INFLUKNGB TROPUIQUE DU SYMPATHIQUE SUR LE CERVEAU
loppcment plus considérable chez les animaux qui ont subi la section des deux cordons sympathiques cervicaux, que chez ceux chez lesquels cette opération n'a pas été pratiquée (1).
M. Brown-Séquard montrait, dans la même séance, un autre cobaye, chez lequel il avait trouvé une atrophie généralisée de Tencéphale, plus marquée du côté gauche : on avait, deux mois auparavant , sur cet animal , irrité la moelle épinière au voisinage du bulbe rachidien, principalement du côté droit (2). Il y avait, en outre, une dégénérescence grise des nerfs optiques.
Je n'ai pas répété cette dernière expérience, et je ne sais pas si l'atrophie du cerveau était bien due, dans ce cas, à la lésion de la moelle épinière. Si la relation dont il s'agit était établie par des expériences de contrôle, on pourrait chercher à l'expliquer, en admettant que la lésion de la partie supérieure de la région cervicale de la moelle a agi sur les fibres du cordon cervical du grand sympathique. On sait, en effet, que ces fibres paraissent remonter dans la moelle cervicale jusqu'au bulbe rachidien. Cette explication ne serait toutefois pas entièrement satisfaisante, car on ne pourrait pas se rendre compte facilement ainsi de l'influence croisée exercée, par l'irritation de la moelle épinière, sur l'encéphale.
Quant à l'autre expérience de M. Brown-Séquard, je l'ai répétée plusieurs fois, en coupant le cordon sympathique cervical sur des cobayes kgés de huit à quinze jours. Sur un de ces animaux, le résultat a paru tout à fait con-
(1) Brown-Séqaard (Comptes rendos de la Société de Biologie, 1872 p. 195).
(2) Brown-Scquord, hc* ctï., p* 194.
S98 VlMT-ïlM>&fiâ£lllK USQOK.
fonie à cetn qu'avait obtenus M. Browa-Séquard ^ du moîio an oe qui cottearoa l'état de rencépkale. Toutes ks parties de l'eneéyhale ont samUé être motos volumineuses du côté où Topération avait été faite. Le globe oculaire était naoifasteamBl plus petit du c6té de k sectiosu Miis les es al ks muscles avaûeut le même vokime des deux côtés. Sur aueiiD des autres eobajes qfuo ^'ai opérés de la même fiiçoD^ je a'ai retrouvé uettemeut uoe asymétrie de I eBcéposteL
Le réstdtat a été uégaliC, par esempla, daos le cas saivaut que je cite, à cause da temps (jpii s'est écoulé entre le jour de la aectîoD du eordm cervical du sympathique et le jour où Teocéphale a été examiné. Cet examea a été fait pendaiit que l'on oiynmait cette leçon»
Exp.. m. — Suc un •ochon dinde &gë de liuil joan« on coupe le cordoa cervical du symptthiqae da côté gauche, te 19 jtdUet 1877.
Le * janvier 187S, en eiimiin mie decniècc Mi e» oBhnift. Uwurtnw dei faaiMèrei du côté gandie eit beauconj^ monu laqp» que ceUe dn éUé droit : la narine gauche est peut-être un peu plus large que ceOè dv c6lc dirolt ; les mouTements des deux narines sonlf ■eaMnbiiS'. il n'^ a pia dh raace de tempénture ente tes deun oceiileSk. Vm dn gaiias épiteitiqpHi de «vie épileptogène.
L'animal est empoisonné avec de ta mUKarihé* LarlftotemeMf» mieHbtt duite, plyallBine^ issue d» MlpstOe pa» te* n«infilt AnÊt dtt «sur (rsiiali à Taidft d'un» aigaiUe-indeii^ enfoncée au travers du thorax iasq^*i ce qu'elle soit en contact avec le cœur). On fait presque aussitôt une iiûectioQ hypodermique de sulfate d'atropine ; le cœur recommence i hillw.
JSaamen nderossopsftte» — k'œii gan^fan tsi manifestoieni motet lelnMinnin que Tœil droit ; la cornée du c6té gauche, qpi offre une petite teie, 4 ées dimensions plus faibles que la eomée dn c6té droit. L'ttil' dtoit pèsn l'œil- gttoché» 0flr,ft7S.
Nerf optique gauche plus grêle que le nerf dn c6té droit ; Tatrophle sV A la bandelette optique du côté droit. Le tubercule quadrgumean anlerieor dli côté droit est plus petit, un peu moins saillant que celui du c6té teinte grise est, du reste, normale. Quant au tubercule quadrgumean droit, il est pent-Atre un peu plu» vohiBuneun qpn celui dft cdfeé
La pyramide antérieure gauche est un peu moins large et moins que celle du côté droit*
INPLUENCB TUOPHIQWOV SYAirATIliQra Wtk LK CERVEAU. 909
B M*y a r^fcnitit muvme dUÊênocè fpréciabto aatie Im éWB MiiiHihèf es c^rébnuwty foui le rappoH du lolome ) si Von d'eux est ybn itoAumioeuiu c'est celui du côté gauche qui semblerait Têtre.
Od peut se rendre compte de Tatrophie qui a été observée par M. Brown-Séquard, chez les cobayes sur lesquels il a coupé le cordon sympathique cervical, et qui existait aussi chez un de ceux que j'ai opérés, en Tattribuant à la section des fibres vaso-motrices contenues dans ce cordon : il y aura eu d'abord dilatation des vaisseaux de la moitié correspond dante de Tencéphale, puis ces vaisseaux se seront sans doute resserrés au bout d'un certain temps, et les phénooiènes de la nutrition intime seront devenus moins actifs dans cette partie de Tencéphale que dans la moitié du côté opposé. S'il est bien démontré, par des recherches ultérieures, que Patrophie de Fencéphale n'est pas un résultat constant de la section des cordons cervicaux du grand sympathique, on sera peut-être en droit d'expliquer la variabilité des effets de cette section, en supposant que fe nombre des fibres vaso-motrices qui, destinées à Tencéphate, sont contenues dans ces cordons, n'est pas toujours le même (!)•
— Pour terminer cette revue rapide et incomplète des altérations trophiques, dont on a pu chercher à expKquer la production en l'attribuant à des lésions des nerfe vaso-
(1) On peut mentionner ici le fait observé par M. Bidder. Un moh aprdi L'excisiiHi. d'uii aegniMt 4» cordoa «enical* da gianA 4f mgtthigQe du côté gauche, dans une longueur de lc,5« sur un jeui^. lapin ayant environ la moitié de la taille d'adulte, M. Bidder trouva Toreille gauche plus large, plus longue et plus chaude que celle du côté droit. 11 attribue cette hyperplasie à l'abon- <ianc6 d^ mAftéiiamb iMitaitifs, aMortét à Voreille par lei> viiaaeaon paroHarséa et dilaté^. (CeotcMMait f. Ghiriii^ie, i$74,^ 7.. — Anal» Mi GanfaiiU^kaw. fur die ned. WiaaeoKb., 1874^ p. 5100
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moieurs, je VOUS dirai quelques mots d'un récent travail, plein d'intérêt, de MM. Duplay et Morat, sur cette affection redoutable que Ton a désignée sous le nom de mal perforank du pied (1). Vous savez qu il s'agit d'une lésion ulcéreuse précédée d'ordinaire par la formation d'un durillon, et qui a pour siège presque constant la face plantaire du pied. L'ulcère qui se produit dans cette région gagne peu à peu les parties profondes ; les articulations et les os finissent par être envahis, et il en résulte des arthrites, des ostéites, qui nécessitent des amputations partielles du pied, ou même l'amputation de la jambe. MM. Duplay et Morat font remarquer, mieux que leurs devanciers, l'insensibilité qui existe, dans les cas de ce genre, au niveau et au voisinage de l'ulcère cutané, et les modifications que présente la peau (le la plante du pied et de la jambe. Le tégument de la région plantaire offre des durillons à une distance plus ou moins grande de celui qui a précédé la formation de Tulcère ; les poils de la région dorsale du pied et ceux de la jambe peuvent être plus nombreux et plus épais que ceux des mêmes parties de l'autre membre; il y a souvent pigmentation brunâtre de la peau, et la sécrétion sudorale est tantôt augmentée, tantôt diminuée. Or, dans tous Jes cas où MM. Duplay et Morat ont pu faire un examen attentif de l'état anatomo-pathologique des tissus, ils ont constaté non-seulement des lésions vasculaires (endartérite plus ou moins prononcée), mais encore des altérations des nerfs.
Les lésions des artères avaient déjà été signalées par plusieurs auteurs, MM. Péan, Dolbeau, Delaol, Montai-
(1) 8. Duplay et J.-P. Morat, ^et^verthm èwt In naJtwrt et la paiko^ie éi maiper/brant du pied {mai piantaire perfo9Xint). (Archives générales de cioe, mars» avril, mai, 1878.)
REL\TIOII DES LÉSIONS NBRV. AVEC LE MAL PKaFORANT. A 01
gnac, etc., qui avaient même pensé que le travail ulcéreux pouvait avoir pour cause l'altération athéromateuse de ces vaisseaux : les lésions des nerfs n'avaient pas non plus été complètement inaperçues (1); mais on n'avait pas constaté que les altérations des cordons nerveux s'étendent jusqu'à une grande distance du lieu où siège Tulcère. D'après MM. Duplay et Morat, il s'agit, dans ces cas, d'une altération tout à fait semblable à celle qui se produit dans le bout périphérique des nerfs coupés. Ils n'ont pas pu établir, dans la plupart des faits qu'ils out eus sous les yeux, la cause de cette altération atropbique des nerfs de la jambe et du pied ; mais, dans un cas, il s'agissait d'une compression du nerf sciatique par un kyste hydatique du sacrum. Pour eux, celte altération des nerfs serait une des conditions nécessaires pour la production du mal perforant du pied. Quant au mécanisme de son intervention, ils pensent que l'état actuel de la science ne permet pas de l'établir d'une façon certaine. « Il est possible, disent-ils, que 9 Tanesthésie et les troubles trophiques aient concomitam- » ment uue certaine part dans le développement de l'ul- 0 cère. » Je ne pub que louer cette sage réserve : le problème du mode d'influence des nerfs sur les tissus est encore trop obscur pour qu'on puisse émettre une théorie absolue, à propos d'une catégorie particulière do faits ressortissant à cette question générale. En tout cas, ce que nous avons dit précédemment nous autorise à penser que les lésions des nerfs vaso-moteurs, si elles existent dans cette affection, ne peuvent exercer qu'une influence secon-
(1) Ces létioiiB des nerf^, comme le rappellent MM. Duplay et Morat, avaient été indiquées très-nettenABt par M. Poncet, dans deux mémoires publiés : l'un, en 1S6A (Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie mfUtaires) ; l'autre, en 1872 (Gasette hebdomadaire).
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(1) H. Sornienbètrtr i tlnbHé TéMikMitt dëHk Mk >ié M/f^A^ ptM ; Tun de ces fafts peut être rapprocSIié de eetti'^iM M. DttfUT^ *** ontreUtés. 11 s'agit, dans le cas de M. Sonqenburgr, d'uiie ptyiftDB^ ^ ^ rante-deux nu, (jtti, à ri^fe dfe quatorte^anii, ktalt éti le IfôK lib****^ saphène aie nerf i:irtluiéplfiif»ii<è tfu^isMdiNiil»*âNMa pftva^^^*'' La plante du pied était restée depuis lors insensible.^ quarante tfli, «n**^ présentant tous les caractères du mal perforant, le proiluistt à U r^* talon An eMé droit (*).
(2) Compares le tratail de M. C. Sonliges (bit sons Finsplratioii ^^^^ teur Nicaise) : le mai perforant, sa paihogénie, (Thèse iniuguraUi >* ^' Paris, déc. ÏB74).