plus ou moins étendues ; il peut y avoir une diminution du poids des os, avec tissu spongieux à aréoles plus larges que dans l'état normal ; d'autres fois, c'est Tinverse que l'on constate, c'est-à-dire une augmentation du diamètre de l'te, des productioDs osseuses nouvelles, une condensation du tissu spongieux.

ALTÉRATIOfTS DES OS PAU SUITB D« LÉSIONS NERVEUSES. 557

Il ne semble donc pas qu'on puisse regarder ces altérations comme de simples conséquences de la paralysie des nerfs ▼aso-moteurs. D'autre part, je répéterai encore ici Fai^ument que j'ai déjà invoqué, c'est que si ces altérations des os étaient dues à la paralysie des nerfs vaso-moteurs, on devrait les observer, à un d^ré quelconque! dans les os de la face, et en particulier dans les os de la mftcboire inférieure, après l'excision du ganglion cervical supérieur. Aucun fait de ce genre n'a jamais été constaté, et M. Scbiff lui-même le fait remarquer.

Quand on examine avec attention les altérations des os des membres postérieurs, à la suite de la section, soit du nerf sciatique seul, soit du nerf sciatique et du nerf crural, on voit que celles de ces altérations qui sont les plus fréquentes, à savoir, la production de couches nouvelles à la surface des os, la condensation du tissu aréolaire des extré«mités diaphysaires, etc., se produisent en même temps que se montre un épaississement plus ou moins considérable du périoste, souvent avec congestion de cette membrane. Ces diverses altérations osseuses et périostiques paraissent bien être de nature irritative, subinflammatoire, et elles prennent naissance uniquement dans les cas où le pied et la jambe ont présenté soit des excoriations, soit des ulcérations, soit même des plaques de spbacèle, ou des infiltrations œdémateuses et suppuratives. Elles paraissent, en un mot, ne se développer que dans les cas où le membre est devenu le siège d'un travail inflammatoire plus ou moins prononcé. Ce travail inflammatoire reconnaît, pour cause habituelle, comme nous l'avons vu, l'influence irritative exercée par la pression et le frottement du pied sur le sol. C'est donc, en somme, cette influence pour ainsi dire traumatique, qui détermine indirectement

VSS nwrr-Nuxitae ugM,

}e9 aUéntioDS hyperplastiquei des as des membres dmt les nerfs principaux sent seotkHmés. La paralysie ^aso-motriœ ne eoDstftue, pour les os comme pour les autres tissas, qu'une oonditioQ prédiqK)8ai]te.

PMir les os maxiHatres, Tétat dans lequel on trouve l'os et le pérîosto, du e6té où Ton a sectionné le nerf maxillaire înfiérieur, prouve bien que les altérations de ces parties doivent être expliquées de la même façon que iselles des es des membres postérieurs, à la suite de la section du nerf seiatîque et du nerf crural, ou du nerf aeiatique seul. La cause traumatique pour le maxillaire inférieur ooDsiste peut-être uniquement dans la pression exeraée sur le périoste alvéole- dentaire et les alvéoles par les dents pendant l'acte de la mastication. Cette pression, qui ne donne lieu à aucun travail morbide dans Tétat normal, peut agir, et agit sans doute différemment, lorsque les vaisseaux de l'os et du périoste sont paralysés par la section des fibres vaso-motrices contenues dans le nerf maxillaire inférieur, et lorsque Tinfluence directe qu'exerce ce nerf sur la nutrition intime du tissu osseux et du tissu fériostique est supprimée par cette même lésion. Dans ces oonditions, la pression dont il s'agit peut provoquer probablement un état d'irritation sub-inflammatoire, qui se traduit par les altérations constatées dans Tes maxillaire et dans son périoste.

Nous n'avons pas épuisé ee sujet. D nous faut exanriner enoore d'autres cas d'altérations morbides consécutives à des lésion! des nerfs on des centres nerveux, cas dans lesquels on a cru aussi pouvoir attribuer un rêle important aux troubles vaso-^moteurs résultant de ces lésions* Ce l'ot^ de notre prochaine leçon.

VÏNGT-TRÔÏSÎÈME LEÇON

Troubles trophiqaêt de Tappàrell ècuUlre proâuiU par li section iotra-^cràtàeoat ém. wstf trijutoeift. ^ Btpérimesi do Mtgendto, Loostt, MM. SeMlT» SûM^n^ Q. Bernard « Smitaii, Eckbard. -« Opinion de M. Eberth. — Hypothèse de M. Meitsner. — Expérience de M. Samuel ; nerfs trophiques. — KMe des lieilS taso*nie(ettS4

Allinii»!» dm tissa des NîUy I In Mite de latectien des tterlli réaatti.

Lésions des poumons, conséentites à la section des nerfs pneumogastriques. — Hypothèse de llendelssobn. — Opinions de M. Traube, de M. Schilt* — Iftltee*ce dès ftèrft ^vtto-iftotèurs.

Bésnttats de 1« section du nerf spermatique. -^ Recherches de M« Obolenslcyi

Atrophie de la crête et des appendices jugulaires érectiles du coq et du dindon, à la suit» de la section des nerrs qui se tendent à ees paHies. «^ Ekpériences de M. Schilf, de Legroe. — Rèle des nerll reso-oMtenrs.

Infloence da grand sympathique «nr les phénomènes de la nutrition intime% -— Expériences de M. Brown-Séquli^d. ^ Atrophie du cerveau k la suite des lésioûs tfa grand «t^pattique»

Mal peiteant dm p&sd. ^ Usions des nerAi : MM. Poncet| Duplay et Morat.

Rôle de l'appareil nèrreux Taso-moteur dans la production des altérations trophiques qui le AanifestenC dans tes muscles à la suite des lésions des een* très «ému. «^ RésvKats «tpérimentans : recherchée de M. Pierrtt, de M. t^TOst, de M. Jo£hrey. — Faits cliniques. — Atrophie des muscles dans la myéiite aigné, dans Vhématomyiliè, dans la paralysie atrophique * Finflmàé^ dits là pâutii^ ûltophS^ éê Vàthdh^ dam Véîrtiphiè mmIcnAitre progreaive, dans la paraiysiê générnk ipûmie de Faduliê^ diAS li sciéroêe iymétrique des faisceaux îatét*aux, dans la paralysie labio^glosso lêi^Hgée^

lafliNBce des fronbtee de Tf nnemtioli laso-notréen tit In développemsnt des esdMves, dans les affections de la moelle épinière ou dans celles des diverses parties de l'encéphale.

Bdle dé rappateil netnniK vaso-IMIeuf déni la l^rodoMlM de la trofhmUl^irQH de la face.

Atrophies musculaires réflexes.

A la fin de la dernière leçon je vous ai montré un lapin rar lequel on avait pratiqua^ ra?ant-Teille, une sectiott intra^

t^60 YINGT-TROISIÊMB LEÇON.

crânienne du nerf trijumeau, du côté droit, au moyen de rinstrument de Longet. Je vous faisais remarquer Tinsensibilité si complète que présentaient tous les points de la face du côté opéré, chez cet animal; vous avez pu voir que non-seulement on pouvait presser entre les mors d'une pinc^ la peau de la joue, les lèvres, du côté droit, mais encore qu'on pouvait toucher la surface de la cornée de ce côté sans provoquer le moindre mouvement de clignement Vous avez constaté aussi, et c'est là le point sur lequel j'attirais surtout votre attention, que la cornée transparente, bien qu'il ne se fût pas écoulé quarante-huit heures depuis le moment de l'opération , offrait déjà un trouble notable. Le lendemain du jour où vous avez vu cet animal, le trouble de la cornée était encore plus apparent, la conjonctive était rouge et couverte de mucus opaque. Le surlendemain, la mort a eu lieu.

Voici l'encéphale de ce lapin ; il n'y a aucune lésion de la protubérance ou des pédoncules, et vous pouvez vous assurer, en examinant la base du crâne, que la section du nerf trijumeau avait été complète : le nerf avait été coupé en deçà du ganglion de Gasser, mais très-près de ce ganglion.

Je fais passer aussi sous vos yeux les poumons de ranimai : on peut y voir plusieurs taches ecchymotiques superficielles et des Ilots de congestion plus profonde. Vous verrez aussi quelques ecchymoses peu étendues dans la membrane muqueuse de l'estomac. Ce sont là des particularités intéressantes, mais sur lesquelles je n'insiste pas aujourd'hui, parce que je dois avoir bientôt l'occasion de vous en parler d'une façon toute spéciale.

Ce qui nous importe surtout en ce moment, c'est Tallération si rapide qui s'était produite dans la cornée de cet animal, et qui n'est que le premier de^^ré des modifications

ALTÉRATIONS DE L^OBIL APRÂS LA SBGTIOlf DU TRIJUMEAU. 3Gi

morbides dont l'œil devient le siège après la section du nerf trijumeau. C'est encore là évidemment le résultat d'un trouble profond de la nutrition, dû à une lésion d'un nerf; par conséquent, c'est un fait à rapprocher de ceux dont je vous ai entretenus dans les précédentes leçons; d'autant plus, que ces modifications morbides ont été attribuées aussi à l'atteinte subie par des fibres nerveuses vasomotrices. Je dois donc vous dire quelques mots de ces effets de la section intra-crânienne du nerf trijumeau, afin de rechercher jusqu'à quel point, dans ce cas, il est légitime de mettre en cause les fibres vaso-motrices.

Vous savez que c'est Magendie qui, le premier, a fait connaître les effets que produit sur l'œil la section du nerf trijumeau dans le crâne (1). 11 avait vu, chez le lapin, cette section déterminer, au bout de très-peu de temps, une opacité de la cornée, qui, déjà bien reconnaissable au bout de vingt-quatre heures dans certains cas, augmentait les jours suivants et était générale et complète après cinq à six jours. En même temps, dès le deuxième jour, la conjonctive était devenue rouge et sécrétait une matière purifonne abondante. L'iris s'enflammait à peu près à la même époque, et des fausses membranes couvraient sa surface antérieure. Vers le huitième jour, la cornée commençait à se ramollir, à se détacher de la sclérotique au niveau de sa circonférence, et à s'ulcérer dans sa partie centrale. Deux ou trois jours plus tard, l'œil se perforait et

(1) Magendie (Journal de physiologie expérimentale, t. IV, 1824, p. 176). La section intra-crânienne da nerf trijumeau avait déjà été pratiquée, sur des lapins, par Fodera, en 1822; et Herbert Mayo avait publié, la même année, un cas reman|uable, observé chez l'homme, cas dans lequel une lésion du nerf trijumeau gauche avait produit, en même temps qu'une insensibilité dans la moitié gauche de la face, une inflammation de Toeil et une ulcération de la cornée du même côté (Y. Longet, Traité de Physiologie, 3* édit., t. lU, p. 486).

3G2 TnmT-THOISlftlfB LVQOlf.

se tidftH : les hiimeatt de l\eîl, évacuées par celte peribratiOD, étaient troubles, ou même pariiellemeot opaques.

Les Ikits observés et publiés par Mafçendie ont été revus et confirmés par tous les physiologistes qui ont répété cette expérience. Ils ont constaté aussi, comme Magendie, que les altérations de Toofl se manifes^tent bien moins sûrement et moins rapidement, lorsque la section du trijumeau est faite entre le ganglion de Casser et la protubérance, que lorsqu'elle porte sur le nerf au delà de ce ganglion.

Longet fait remarquer pourtant que, chez les animaux qu'il a mis en expérience, le cristallin et Thumeur vitrée avaient conservé leur transparence (1).

Dans mes expërier.eis, j'ai reconnu aussi que la description donnée par Magendie est exacte. L'étude que j'ai faite de la cornée, dans les premiers jours qui suiveot Topération, m'a révélé un détail anatomo-pathologique qui n*avait pas été signalé : c'est que, chez le lapin, l'opacité de cette membrane est duc, en partie, au moins dans la première période de son développement, à la production de fines granulations de carbonate de chaux dans ses lames et dans leur intervalle. On trouve, en effet, par Texamen microscopique, dans les lamelles de cette membrane, enlevées à l'aide d'un rasoir, des granulatious qui se dissolvent au contact des acides, en donnant lieu à un d^agement de petites bulles de gaz ; et, si l'on a employé l'acide sulfurique, on voit se former des cristaux aciculaires de sulhte de chaux. Mais c'est là un détail de peu d'importance.

On a cherché à déterminer le mode d'action des lésions du nerf trijumeau sur la nutrition de la cornée transparente, de la conjonctive, de l'iris et des autres parties

(i) Longrct, Traité de physiologie, S^édit. t. III» p. 490

ALTÉRATIONS DE l'oBH. AP«jte Ut SOCTiON DU TRUUMRAU. 88ft

ooiifititiiMrtf^t é9 Vail la plo^^ des pbfsiok^laB attribuât 160 divm'aes altér&tioM observées à la suppression d'uM ifiicieace centrifuge, veotie des centres oenreux. If> H. SneUeu n'a pas adopté eette manière de voir (1). I^our lisî, faieause des altératioDs de l'œil, produites par la t»etioa intraHerànimnedu nerf trijuimau, serait Tabolitton de b sensibilité de la oonjonotive et de ia cornée transparente. Ces membranes ne seraient plus aTerties, comme dans l'état normal, dû contact et du cboc des corps étran* gers etmrènnants; tes paupières de l'œil du côté opéré n'exécuteraient plus les mouYemeots de dignement, provoqués par ces corps étrangers et par les autres impressions agissant sur la cornée transparente ou sur la conjoDctite. L'excitation produite par ces impressions, quoique légère, ne tarderait pas, à force de se répéter, à déterminer une véritable irritation , et, par suite, les altérations dont il s'agit. Ce n'est pas, en tout cas, le contact de l'atmosphère, ou des poussières qu'elle peut tenir en suspension, qui provoque ces altérations ; car on sait que chez l'homme et ches les animaux la paralysie complète du nerf facial ne détermine, en général, rien de semblable; et cependant, dan» ce cas, il n'y a plus aucun clignement, et l'œil reste exposé d'une façon permanente au contact de l'atmosphère : il y a bien, d'ordinaire, un peu de con^ gestion de la conjonctive ; mais la cornée transparente demeure le plus souvent intacte. Il est vrai que la sécrétion lacrymale n'est pas modifiée dans ces conditions, tandis qu'elle est diminuée, à la suite de la section du nerf trijumeau dans le cr&ne. Mais M. Schiff a fait voir que les altérations de l'œil, consécutives à la section intra-crà*

(i) H. SnelUn (ArchW f. d. HoU. Bottrige tnr ff^. HeUkimde, Bd. 1, 1857, p. 206-229},

36& YINGT-TROrSIÊIIB LEgOlf.

nienne du nerf trijumeau, ne pouvaient pas être attribuées à la facilité plus grande avec laquelle l'œil du cftté de l'opération se dessécherait au contact de ratmosphère, par suite de la diminution de cette sécrétion : en effet, il a montré que ces altérations se produisent encore chez des animaux sur lesquels on a réuni les deux paupières de l'onl du côté opéré, soit à l'aide de points de suture, soit à Taide de bandelettes agglutinatives (1).

Ces précautions, prises par M. Schiff, ne garantissent pas complètement l'œil, on le conçoit, de l'excitation que peuvent déterminer les corps étrangers; car cet organe peut se trouver en contact médiat avec les objete envinmnants, sans que l'animal en soit averti, puisque les paupières sont insensibles, et sans qu'il fasse le moindre mouvement pour faire cesser ce contact. Or, M. Snellen, après avoir fermé les paupières de l'œil du côté opéré, à l'aide de points de suture, comme l'avait fait M. Schiff, a ramené, de plus, l'oreille du côté correspondant au-devant de l'oeil fermé, et l'a fixée, par le même procédé, dans cette nouvelle situation. L'oreille, à cause des nerfs qu'elle reçoit du plexus cervical, reste sensible après la section inira* crânienne du nerf trijumeau. L'animal, grâce à cette précaution, était averti du contact des corps environnants, et exécutait un mouvement qui faisait cesser ce contact, dès qu'il se produisait. Chez les animaux ainsi disposés, les altérations de la cornée faisaient défaut, six, huit et même dix jours après l'opération. M. Bîittner a fait des observations conformes à celles de M. Snellen, en garantissant Tœil d'une façon toute mécanique par rapplicatîon d'une plaque de cuir épais au-devant de Tappareil oculaire.

{{) Schiff {Vn^n^lmuigm twt Pk^noi. de$ Nerv^*tf9femf, FtmiXwti tm

ALTÉUATIONS DE LOIUL APRÈS LA SECTION DU TRIJUMEAU. oG5

Ce résultat expérimental a été confirmé par M. Schiff(l j; mais ce physiologiste n'en persiste pas moins à cousidérer comme la cause principale des altérations dont il s'agit, la dilatation paralytique subie par les vaisseaux de la conjonctive oculaire et des parties profondes de Tœil, sous Tinfluence de la section intra*crànienne du nerf trijumeau (2).

Un des points importants de Texpérienco de Magendie est celui qui est relatif à la différence qu'on observe entre les résultats de la section intra-crànienne du nerf trijumeau, suivant que celte section est pratiquée entre le ganglion de Casser et la protubérance annulaire, ou qu'elle est faite au delà de ce ganglion. Pour Longet, cette différence tiendrait à ce que, dans ce dernier cas, on coupe des filets sympathiques qui, provenant du rameau carotidien du ganglion cervical supérieur, se rendent au ganglion de Casser et à la branche ophthalmique du trijumeau, et qui, à cause même de cette disposition, sont épargnés dans le premier cas. Longet, à l'appui de son opinion, cite des^expériences dans lesquelles il a vu, comme l'avaient observé déjà Pourfour du Petit et Molinelli, la section du cordon cervical du grand sympathique, faite sur le chien, déterminer, en même temps que la coostriction de la pupille, des troubles nutritifs de l'œil. D'après Longet, les altérations de l'œil, consécutives à la section intra-crànienne du trijumeau, seraient donc dues surtout à la divbion transversale des fibres sympathiques destinées à cet organe; ou, du moins, ce serait là la principale des causes qui favorisent le développement de ces altérations.

Quel serait le mode d'action de cette section des filets

(i) Scbiff (Ganttatt't Jahresb., 1857, t. I, p. 121). (2) U 86 prodnit wui, à U faite de cette sectioD, une augmentation de la ttBftion intra-ocuUireb

366 yii»T-TaoisiiHB lb$oh«

sympathiques desQné» à Tonll Dans Vétei aeloeï de nds coDDaissaDces, on ne K)ii gttère ^e deux hypothèse» à eiamîoer* Ou bien les aUératiMs de YoBïl seraieul Is co»séquenee de la paratysie dm mf& vaso-uetour» destinés à l'œil ; OQ bien, eHes résullenieBl de la paralysie de Sbro nerveases trophiqnes, faisaol partie de ees filels synqNK tbiques.

Pour ee qui coneenie la pandysie des fiBMrea vaso-motrices, considérée eomno eoMêe iétermin&nle dès lésteos oculaires, consécuthes à la sectio» întM^erènîenne du trîjiH meou, nous doTons rappeler e^ fpie nous ayonadéyà At, à savoir, que la section du grané sympatUqne a» ce», oa rarrachenent du ganglion eerrical aupérieur, n*es( suîtt, datis l'immense majorité des cas-, d'aaetm tndiea d*inflaiamation de la conjonctive ni dfauem timifele do la eomée; el que tes faits observés par Longet el d'autre» expérimenlateor» sont absolnnient Meepttonnels. Ces- lésions du grand sympathique cervical ne paralysent pas complètement, il est vrai, tous les vaisseaux de Foett, et, par conséquent, il y a quelque résene à foire sur la valeur de cet argument. Mais, tout ce qmnous avons vu jnsqifîci, rda* tivement aux conséquences directes do la paralysie amiplète des uerfs vaso-moteurs, doit nous fSûre rejeter rbypothèse en question. Quanta savoir st la paralysie des fibres vaso-motrices, coupées en même temps que les autres fibres du nerf trijumeau, dans Texpérience de Magendie, constitue une canm prédisposante pour ks altérations oculaires qui ont lieu dans ces conditions, if est difficile de ne pas Tadmettre, malgré quelques données expérimentales qui semblent en opposition avec cette siq[h position. Ainsi, d après M. G. Bernard^ dans ces expériences, t l'ablation du ganglion cervical sopériem semUr

ALTÉRATIONS DE l'qBIL AFIVES LA SECTION DU TRUUMEAU. 567

» retarder les désorde» de autrUioD. p « Ce fitit est trè»- » mtéressant )L ajou(e-t-il^ paroe que noua saurons que A l'ablaûoa d» ea ganglioa active les phéacmèoes cîrcu-^ » latoires dea parties ausquelles a'éteod soamfluanee ; oes » parties paraisseot awîr une vitalité phis Kntndt, ee qui » leur permettrait par là une plus loi^ue résîstaoeB aux » causes de désorganisatioQ qui lienDeulàVopératioD (iX » Les expériences de. H. Sinitzio viendraleol conflnMr Qtttea de M. Q. Beruard. M* Sinitziu aurait vu, en eflSdt, qM l'iotroduotion d'ua fil du verra daiia la eomée d'un lapîn> ches laquel te ganglion oervicaL a été préalaUemenl enlevé^ ae dimne lieu^ la pkn souvent, à aueuoe réaction^ ou UA produit que rareniaBt de légères altératioM^ taadta que la môme opération^ faite du c6té opposé^ pfoihpnut une fiDrlAQoqonctivite, avec pannus; une infiltratioftpinru<* lento da la cornée, avec eauilcérations conséouliwi ; ma viva inflammation da Vivia; parfcHs une panopbttMdmita» Gel expérûufintateur auraiieonstaté, en outre, que les pbè- Qoiuteea névroparalytiques et les altératîoat de la eoroée tfattsparMte» des paupières et des lètvrea (eaukératioos), qui ae proéuisent à la suite de la seetion du nerf trijumeau, a'ont paa Keu lorsque le gangtion cervical supérieur est arradbé peu de temps avant cette section, ou immédiatement après.. U va donc plus loin, sous ee rapport, que M* Qi. Bernard^ Ce résultat serait d'autant plus remarquaUa que> d'aprèa loua les expérimentateurs, rarrache* ment da giangtion cervical détermine une dilatation eonsi^ dérable des vaisseaux de l'ceil, dilatation constatée par M. Sioitzin, nonnseulemeut dana les. vaisseaux de 1& eon*"

(i)a. B^roArU,, Uçotu tw la phniioiogtê et iapatMa^it di^^iffièmÊ. teux» 1868, t. U, p. 64 et 65.

368 YINGT-TROISIÉMB LEÇON.

joDCtive, mais encore dans ceux du fond du globe oculaire, et accompagnée d'une augmentation de température de 0%9 à2%/iG., qu'il a pu mesurer dans le culnie^sac codjonctival et sous la capsule de Tenon. J'ajoute enfin que H. Sinitzin aurait même yu les phénomènes névroparalytiques, déterminés par la section du trijumeau, disparaître très-vite, lorsque l'on arrachait le ganglion cervical supérieur du côté correspondant ^).

Je dois dire que ces données n'ont pas été confirmées par les expériences plus récentes de M. Eckbard. Ce physiologiste a répété les expériences de M. Cl. Bernard et de M. Sinitzin, et il a vu la section inlra--crânieone du trijumeau produire exactement les mêmes effets chez les lapins auxquels il avait extirpé le ganglion cervical supérieur, et chez ceux qui n'avaient pas subi cette opération préalable (2). Il est donc permis de douter de l'influence de l'extirpatioD du ganglion cervical supérieur sur les résultats de la section intra-crànienne du nerf trijumeau, d'autant plus que nous voyons cette extirpation, ou la simple section du cordon cervical du sympathique, constituer une véritable prédisposition locale aux inflammations de l'œil dans d'antres conditions. M. CL Bernard a prouvé, en effet, quecbeiles animaux débilités par une maladie, par la diète, ou par les mauvaises conditions hygiéniques, on peut voir survenir une conjonctivite et une kératite, du côté où l'on a pratiqué, soit une section du cordon sympathique cervical, soit un arrachement du ganglion cervical supérieur. Je

(1) Sinitiin, Zur Frage ûber den Smftuis des Nervus sympaihieut ouf àts Gtsichtwrgan (CentnilbUU..., 187i, p. 461 et suit.}.

(2) G. Eckbard^ Bemerkungen zu dem Aufsatz des H^ Smittin : Zur Vrer ûber den Nerveneinfluss des Nervus sympathicus auf dos Geskktsorgan (Ceo'ral* blatt..., 1873, p. 548-550. — Aual. m Benic dei tcieiicet mëdicilct, 1873, 1. 11, p. 561).

ALTÉRATIONS DE L OEIL APRÈS lA SECTION DU TRUUMëAU. 369

suis doDC très-porté à croire que, d'uue façon générale, la paralysie vaso-motrice déterminée dans l'œil par la section intra-crànienne du nerf trijumeau, constitue une cause prédisposante aux altérations qui se manifestent dans l'appareil oculaire, à la suite de cette opération.

Celte condition prédisposante étant réalisée, le contact des corps étrangers serait.la cause déterminante, si l'opinion de M. Snellen est exacte. Il convient de noter ici qu'une autre hypothèse a éjté émise, au sujet de l'étiologie de ces altérations de l'œil. M. Eberth pense qu'on doit les attribuer au dépôt et à la pullulation des micrococcus de l'atmosphère sur la cornée. Par suite de la section intracrànienne du nerf trijumeau, il y aurait une légère exophthalmie; le clignement deviendrait rare, et la cornée, restant longtemps exposée à l'air, subirait une dessiccation plus ou moins rapide, et offrirait un terrain favorable à la multiplication de ces micrococcus. M. Eberth n'apporte à Tappui de son hypothèse aucune autre preuve que le résultat de l'examen microscopique de l'épithélium et des lames de la cornée. Mais, en réalité, comme dans tant d'autres cas analogues, la production des micrococcus trouvés dans ces tissus ne peut en rien être regardée comme une des causes des altérations consécutives à la section intra-crànienne du trijumeau ; elle en est bien plutôt un effet. Les micrococcus se multiplient facilement sur la cornée, dès que sa vitalité commence à s'affaiblir ; c'est là un fait du même genre que le développement des champignons sur le tronc des arbres, dès que la vie y a perdu une grande partie de son activité.

La paralysie des fibres vaso-motrices, coupées en même temps que les autres fibres du nerf trijumeau, lorsque la section est pratiquée dans le crâne, en avant du ganglion

VOVUH. H. — 24

du Casser, est-elle la seule conséquence directe de celte opération qui puisse avoir de l'action sur la nutrition intime des différentes parties de l'œil ? Ne peut-on pas attribuer, eu partie du moins, les altérations qui se produisent daos l'œil, à la suite de la section intra^crânienne du nerf trijumeau» à la paralysie de fibres toutes spéciales, accompagnant les fibres sensitives et vaso-motrices de la braocbe ophtbalmique de ce nerf, et chargées de transmettre aux divers tisaus de l'appareil oculaire T influence trophiquedes centres nerveux ? Ces questions nous conduisent à rechercher quelle peut être la valeur de la seconde des hypothèses que nous avons indiquées, lorsque nous recherchions quel pouvait être le mode d'action de la section des fibres nerveuses aympatbiques destinées à Tœil. Mais nous ne pouvons pas nous borner à examiner sous ce rapport les fibres sympathiques, car rien ne prouve que les fibres nerveuses trophiques, si elles existent, soient contenues exclusivement dans les nerfs sympathiques : on conçoit que les fibres trophiques puissent émerger des centres nerveux, au même niveau que les fibres sensitives du tr^umeau, et qu'elles puissent accompagner ces fibres dans leur trajit vers la périphérie, sans s'associer nécessaûremeot aux filets sympathiques, qui vont se distribuer aux mêmes régions que te nerf de la cinquième paire.

Je ne pourrais pas, sans une longue digression, discuter ici d'une façon approfondie la question de Texistence «les nerfs trophiques. Vous trouverez celte question traitéei avec le développement qu^eUe comporte, dans les leçoos de M. Charcot sur les uaialadies du système nerveux ^1)-

{i) J.-M. Charcot, Uçons iM- le» fMtladifi du systèmt tMrpfM^ lt7Mt7l, p. i38ei tuin

INFLUENCE TROPUIQUK DU NERF TRUUIIBàU SUR l'oEIL. ^71

Cependant je ne puis pa9 nie dispenser de voue dira un mot de ce qui concerne, sous ce rapport, l'appareil oculaire. H. Meifisner a été conduit à admettre Texistence de fibres trophiques dans le nerf trijamçau, par l'élude des résultats qoa produisent les sections incomplètes de ce nerf (1). En eifeti sur de3 lapins, ches leaqueb il avait pratiqué la section iotra^criUiienne du nerf de la cinquième paire^ et chez lesquds la persistance de la sensibilité oculaire montrait que le nçrf n'avait pas été çomi^tement divisé en travers, il vit que les altérations qui suivent d'ordinaire cette opé* ration faisaient parfois défaut^ et se produisaient au con* traire dans d'autres cas. Or^ l'exami^n nécroscopique lui fit reconnaître que cbex les lapinsi dont l'œil avait présenté les altérations ordinaires pendant la vie, la partie interne du nerf trijumeau avait été coupée, tandis que cbex les autres, lu section avait porté sur les parties externes du nerf, en respectaat cette partie int^ne^ Cette partie interne du nerf contiendrait dooc dea éléments qui exercent une influence assess active sur la nutrition intime des tissus de l'œil, et ces fibres, d'après VL Meissner) seraient des fibres trofàiqoes. H. SdbUT, k l'appui des £Mts relatés par M. Meissuer» a publié (tes expériences faites sur des chats et des lapins, dans lesquelles use section incoBiplète du nerf trijumeau pu du ganglion de Gasser a donné lieu à des troubles de nutrition dans l'œil. U a^ de plus, cité des cas de lésions partielles dû taerf trijumeau dans le erâne, observées chez l'homme» lisions qui avaient déterminé une inflamtmtioB ée rosîl, sans aMir la eeMibikté de eet

(1) e. MgiMcr, Veker die nach 4kr Ihtrehtchneidung der Trigeminus atn Àugedea Kaninckêns eintrelende SmahnmffstHrung (HeiOc't und Pfeufer's Zcélic^, XXIX, M-i04. ^ ÇfWtralMiirt ,.> iS67^ |u 265. ^ Gu. bebd., 1M7. p. 634).

37& VINQT TaolSIÈIIB LEÇOM.

légère iDJection des vaisseaux de la conjonctive, exagération de la sécrétion des larmes, exaltation de la sensibilité des paupières, de la conjonctive, de la cornée. Au bout de vingt-quatre heures, apparaissent d'ordinaire les premiers indices d'un travail inflammatoire dans la conjonctive, travail qui devient de plus en plus actif jusqu'au troisième jour; puis Tinflammation diminue. La cornée devient opaque et offre des ex ulcérations; une ulcération plus profonde peut même se former vers sa partie médiane. Dans un cas, on a observé une petite collection purulente dans la chambre antérieure de Tœil. La sensibilité, dans les jours qui suivent l'opération, s'exalte de plus en plus, et parfois à un tel point que le moindre attoucbemeat de l'œil détermine des convulsions générales (1).

Cette expérience paraîtra peu satisfaisante à ceux qui ont pratiqué la section du nerf trijumeau dans l'intérieur du crâne. On sait que cette section est une opération assez délicate, qui se fait en introduisant un instrument au travers du crâne, en le dirigeant dans un certain sens, jusqu ^ une certaine profondeur, de façon à aller atteindre le oeil profondément caché; et l'on n'est averti du succès de l'expérience que par les cris que pousse l'animal dèsquoo a atteint le nerf et qu'on commence à le couper. Ou est exposé, malgré les points de repère que l'on a pour se guider. Hialgré toutes les précautions que l'on prend poursuivre une direction correcte, à blesser plus ou moins profondémeol la protubérance annulaire ou les pédoncules. Est-il possil>li d'admettre, quand on connaît les difBcultés de cette vivisivtion, que Ton peut, sans léser l'encéphale, aller introduin

(i) s Samuel, Die trophfschen Nerven. (Leipiig, 1860, p. «1. — Huw» de Ia ci (al ion ilo M. Charcot, ioc cit., p 13 J

INFLUENCE TROPHIQUR DtJ NERF TRIJUMEAU SUR l/OElL, 875

au travers du crâne et d'une partie de la cavité crânienne, deux aiguilles dans le ganglion de Gasser, qui est situé si profbndément ? El si les aiguilles, par un heureux hasard, avaient pénétré toutes deux dans le ganglion de Casser, comment comprendre que l'animal, même solidement fixé, ne les déplacera pas, par les brusques sursauts que déter* raineront les douleurs excessivement violentes, dues à la Faradisation? Ne voit-on pas, d'autre part, que les eflets de cette fafadisation ne pourront pas se localiser dans le ganglion en contact avec les aiguilles, et que les parties voisines, la protubérance annulaire entre autres, seront assez irritées, pour qu'on ne sache point si les altérations oculaires doivent être attribuées à Tirritation du nerf trijumeau ou de ces parties. On pourrait, il est vrai, contester la valeur de cet argument, parce que ce serait encore, sans doute, par le trijumeau que T influence de l'irritation de la protubérance serait transmise à l'œil.

Il ne ressort pas moins de ces remarques que l'expérience de M. Samuel laisse beaucoup à désirer, sous le rapport de la netteté, et qu'il est difQcile de déterminer sa véritable signification. On ne peut môme pas savoir si le uerf, après que la faradisation a cessé, est resté dans un état d'irritation. On dit bien qu'il y avait exaltation de la sensibilité des paupières, de la conjonctive et de la cornée; mais cette exaltation était-elle due & l'irritation du ganglion de Casser, ou bien dépendait -elle d'une irritation de la protubérance annulaire? Les altérations de la cornée et de la conjonctive ont-elles eu pour cause celte irritation, soit du ganglion de Casser, soit de la protubérance ; ou bien élaienl-cllcs la conséquence de la rupture ou d^une modification paralytique d'un certain nombre de fibres du nerf trijumeau, produites par les violences

376 VINGT-TROISIÂMB LCÇON.

qu'avaient subies ces fibres, pendant les manœuvres de I'idtroduction des aiji^uilles dans le renflement ganglionnaire? Il eût été nécessaire, pour bien savoir à quoi s*en tenir sur ce dernier point, d'examiner la branche ophthalmique, si ranimai avait survécu cinq ou six jours, pour chercher si les tubes nerveux de cette branche du trijumeau étaient tous intacts, ou si plusieurs d'entre eux n'avaient pas, au contraire, subi un commencement d'altération.

Ce n'est donc pas un pareil fait expérimental qui peut servir d'appui à l'hypothèse d'après laquelle les altérations de l'appareil oculaire, consécutives à la section intra-crânienne du nerf trijumeau, seraient dues à l'irritation des fibres de ce nerf. Cette section, d'ailleurs, ne peut pas produire, dans ces conditions, un effet autre que celui auquel donne lieu la section des autres nerfs ou du trijumeau lui-même, hors du crâne. C'est une paralysie du bout périphérique que l'on observe alors, et, du même coup, il y a suppression de l'influence que les centres nerveux exercent sans doute sur la nutrition intime de tous les tissus. Pour que cette influence s'affaiblisse, il n'est pas nécessaire que toutes les fibres nerveuses qui unissent les divers tissus aux centres nerveux, soient sectionnées; il suffit qu'un certain nombre d'entre elles aient subi une solution de continuité. C'est ce qui peut avoir lieu pour les muscles, dans les cas d'altération incomplète de leurs nerfs, c'est-à-dire lorsque toutes les fibres de ces nerfs n'ont pas perdu leurs relations directes avec la substance grise des centres nerveux. C'est ce qui peut se produire aussi, sans doute, pour les tissus innervés par des nerfs sensitifis ou des nerfs sympathiques, quand un certain nombre des fibres de ce nerf, ne sont plus, par suite de lésions, en communication avec leurs centres trophiques (ganglions

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