‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 52 sur 88 · CONGESTIONS DITES RÉFLEXES · texte numérisé non relu

CONGESTIONS DITES RÉFLEXES

tioD, par suite de Texcitation des extrémités des fibres du nerf glosso-pharyn^ien. Commeat expliquer ce phénomène, qui rentre évidemment dans la classe des congestions dites réflexes? On doit admettre, suivant moi, que l'excitation des fibres du glosso-pharyngien, due au frottement de la membrane muqueuse de la langue, est transmise, par quelques-unes de ces fibres, soit aux ganglions situés sur le trajet de la partie périphérique du nerf, soit à ceux qui font partie des plexus nerveux situés autour des vaisseaux de la base de la langue, ou dans l'épaisseur des parois de ces vaisseaux, et qu'elle peut suspendre Taclivité tonique de ces ganglions et des nerfs vaso-constricteurs qui en partent. D'après cette interprétation, la congestion de la langue, qui se manifeste dans ces conditions, ne serait pas réflexe, au sens propre du mot. Elle se produirait par un mécanisme analogue à celui de certaines paralysies dites réflexes. Dans le cas particulier dont nous parlons, il y aurait une excitation partant de la périphérie du nerf glosso-pharyngien et transmise à des centres ganglionnaires; mais aucune incitation récurrente, réflexe, n'aurait lieu : tout se bornerait à une modification fonctionnelle de ces centres, dont l'activité persistante, tonique, serait mo^roentanément interrompue ou très-affaiblie ; il en serait de même, par suite, de celle des fibres vaso-constrictives en relation avec ces ganglions. On voit que tout se passe ici sans riotervention de fibres vaso-dilatatrices.

Les congestions, dites réflexes, peuvent certainement avoir lieu par un mécanisme semblable, dans d'autres parties du corps. Qu'une vive irritation soit faite sur le tégument cutané ou sur une membrane muqueuse douée d'une grande sensibilité, une rougeur ne tardera pas à apparaître dans le point irrité, et même dans une région assez étendue,

â70 îfiJiëTHîiJifiùiift W^.

àutôUf dfi pfrf imié; df; il kâ tr^|>K)1ià«(é ^ là «flàkiiôfi d^ ^SmHhi, (jdi doiiâd liéii ft fêitô Hid^îir Oè h pëilil ôd de là itiéiil{)ttiiie dJùijUëdâë; tf é p {iddf c^UiSè U iliise en jëtf, pr àëtibù féflèié, di^ dlirës tiërvëâSgè UsadilâlàiHcë^, jpifisiiii dés cetitrëâ nëf vêtii et âiladf ^ fendre âtit ^àiigUdiiâ trasd-iâoteu^, â^é6 l^tiëlâ ^t èd feldtioo les liera «àâ)^cdhsffiëtëurs de la iè^m imiêd. Cest âathiiuedt ^aé lè^ dlioisë^ dbivebt te {lààser.

l'ai établi, dàds iifaë kûitb p&tûê de ce ctfUrs, que les iierfe fitlo-iDotëurs d'oui pàà, ëdliiiiië rdbtââdiis là plupart dés aa^orâ, tiii aënii« mH{W â'arigiiië et ië foQcfitfnoèitieti i-édëxë dans l'àiè bUtbô-spioal : sùivâfat tnoi, H f a ùh grand a{ifiiil)l« dé céDl^ëà vàs6-m()ièdrs,éëliëloiuiés dàii; toute Itt Uâuteiii^ de 6ët dté, iddëpëûdânts les uusdes autres, inaiâ ètiUttiiâ tolis, dans ùùé ôertàinë lùëstirë, à l'inâuénce dii bdllié fàëbidieli. L'iudé(<edâânce dé 6es 6ënl^ itsàmotetif^ ë§i telle , toutefois , (^U'ils |feu^éb'{ fodcUoùDer d'dDér faidUléfrë iddé|)ëiidàutë, et éUé ffais eu jeu, d'Une fàçdil làdléé, ^if les eicitàtlôm que leiit> trafasnïëttèâf les fibres èeStfipétes àvëd lësqtiëliéS ilà sotit ëti fétatiôri. Ëo ëomiâë, il y aurait biié ëêffdine abalogié ëiitre les ceutres vâso-^inoteurs et les ëedlre^ inascaid-ifidteUrs, soU$ lé n^ poii de là dispôSitidtï dàiis là &oëlië ëpiniëfë et Tblhiae de réùcépb&le, et Sbàà celui du tuddë dé fonctldiineiiièDt. Les fiblt^ vaâ6^(iâtri6tivéâ ^dl §é réddëât k chaque point de la peau, od dés inembranés iûUqueu^ accessibles i noâ eil^rieûces, out an centré distiiièt d'origine dans Taxe bulbo-spinal, et c^est l'état periiiaoeoi de demi-activité de ce centre ^ui cobtribUë k produire et à maiàténir, par riafermëdiairé des fibres Vaso<iUotricës auxquelles il donne ùais^fice, lé toaus des vaisseaux dabs ee polbt des légutoents. Qu'Une irritation assez vive Vienne & être faite sur

ACTION VÀSO-MOftitàÊ fiiss 0*AJ?GLIOIf$. ^71

Ce' point de là pdàd du dek inefjibf&fiéâ (Ubqheaseâ i ccffè ifrïfafiôn sera ttàûèmisë àii Héttlrè û'aèliàti ioMijUtr flék fibres vàscMîonsfnctÎYës âè cette réglo'ô dêS tégdfftfetrtijel(ë produira ââns ce èenirè ilQé îiJodiâcdliciil MéiïoiimWë,

Jiii aura pour effet une âbolitioiî pasédgércf âé cet étdt de énii-activité dont nous venons de pâiHer. Dé là, cessation ieiilpôrdiré du tonus vâscufaire dans lès {)oiti(s()ùl ont été irrités, dilatation paralytique des |ietits vaJs^aii:^, boiU gestion iôcàtë. Cette congestion he de'Vra paà pîiïs être nomiiiée réflexe, qiié celte do'ht tiobs Éfous occupions il fl^y à qu'Uii instant, ë( (Jui se mfidifeste dan^ ia ïmètà de là langiië, soùs f induence d'iitié Jrrilatioti dô td itiënibtâiiè miiqiieiiâe tinguàtë, après Jâ èbciioû dit ùeff gloisâd-(^bdryiigiën, ou dâiis îâ pàHié ântëiiëbfe de èét Ofgddè, àpfêfs la section du uert lingual.

H conviciit, dyteurs, d'âjdUtë^ ({m ce qui H ÏM dâùs la langue peut se produire dtissi ââii§ touâ lei (ibiitts de Ift péaii ôîi des membranes fnuc|uëusëâ. t'ôils \êi netk Hio^ constricteurs destinés k ces m6mbt*à(iës &b tiiéitèdt Vràl^ sefnblablcaient en reldtiot), dans lin pôifii c(u titl dutf-é de leur (ràjet, avec des centres ganglidhndifëâ. Ndtls àVbns vii que, d'at)rès les ariatomistes qiii ont étudié là tertniiiai.soh dés nerfs vaso-môtëurSy d'assez tiôiùb^euses cellules isolées, ou agglomérées en petits gangliôils, ^ trouvent dii voisinage des parois vasculairés ou dans Tépâisseur même de ces parois. Or, ces petits centres nerveux jouent sans doute aiiàsi un rÀIe important dans les phi^nomèdes du tonus vasculaii'e : ce tonus n^ëxiste pëut-étrë qu'à Id coii* dition que ces centres soient en état d'activité tdifiqUe irices« saute, ei il est possible que cet état puisse cesser, soUs l'influence d'irritations faites sur les extrémités périphériques des nerfs sensitifs, dans la région dont les vaisseaux

A72 VIWGT-OCÏATBIÉMB LEÇ05.

ont leur tonus soumis à Taction de ces gansions. U suffirail, pour rendre celte hypothèse acceptable, d'admettre que quelques-unes des fibres ainsi irritées sont en rapport intime avec ces petits gangh'ons vaso-moteurs. Si celte hypothèse était exacte, on voit que les nerfs vaso-moleors d'une région seraient soumis à des centres nerveux multiples, indépendants jusqu'à un certain point, maiscepeadant unis entre eux par des liens de subordination. U y aurait d'abord des centres immédiats, les gangUons circumvasculaires et intrapariétaux, dont l'activité tonique ne pourrait persister d'une façon durable, qu'à la coodilion qu'elle fût entretenue par celle des centres vaso-moteurs situés dans la moelle épinière et l'isthme encéphalique. Quant à l'activité tonique de ces centres ictra médullaires et intraencéphaliqucs, elle serait soumise aussi, mais daos une certaine mesure seulement, i celle des parties du bulbe rachidien et de la protubérance où Ton a voulu placer, à tort, le centre unique d'origine et de réflecUviié de tous les nerfs vaso-moteurs du corps.

Certaines expériences nous permettent d'affirmer que les ganglions, avec lesquels les nerfs vaso-moteurs des dif* fércntes régions du corps entrent eu relation, peuvent jouer un rôle considérable dans les phénomènes de la congestioo dite réflexe. Je fais allusion aux expériences de H. Weber, dont j'ai parlé dans une autre leçon (i). Ce physiologiste a constaté que l'on peut encore provoquer des dilatatioDs vifêculaires dans la membrane interdigitale d'une grenouille, eu irritant directement cette membrane, après avoir coupé tous les nerfs du membre correspondant. Ce résultat, que j'ai obtenu aussi, en me plaçant dans les mêmes coodi-

(1) T. I, p. 171 clfuif.

ACTION YASO-MOTEICB DBS GANGLIONS. ft73

tîoDs, roootre bieo que des coDgestions peuvent avoir lieu, dans une région limitée du corps, sous Tinfluence d'une irritation de cette région, et par la médiation exclusive des ganglions vaso-moleurs avec lesquels les nerfs centripèles excités se mettent en rapport durant leur trajet. Je ne crois pas qu'on puisse admettre une autre interprétation et supposer, par exemple, que l'irritation, dans ce cas, agit directement sur les vaisseaux. L'irritation porte» non sur les vaisseaux eux-mêmes, mais sur la surface du tégu* ment cutané de la palmure interdigitale, et, par conséquent, il est inGniment probable que l'action vaso-dilatatrice est due à l'excitation des nerfs centripètes de la peau (1).

Dans cette expérience et dans tous les cas où des congestions se produisent par la médiation des ganglions vaso- ' moteurs avec lesquels les nerfs centripètes entrent en jeu, on peut se demander si la dilatation vasculaire ainsi produite a pour cause unique la suspension de l'activité tonique de ces ganglions, ou s'il ne faut pas admettre l'intervention de Obres vaso-dilatatrices parlant de certains de ces ganglions, qui seraient des centres modérateurs, et pliant agir sur d'autres ganglions qui seraient des centres excitateurs, pour abolir momentanément leur activité,

(1) Il me parait hors de doute que Tactivité des g^gliont, tituét sur le tnget des nerfs Taso-moteors, peut être exaltée ou déprimée, par des excitations centripèles proYenant de la région aux vaisseaux de laquelle se distribuent ces nerb. £lle est exaltée, par exemple, lorsqu^on soumet à de Taiblcs excitalions la surface de la peau. Si Ton frotte très-doucement avec un instrument mousse la snrface cutanée d'une région quelconque, on voit se produire une traînée pâle, anémique, dans toute retendue do la surface excitée. Si l'excitation est plus intense^ l'effet est tout différent : il y a alors affaiblissement de l'activité tonique des ganglions dont nous parlons, et, par suite, une congestion au niveau des points irrités ; c'est-i-dire une de ces dilatations vasculaires auxquelles on a donné, probablement à tort, le nom de congestions réflexes.

|7â tran-^AfiîfiK tt^BSi. -

Grtte ôShiUé BtpofMsB ftB fffBt ^*Hffiraf§; pMf lo bécanisiiK de raêfidii ^xsMilabtficê éieffiM pbP Ift g»glioas ta» tnotrans^ ce tiai eiisié ^tnir éélhi dé rà£ii6& tas»-diltiatH<« qui « iDÙia^ste flift te gHaâë mamaxilbiir, par rmterniêiijânl da Imltte rScbMKtf éiêHh prolubéniKe inndhiréi tetsqb'tfB ëiêàltài ÊÊBi lè§ eondîtions nonhdes, h tDoqofcase dé k tei^M Oii les étMmités tKHpMriqoes da nerf fiogaai. Ii'éxatitlidfi ëA transmise an fbjef d'ori^tié dtt mf fif^uàl; ef^ de te foter, part Une idStfOoii ifl»«; qdl tieril iÈtf{iéM^ faditHé toiii^ae ia f^fgHob sovs^ibaiiniifë et des i&m filasses gaBgfiooùaires éS ri^^port àtèd tes Gbfes myeuses destinées à la glande. Cest une partie dd l'enfil* pfaak (bolfee i«tbi£éii A prolobénmee) qtfi joao iel M rftle dé êetttfe raodératear; tBaei èa tJMçtfit qtie M t4l9 {Misse étfê dêv(M à des gangHons {iéfifaiériqMs. Q'esi dV NaU ce qu'od âdSet déji pOiif tiërttiifê gafigtoa» db «œttft

Je dètaë toas elpeâéf lé» deot hypdtbéBfes que Tda pCit iiiié^Aéf fWfar expliquer k» eoni^ofis dite» rMMes^ ^M Se tfaijifeslebt Mus l'irifliieiroé deë «leHAtiMis des êktrériiitfi des fibre) fierteoMS (»Btripète§« Il «M possible ^bè éés éongt^Uons |Nriss6fli «> («idllit^^ «iMift lei «b, {iaf l'iili db t»f l'aette de§ tttéCttblMiea dent j«i voos ë parlé. Hais il est nécessaire de vous répéter que l'existence de Gbrés Tasô-dilataifices daos ioutâ les fégtôhs dii cotp est encore t prouren Ness ne semmes pas «itarisési par coùséqUent, à f(ébéNlHser le flidde d^éipUAtibb (|W nous avons donné pour les phénomènes <ie oongestioa, qui se manifestent dans te teogoe ed dans te ^nde vmmaxillaire d^uu cbieii, sii^ lequel on irrite te mefidffàM muqueuse linguale»

Je crois dotlc, ed ^ésti^ié, ^ les {rtiédtWlêfifili de ooih

^éàïdû Bïiê mèîê mui dds, ém k {iibparl âêi m, k

mê SùS^àkm Ûé Yiétim loDlidè âèà ketilfék tàsoinolëulS, s61( tli^tiilàifë'é, sait gârigtlOtinàlrés, hoas l'iudUéD^ é&i atiiktlons taiièà sûr lii (iéripbérie dcis nëih cêiiifl^âë^, et {Pdiismisés â 6dâ ëêtitrcs pit bertaiitiuâ fibres

ybplëdÛ ^Q'ê j'ai êihM sûr t'éilsièriëë' de iéniM Vasomoteurs multiples, écliëlinihés dans ià fhoëitè êpinière, le DÙibè' racûidléù et Id protubérance aliuiitairé, est ioîit à mit d'àcôord Kvèc Celle que M. êoltz â fërthul^, en se fbudan{ sûr ses propres ëxp^riènèes (1). M. Golti coupé là ojoëlle idinbàirë eiî travers sur Qb Chien. Il conslàte qiié cette sectiôd délëf minfc iine élëvâiibô de iempërsiturô dans les aeiii fnédibrés pôsyneûre. Cé( ëctiâuiîeinént teiiâ k dispâraitrè au Doû't oë quelques jdûris. §i i'oQ détruit alors la moelle lombaire, il y a une nouvelle a natation vasculaire dans les membres postérieurs et, par suite, ces membres s echauiient de nouveau d une laçon noiable. Ai. Golii cohciul qîie le renflement lom!)àire corilienl des centres vaso-m'otedrs indépendants qui» ifoubJés d^abôrd et affaiblis par la première op^faiiofi, recôuvréni leur énergie fonctionnelle au Bout dé quelques jours, e{ rétablissent, en grande partie, lé tonus* vaséulaire àbôli parlietiemeut dans les membres postérieurs par la secliou médullaire. La destruction de la moelle lombaire fait cesser presque complètement ce tonus vasculaire : d'où une augmeotâtioQ ii0Uyellé de cbatoar dads ces tnembreSi auginéutatiod qiii serait diii^âblé, si t'Shifh&t ne SucccFfâbàit

(i) Tout ce qne je dis id des trsTaus réeents de M. GoUs sur l'appareil raso* moteur coustitue «ne addition à mes leçons. Ces travaux ii*çteient pus publiés au moment où je faisais mon cours.

&76 VIPf6T-QUATai&MB LBÇON.

assez rapidement par suite de la dernière opération (1).

M.Goltz, dans ces expériences, avait constaté que la destruction du renflement dorso-lombaire n'abolit pas d'une façon absolument complète le tonus vasculaire, et il supposait que le tonus, persistant encore après cette destruction, était entretenu par les ganglions nerveux situés sur le trajet des nerfs vaso-moteurs qui se distribuent aux vaisseaux des membres postérieurs. Il a cherché à vérifier son hypothèse par d'autres expériences (2) .

Après avoir coupé le nerf sciatique d'un c6té, sur an chien» il a constaté que l'élévation de température, produite par cette section dans le membre correspondant, diminue peu à peu, au bout d'un certain nombre de jours. Un mois après l'opération, il y aurait égalité de température entre les deux membres postérieurs, et, plus tard, le membre du côté de la section deviendrait même plus froid que le membre intact. Si l'on vient alors à couper transversalement la moelle lombaire, le membre intact subit un échiiuffement considérable par suite de la dilatation de ses vaisseaux, tandis que le membre, dont le nerf sciatique est sectionné, ne s'échauffe pas, ou même devient plus froid qu'auparavant. La différence qui s'est produite après la section de la moelle lombaire diminue au bout de quelques jours. Elle reparaît, dans le même sens, si l'on détruit alors la moelle lombaire, en la broyant dans le canal vertébral.

(I) Goitz, Ueberdte Funciioneti dn Lendemmorhê des J7«iMfet (Mdger'f Ar* chif, 1873, Bd. VUI, p. A60. — AoaL m CentraUiUtt.t t870, p. 61» — «t Analjte par II. Slraot^ in Revue des icieocet médicales, t. IV, 1E74, p. âSt et SUIT.).

(3) F. Golta. Ueber Gefatterweitemde Nerven fPflôger's Arehiv, 1871, p. 17A-197. — Anal, in Geotralblatt..., 1871, p. 903, ^ et AMlyse par M. Strant, inReTue des sciences médic, 187 A, t lY, p. 400).

EXPÉRIENCES DE M. 60LTZ. A77

Dans une autre expérience, M. Gollz coupe un nerf sciatique sur un chien, puis, aii bout de onze jours, il sectionne la moelle lombaire en travers. Quatre jours après cette seconde opération, il constate que le membre dont le nerf scialique est intact, présente une température plus élevée (SS"" C.) que celui dont le nerf est coupé (SO"" C). Il coupe alors en travers le nerf sciatique laissé sain jusque-là; au bout de quelques minutes, la température du membre correspondant est passée de 33"* à 39',1, tandis que, dans le membre dont le nerf sciatique a été coupé quinze jours auparavant, elle est tombée de 29^ à ib!".

Enfin, si Ton détruit complètement la moelle lombaire sur un chien, et si, à la suite de cette destruction, on sectionne un nerf sciatique, la température du membre correspondant est plus élevée que celle de l'autre membre (1 ).

De l'ensemble de ces expériences, M. Goltz conclut, nonseulement qu'il y a des centres vaso-moteurs indépendants situés dans la moelle épinière, mais encore qu'il faut, ainsi qu'il l'avait supposé dans son précédent travail, considérer ai»si comme des centres vaso-moteurs indépendants les ganglions situés sur le trajet des nerfs vaso-moteurs, au voi-

(1) La dettrnctioii da renflement lombaire de la moelle épinière no détruit pas complètement toutes les communications nerveuses qui existent entre les vaisseaux des membres inférieurs et les centres nerrcux. Il reste encore des fibres Taso-motrices qui, proTenant des ganglions lombaires du grand sympathique et deitinées aux taisseaux des membres inférieurs, sont en relation avec la partie inférieure de la moelle dorsale. M. Schiff {*) a montré, en cfTet. que la section des trois dernières racines des nerft thoraciques, ches le chien, détermine toogours une élévation de température dans la jambe, dans la partie in« férieure de la cuisse, et quelquefois daAs le pied et dans la partie supérieure de la cuisse.

O SebiiT, Sur U$ turfë Dto-moteun det extrémités (Cumptes reml

MMMt 1*' MDtambra 1868). — Yoyez auiû pour Yorigine deê nerfs va*(Mnoteur$ des membres

lins de l'Académie den

mUéritÊure : ëaàK (Comptet rmdnt àm i'Ac«U. ûm se., 8 ft«pteinbre iSôi),

siiiAgei)«8TMSii^¥ Qu inl^jw^daRfï^pi^qîidgc^ final». On ml qBe, «ow £8 4«W^ KWi^f i» J4élë4 f)P M. Gp1t9 9>nt flpftfoFffiM »u( mî^ip^; ^ ^ s'i» éloigo8r«t, lorsque m i^f»ioiA^i«l» Br^eod hhi^ If^ gia# épJBÎÀra et ]q» nerk m ^ i^i^AW^ R>nt jhjf |^ ¥a|$«9|iix wptim Motion toouviff- U «06)1» ^ lits n^ F^hi4iei{|

tout à fait inFacse, c'ert^fn^îre es »«(«»»( f^m m^iVmi raodératrifie sm \w gaqgiioq^ xmw^l 4^ ptefug fiînBN^T vasfiuiaires /9u i^f «ai» «ii}i sqU dans rép^«sff|ir m^ des parois des vaisgeaDx. 9'aprè§ M- Odi^h «i 1a j^îod de la DioaUfi lombuM diMMmii;^ w/s dil^totîon de» njsseaiix dfis nMiulmss postérte»i>, q^a tiendrait à firsîtir

tioo pcûduiu iton» 1^ ^i^M lernwaje da la mpaU» pir

celte aeelion, et à )a sm}(«^na^ /i^rmJAép «in|î daai Taclivité tonique des ganglions périphériqu^ai inUfWlaifM;

et si cette dilaUOiâD â»m iw fiw\m »9WÏ>w i» imms, po devrait rattribuer k h {m^siitens» àat^étu ^^itmlêêum. Eotratné par aoo fa^fgottiàse, M. Gobz ide^wit névsssèitor ment admetlce que la fiectioi} dji nerf scîatiqud n'agit aiisiî qu*en irxitant les fthces yasoHBodiiratrioes fioutrauaa daoi ce nerf. Mais> de cooséfuence en Maséqueofii, il aa urîvi à supposer que, contrairement à ce qui est admis, Texcitation directe du nerf sciatique doit provoquer une dilatation yasculaire, et il fiqpçtjiîe fljj'i} ^ ççl feigp j^usi î (1 soumet le bout périphérique du oerf sciatique à 1 action d'un SQurant galv^iqiie oy farajji^qjje, ejt jl yojt la température du membre cerjespondant a'ilanv «jàdiiminl de & ou 5 d^rés (t^ f

(i) M. popt} 0 avait déji j^étendti que rélcctrisation du boat pcn^Wn-

(*) I, D«§iel, Dtbtr drn Einfluêê dn NtrvwM Uchktéiau m*wI A'rmu irmrùUê tuf 4»e rv>*l^ |itn i99 Btutti in dm imferm Sttrûmitêtm (Pfl«p^« AMbiv, Ill9l-9i. |i. 99$ 9^ Mt«.

EXP^1^I|SI(C^ p§ |f. GOLTZ. 479

M.' ^Fm^ ta rwja'y^ qu'il 4onpe ^i; îray^i} .dç

¥.• Gp}«^» » feieo ^n)j^° àfi mUf^ Pij doutg jps pi'iijp,9SJ.tiQ.q§

«iHsioij^/ i) a4j2M^ qw !# ^içtipiî 4'i^n p,^rf, 4» fjerf ?c«tigflp, par exempte, pFpduit (iqp irri^g^oR d.e§ ^.^pes vaso-iflplrifçes pppt|3que§ dp§ cg nierf : joojijg Pi «sJ jj? pn9iiT9 ()@ ^(e /i?serljpnî Ii# vftyofls-npw? p^, pQipfRe je ^ fP^ff^ifig^. gtrf«is, gog la ^tiQD §p qerf^^tefminp, npi ;@ té^pQ^ pfijrgMfiQq^ (j<^p}H^1eçporr6«p9|)4pt9, Ajais to»ff »»»9ly#? PptffflPi 1* Sectiftfl pFodyirjijT^îjte ?uf les %r« ï|S9-iBgfrM^, op XMfl.-flj^mfriQ^ d« î'ajlfpïri Wfl «4ipp 4i£^Çep^Q de ^jfe W'^e exprçfi ^pr Jf ? ^J)res nWJççvl&BipîfifipçTÇt coffljHeflt ^p^jB^ii^ qwp ggttg jirir tjMiofl 4^ fibf^ ïa§prin#Jficq5 pu|?§§ dijfgr p)4pi/Çtfi| semaines, surtout lorsqu'on jfpi^ ^up les j^f^ pf ryjei;sis§ 4j| IjiiQpt p^pliilpqije sul?i§siçnl, m frppt 4^ «JliJgl^Mes i«#fs, ji;^ ;|Jféi:alJQp qpi déjf ji^it leprs pi;pp.rijété8 pbjfgiy^Q? gPHps i;«x^tabilité, |V}m4JV><^i))iU|^ > oévrilHé, «n up fppt)? Je sais bien qif« Jf . |jpjj; rfl^to» * J'^PP^i (l««ÎH WÏQ»?} SW» l^îP^iepfjp spjr fp lipuj p^jpji.éf jqyjç du perf apjatjgpe. Mis #?l#VBpcp n'a éywjçpipiepl pgis li| jçigniifc^tjûp <jy'j| lui #|lr^bpp, 0 pff ppsçjblp a la jrigppu|:, ^que l'plec^rj^Qp du bout périphérique du nerf sciatique, faite d'une cer- U:ii« UîWf 'mit» ]^ tjsçps jdp la ppis^ ejL (Jé^efpiipp, par l'intermédiaire de fibres eentrip^s bob eoupées, une iS^m ?u5Beflsiye m iQ§ ceptrgs yasp-apteure çpntepus

(et m«me d«ni celle dj .cAt^ IfUeii)- ^ <Wt U, RV^f^t ft^, des {^^ifJUU exceptionnels et qui ne pronrent pif, en tout euj que le nerf iciatique contient dei flbret vMo^Uatatricei.

dans la moelle lombaire et les ganglions sympathiqii«^ abdominaux, action pouvant avoir encore pour résultat une dilatation des artères du membre. Hais, en réalité, l'excitation portant bien isolément sur le bout périphériqu .* du nerf sciatique, n'a pas, sur les Qbres vaso-motrices que renferme ce nerf, Taction observée par M. Goltz. J'ai électrisé bien souvent le bout périphérique de ce nerf sur des chiens curarisés ou chloralisés; j'ai toujours constaté, et j'ai pu faire voir, que cette électrisation avait pour résultat de faire resserrer les vaisseaux des extrémités digitales du membre correspoudant. C'est là ce que j'ai dit dans une autre leçon, et je le répète, c'est là un résultat constant. Le resserrement des vaisseaux se traduit chaque fois qu'on électrisé le nerf, par un arrêt de Técoulement de sang provenant d'une plaie faite à la pulpe de l'un ou de l'autre des orteils.

Quant à la section de la région lombaire de la moelle épinière, c'est encore une paralysie qu'elle produit, tout aussi bien dans les nerfs vaso-moteurs que dans les nerb musculo-moteurs des membres postérieurs (1).

Les seules conclusions bien acceptables que l'on puisse tirer du travail de M. Goltz, à savoir : qu'il y a des centres vaso-moteurs multiples dans la moelle épinière, et, d*aatie

(1) MM. Potzeyf et Tarchanoff, à VinsUgation de M. GolU, ont entrvprà des recherches pour contrôler les opinions émises par ce physiologiste. lU arrivés, sur bien des points, à des conclusions opposées aux siennca. expériences ont été faites sur des chiens, des grenouilles, des canarda. Ils o«C constaté, comme tous les expérimentateurs, que la section des nerfe antrs (scintiques) détermine une dilataliou des Taisseaux dans les parUcs aiixqiselW« ils se rendent, et que l'électrisation du bout périphériqae de ces nerlk un resserrement de ces Talsseaux; ils admettent Vexittence, daas In épinière^ de centres d'action tonique des Taissenux, etc. O-

(*) P«lijc PutMjt tt Fûnt TorchaDoff, VtUr ém Binfhuê en KervtHM^^um» ««/^m T^aM^ der GtfêMm (CMtralbUtt .., 1814, p, 641).

INFLAMMATION. libl

part, c|ue les ganglions nerveux, situés dans les plexus çircum-vasculaires et dans les parois des vaisseaux, peuvent jouer le rôle de centres vaso-toniques, ces conclusions, je le répète, sont d'accord avec les idées que je vous ai exposées sur ces points de l'histoire de l'appareil vaso-moteur (1).

Je reviens à l'étude des cas pathologiques dans lesquels on observe des congestions dites réflexes, c'est-à-dire provoquées par une irritation périphérique et déterminées par la médiation des centres vaso-moteurs. Au premier rang, nous trouvons, dans cette catégorie de faits, \ inflammation.

Vous savez que la congestion se trouve au nombre des symptômes dits cardinaux de l'inflammation : rougeur^ chaleur, douleur^ tumeur, La congestion inflammatoire est uniquement, au début, le résultat de la- dilatation des vaisseaux de la région enflammée : plus tard , il s'y joint reflet d'une extravasation plus ou moins abondante de globules rouges du sang, extravasation qui s'opère par diapédèse. La dilatation vasculaire n'est pas bornée strictement à la région dans laquelle évoluent les actes morbides de rinflammation ; elle s'étend toujours à une certaine distance au-delà de cette région (2).

La dilatation vasculaire inflammatoire se produit par le même mécanisme que celle qui se montre dans la conjonctive oculaire, sous l'influence de la pénétration d'un gravier entre la surface du globe oculaire et l'une des pau-

(1) VoyexauMi: Ed. Hitxig, Vcber die Réaction gelâhmicr Géfùstmuskeln (nerliii. klin. Wochensch., 1874, n* 30. — Analyse in Revue des sciences méd., 1875, t. V, p. SI).

(2) Coniultex, pour ce qui concerne les modifications des Taisseaux sous l'influence de l*inflammation : G. Saviotti, Untersuchungen ûber die Verûnderungen der BlutgefdMee bei d»r MrUzmdufig (Virchow's Arcbiv, 1870, p. 592).

YULPUH. n. — ^1

483 VlNGT-QUATEli» UÇOK.

pières, ou encore que celle qui a lieu à$n% la peau soumisa à l'action, soit de la chaleur, soit de divers Irritants ; ap* plication de sinapisme^, badigeonnage aiec la taioture d*iode, galvanisation, violeuoes mécaniqMs (percusiioD, frottement, pincement, piqûre, etc.)* Dia les premiws moments du travail inflammatoire, et même dès rinaUnt où l'atteinte phlogogène frappe un tissu, une irritation prend naisBanee dans ce tissu ; les oerfs centripètes, teosîtifs ou non, qui sont à portée de cette irritation, sont «aoîléa d'une bçon plus on moins violente. Ces oerb transmettaot an centres vasonnoteurs de la région reicitation qu^ils ont subie ; Tactivité tonique de ces eentrss est troublé» et sutpendue plus on moins eomplétomeiit i de là, œssatioii ou diminution du tonus des vaîsseaui soumis à ces eentrtss, et, par conséquent, dilatation plus ou moins oonaidéfftbie de ces vaisseaux.

Ce ne sont pas seulement les artérioles qui as diklaol, des artères plus volumineuses se dilatant aosn ; leurs battements augmentent d'amplitiida, d'autant plus qo'no cer^ tain nombre des capillaires ausquels elles eonduisral le sang artériel, se trouvent bieotAt obturés par des neociétiens sanguines, ou effacés par suite du gonflemeni dsi lima extra-vasculaire, et que robstade ainsi opposé an nonn natinrel dussng augmente la prMuon qu'il enrae onotrv les parois des artères dilatées. D'autre part^ las eapilkîrai qui restant perméables, se dilalent, et le oonii dû ns^gt an lieu d'y Hn continu , eomaw dana Télat nonnd, y

devient saccadé^ comnie dans les artères. C'est là, en Inertie du moins, la cause de celte sensation de battement que Ton éprouve dans la r^ion enflammée, lorsqu'il s^pl d*une.r^on douée d'une vire sensibRHé, et surtout lorsque le foyer inflammatoii» est bridé nar des

OU pjir li^ peau (dou)eyrs pulsativçs du panaris, d$ la plu^ part des phlegmons),

ta rougeur çongestjvç, déterroioée par l'inflammation, a, ep général, une teinte assez claire, différpnto, en tout cas, de celle des çon^^estions passives. I)ans les coQj^estioqs pa? sjves, c'est ordinairement du sang veineux qui rempUi les réseaux çapillairçs. Ici, dans Tinflammation, les réseaux capillaires, libres encore, sont parcourus par du sang artériel qui les traverse avec une assez grande rapidité

pour ne perdre qu'une faiWe quantité de son oxygène» et qui, par conséquent, y spnserve en partie sa teinte rulilantç, H peut se mêler, le plus souvent, dans les veines, avec du sanj; plus sombre, provenant de régions nçn enflammées, et ce mélange offre une coloration en quelque sorte intermédiaire entre celle du sang artériel et celle du sang veineux. Les analyses faites par MM. Ëstor et Saint-» Pierre, pour comparer iç sang veineux qui revient d'un

foyer inflammatoire au sang qui circule dans la veine bo^ môlogue de Tautre moitié du corps, ont prouvi^ trés-nettemept que le sang revenant du foyer d'inflammation est plufi riçbe en oxygène et plus pauvre en aeide carbonique qiM l'autre «mg (1).

Celte dilatation des vaisseau?^ est (évidemment une cause d'augmentation de cbaleur pour la partie entlammée, D'une part, lorsqu'il s'agit d'inflammations sops.-cutanée« ou cutanées, bien que Les causes de déperdition de çalo« riqu« soient augmentées par suite de cette dilatationt cooNne nous l'avons expliqué dans une précédente leçi^nt cependant le sang, à cause de #on rapide passage dans le»

(1) Estor et Saint-Pierre (Comptée rendui de 1* Académie dei sciences, ftvrit 1864).

réseaux capillaires cutanés, ne se refroidit que très-peu, et la peau devient et reste chaude. D'autre part, dans les tissus atteints d'inflammation, les phénomènes chimioophysiques de la nutrition et de la combustion intimes doivent, ce semble, prendre une activité anormale, morbide; il doit, par suite, se d^ager uue plus grande quantité de chaleur que dans ces mêmes tissus à l'état sain. Des données contradictoires ont été, il est vrai, fournies par les divers auteurs qui se sont occupés de cette question. Les uns ont trouvé que la température de la partie enflammée est plus élevée que celle de l'artère aSërente, tandis que les autres ont observé des résultats inYerses.' Toujours est-il que la température de la région enflammée est plus élevée que celle qu'elle présente dans les conditions physiologiques. Il serait déplacé de vous rappeler ici les différents travaux qui ont été faits, pour examiner cette question de la production de chaleur dans les foyers d'inflammation. Vous pouvez trouver les principaux renseignements sur ce sujet dans l'ouvrage de M. Wunderlich (1). La dilatation des vaisseaux dans les foyers inflammatoires et au voisinage de ces foyers, joue un certain rôle dans la production de la tuméfaction que présentent, dès le début, les parties enflammées. Un nombreplus ou moins grand de capillaires étant imperméables au sang, dans ces parties, les veines qui y prennent naissance ne reçoivent pas de vis a tergo. Il s'y fait donc nécessairement un mouvement de fluxion rétrograde, et ce mouvement est augmenté par suite de la dilatation des artères afférentes. I^ suite de cette dilatation, en effet, les capillaires restés litN«$ tout autour de la régiou enflammée et dans les points lei

(1) Wunderlkh, loc, dt.^ p, 158 «t tuiv.

INFLAMMATION. à 85

moins atteints de cette région sont traversés par une plus grande quantité de sang que dans l'état normal ; les veines en relation avec ces capillaires en reçoivent donc aussi une plus grande abondance. Ce sang, qui parcourt ces veines sous une plus grande pression et avec une plus grande vitesse, est porté, en partie, dans les troncs veineux auxquels se rendent aussi les veines provenant du foyer inflammatoire ; il doit refluer avec force dans ces veines. Il pourra donc se produire une pression Vélrograde assez considérable dans ces vaisseaux veineux, et ainsi s'établiront les conditions de Toedème qui se développe presque toujours, comnie on sait» à des degrés divers, dans les foyers inflaoïmatoires et dans les régions circon voisines. Cette fluxion rétrograde, sous pression assez considérable, favorisera ou provoquera môme la diapédèse des leucocytes et des globules rouges du sang.

Nous avons admis que la congestion phlegmasique est provoquée par Tirritation des fibres centripètes comprises dans le foyer inflammatoire. C'est là un point qui n*a guère besoin d'être démontré. Cependant si l'on pouvait conserver des doutes sur l'exactitude de cette explication, il serait facile de les dissiper à l'aide d'expériences trèssimples. Si l'on coupe, par exemple, le nerf auriculo-temporal du trijumeau et les nerfs cervico-auriculaires d'un côté sur un lapin, on abolit en grande partie la sensibilité de l'oreille correspondante : on peut alors comparer les effets d'une irritation pblogogène faite sur cette oreille à ceux d'une irritation semblable et de même intensité, faite sur l'autre oreille. Je me suis servi, pour opérer cette irritatioUy d'un fil de fer rougi dans la flamme d'une lampe h gaz. rai conslaté, sur plusieurs animaux, que la congestion est moins vive dans Toreille dont les nerfs sensitifs sont.

i86 YINGt-QUÂTRIÊMB LBÇOX.

pour kl plupart, coupés, que daOs Tôreille du o6té opposé. Cette congestion de (^it pas toutefois complétemeDt défaut. Cela tient âans dôutô en partie à ce que les nerfs seositiÊ de iWilIe ne sont pas ateolument tous coupés; il reiteoQ peut rester encore des fibres provenant du ptieumogastHque, et quelques fibres centripètes (sensitives oii Aon) appartenant au cordon sympathique : mais ce dont il faut teoir compte surtout , c'est que des pbénofnènes de dilatatioo yasculaire peuvent avoir encore lieu dans IWille, par la médiation des ganglions périphériques situés sur le trajet des nerfs vasculaires.

Quant au mécanisme par lequel les pentres vaso-motean de Taxe bulbo-spinal, ou bien les ganglions vaso-moteurs, déterminent, sous Tinflueuce de Texcitation qui leur est transmise, une dilatation vasculaire dans la partie où siégf l'irritation inflammatoire, il consiste probablement eu une suspension de Tactlvité tonique de ces Centres. Du moiib il est bien diflicile de mettre eti évidence rintenrentiofl d'une incitation réflexe dé nerfs vaso-dilatateurs, m^me en choisissant les parties qui se prêtent le mieux à une recherche de ce genre.

C^est la langue qui m^avait semblé devoir nous fournir des renseignements utiles sur la question qui nous occupe en ce moment. Les vaisseaux de la membrane muqueuse '. e la partie antérieure de la langue sont soumis manifestement à ^influence de deux sortes de fibres nerveuses : 1* Les unesi vaso-constrictives, amenées par le nerf lingual, le nerf hypoglosse, et les filets indépendants, émanés Ju grand sympathique cervical ; 2* les autres, vaso-dilataUices. provenant de la corde du tympan et conduites à la langue par le nerf lingual. 11 était facile d'interrompre la continuité des fibres vaso-dilatatrices de cette partie de la langue; il

tlFLAMMATim. &87

suffisait ée couper tninsvenaleiaent la corde du tjmpan. Si la congestion inflammatoire a pour cause la mise en jeu, par action réflexe, de fibres vaso-dilatatrices, cette section de la corde du tympan detait empêcher la production de cette congestion dans la langue. J*ai donc sectionné ce rameau nerveux daus la caisse tympanique, sur plusieurs chiens; puis j'ai soumis les deux côtés de la face dorsale lie la langue à des cautérisatiom, à l'aide d'un fli de fer rougi dans la flamme d*nne lampe à gaz ; j'ai brûlé ces deux cAtés de la membrane muqueuse avec des acides, en cherchant à produire symétriquement la mftme lésion ; j'ai employé Tessence de moutarde : dans aucun cas, je D*ai observé la moindre différence, sous le rapport de la congestion ainsi produite, entre les deux moitiés de l'organe. Je voyais se confirmer ainsi ce que j'avais vu, en mettant en usage les excitants mécaniques et galvaniques, à savoir que la section de la corde du tympan ne modifie pas d'une façon appréciable les effets vaso-dilatateurs produits par les excitations directes de la membrane muqueuse de la langue. Ces expériences sur la langue, loin de prouver que la congestion inflammatoire est le résultat d'une dilatation vasculaire réflexe, effectuée par Texcitation réflexe de nerfs vaso-dilatateurs, tendent au contraire à démontrer que cette congestion s*opère, d'une façon générale, par le mécanisme suivant : Tirritation phlogogéne agit sur les extrémités d*un certain nombre de fibres centripètes, et, par l'intermédiaire de ces fibres, sur tes centres vaso-moteurs qui sont en relation avec les nerfs vaso-constricteurs de la région irritée. L'activité tonique de ces centres est suspendue par cette irritation, et les vaisseaux innervés par les fibres vaso-constrictives, soumises à ces centres, so dilatent. C'est ainsi que l'on peut expliquer, croyons-nous,

&88 VINGT-QUATRIÈMB LEÇON.

la production de la congestioa du début des inflammations.

Ce mécanisme doit être le même pour les pUegmasies de tous les tissus, dans les cavités ^viscérales aussi bien que dans les membres et les diverses autres parties do corps.

Les foyers d'inflammation subaiguë ou chronique peuvent être, dans certaines circonstances, le point de départ de congestions plus ou moins étendues, plus ou moins brusques, et ces congestions secondaires peuvent donner lieu à des accidents plus ou moins graves. C'est ainsi que les néomembranes de la pachyméningite peuvent, sous l'influence de causes occasionnelles le plus souvent obscures, devenir le siège d'une vive irritation qui, perçue ou non perçue, déterminera une forte dilatation des vaisseaux de ces couches néoplastiques, avec afflux d'une grande quantité de saug, pression exagérée sur les parois de ces vaisseaux, et finalement ruptures vasculaires. C'est là bien certainement le mécanisme des hémorrhagies méningées qui se produisent dans Tépaisseur des néomembranes de la pachyméningite» ou qui, beaucoup plus rarement, font irruption dans la cavité arachnoïdienne. Les ecchymoses de ces néomembranes, soit celles qui ont pour cause des ruptures de petits vaisseaux, soit celles qui se font par diapédèse, sont dues aussi à ces congestions, aidées ou non par des embarras éfeutuels de la circulation capillaire.

Des congestions violentes aussi, et suivies, dans quelques cas, d^hémorrhagie cérébrale, peuvent se manifester encon! chez les malades atteints de péri-encéphalite diffuse. Lirritalion qui existe alors d'une façon à peu près continue dans

IfIFLAMMATIOff. 489

les méninges cérébrales, dans Técorce grise du cerveau, dans répendyme des divers ventricules^ peut, dans certains moments, devenir beaucoup plus violente, et déterminer une forte bypérémie, plus marquée en général dans une région de l'encépbale que dans les autres régions. De là des attaques apoplectiques plus ou moins passagères, quelquefois suivies d'hémiplégie, lorsqu'il y a eu des ruptures vasculaires et par conséquent des hémorrhagies. Disons toutefois que toutes les attaques apoplectiques de la paralysie générale ne sont pas dues nécessairement à des congestions cérébrales et que, parfois, elles peuvent être déterminées, au contraire, par de l'anémie de parties plus ou moins étendues de l'encéphale, et que cette anémie est alors le résultat de phénomènes vaso-constricteurs réflexes, provoqués par l'irritation dont les parties où siège Tinflammation sont atteintes.

C'est par le même mécanisme encore que les tumeurs intra-crâniennes déterminent des attaques d'anémie céré-* brale, et qu'elles provoquent aussi des congestions, ou même des hémorrhagies, qui ont lieu tantôt dans le néoplasme lui-même (dans les gliomes et glio-sarcomes, par exemple), tantôt, et le plus souvent, dans telle ou telle région de l'encéphale.

Da r61e de Ta^j^reQ TMO-OMteur <Imw U prodaclion en co«f«s(ioBi (aute).

Des cong^stîoiiB liées aux nérralgies. — Mécanisme de la proiluctien de os eongHUoai« — • Oêt eéerMont «ugérées fui Hi^fenl accompafBir cm enfeaUena» et Ae leur «éeaahme.

Des confeatioas qui se montrent dans le cours des pyrexies. — Goageilioa générale de U peau duns le second flide de la flèrre hitertnltteote. — Mk éê l*i|ipir«i f ii> mnteor deas la piwimtioa de ailla aeafiHiea. «— Hé» nisme de la sécrétion sudorale exaférée qui a lieu dans la troisième itsdsée la fièvre intermittente. — Des relations du système nerreox avec les glsaéei Mi«loripâi«§. — Aelloa de VatroplM at du Jakomatt swr la eêevéïiaa 4i ii sueur. -^ GoagaaliMi de la paaa daaa la fièvre tfPM<ia» daaa Isa Umm cruptives (rougeole, variole, scarlatine). ^- Congestion des membranes nique uses dans ces m^mes condltioas. — Congestions viscénlea dim to ctin des pyrexies. — Congestions des poumons, de la lala.

Congestions cutanées émotives.

Congestions produites à distance dans certaines parties du corps par des \kàMi d'autres parties. — Roufêaf des pammettea dans la paaamaala. «— tH^ém de la laflspérataca des laemkras d*Ma cAté d« ooiips daaa les cas de monie, ou de pleurésie, ou de pbthisie. — Hémiplégie liée à la

— Lésions viscérales dans les cas de brûlures étendues de la peaa M éa tiasui satts«Jac8B(s»

Da rAle da Tappareil vaso-mateur dans la prodaetiaa des liémorrliagies.

Ilémorrbagies dans le cours des fièvres éruptlves.

Hcmalidrose de cause névropathique.

Hémorrbagies supplémentaires. — Hémorrhagie de la meastruation norosle.

— Flux hémorrboîdaires. — Hémorrbagies utérines liéas à des névral^i.*».

— Métrorrhagies dans les cas de corps fibreux, de polypes de Tatéras. Hémorrbagies et eccbymoses de diverses parties du oorpa daaa les cas de lésîsai

du système nerveux.

Les névralgies peuvent donner lieu à des congestions plus ou moins vives, plus ou moins étendues, lesquelles se produisent évidemment par la médiation de Tappareil vaah moteur. C'est surtout dans les cas de névralgies da nerf trijumeau qu'on a roccasion d'observer des congeslioos

coNGCSrrioKs 0am vti hCVEalgibs. &0i

de ce genre, dans den poittts tsriés» suivant la branche du nerf qui est seule le siège des douleurs, ou du moins, suifant celle qui est le plus particulièrement affectée. Rien de plus comtûun, par exemple , que la rougeur plus ou moins intense de la conjonctive oculaire, chez les sujets affectés de névralgie sus-orbitaire. Dans un excellent travail de ^ M. Notta (1), on voit que, sur 61 cas de névralgie du nerf trijumeau, la rougeur de la conjonctive a été constatée 3& Fois. Ia congestion peut s'étendre à toute une moitié de la face ; elle peut avoir pour siège la muqueuse buccale, et se montre alors soit sur la joue, aoit sur les gencives, soit sur la langue et le plancher buccal. Tantôt elle est permanente ; tantôt, et beaucoup plus souvent, elle disparaît plus ou moins complètement dans les moments d'apaisement de la douleur, pour se montrer de' nouveau, plus ou moins prononcée, lors de chaque crise douloureuse. Ce phénomène symptomatique peut se manifester, quelle que soit la tmuse de la névralgie; qu'il s'agisse d'une névralgie liée à l'intoxication palustre, ou que l'affection ait pour point de départ, soit une affection des dents et du périoste alvéolo^entaire, soit un névrôme, soit une lésion de la face intéressant une des branches du nerf trijumeau, soit une tumeur exerçant une irritation sur le tronc du nerf, près de son origine {% aoit enfin une altération du foyer d*origine de ce nerf (S).

(1) A. NotUu Mémoire m^ le$ lésions pnKtMhÊOèÈ 9IH' sont «oKt M dépendWfice dés névraigies (Àrdilic* géli. de «éd., 1S54, U, |^. 1 et nilv.).

(2) J'ai obserfé afec M. Chouppe, alors interae dans MM ièfVMe» «ta tm RflMr^uaMe de ce gente. ■ i^skMUt 4*iim piUle etoatMè de la baae da crèse, eyeai traterté te nerf trijtiaeaa étm 1» feitie pettérieare d« gwiflim de Gaater : «eUe léaiiHi avait détermine me ttéTnlgie ém fftm ée«ie» relises (*)•

v3) J'ai cherché depak leiigtenps à neotfer, eesutte d'eaimi patfHdegtBtai

(*) n. ChunffD. FerAt «ntrote tfn rt>ehtr diuocinnt tet fl^m tfM ffAnifUàn 4k ^«Mfr H paynét de névralgie facial* (Archiret de physiologie, 4873, p. 657).

Quelquefois la congestion s'accompagne d*irritatioQ inflammatoire, comnie dans la plupart des cas de névralgie dentaire, et alors à la rougeur congestive se joint de l'œdème, de Tem paiement ; il se produit évidemment un certain degré de diapédèse de leucocytes ; il y a, par conséquent, une tendance à la suppuration, tendance qui se réalise souvent par la production d'abcès. Ce sont là des cas complexes et que je puis laisser de côté, pour ne m'occuper que de ceux dans lesquels la congestion est sous la dépendance exclusive de la névralgie. En même temps que cette congestion^ on peut observer, à des degrés divers* du larmoiement, une sécrétion abondante de mucus nasal, de la salivation, des sueurs locales sur le front, sur la joue. On a même noté, dans des cas exceptionnels, des troubles de la nutrition de la cornée, et même de Tamaurose. Mais je ne veux pas parler ici des faits de cet ordre, et j'appelle votre attention, d'une façon exclusive, sur la congestion observée dans les cas de névra^e du nerf tn«> jumeau.

Cette congestion s'expliquerait facilement par l'hypothèse des nerfs vaso-dilatateurs. Il est même des cas où nous pouvons admettre sans hésitation l'inlervention pos-

l'ont fait aussi, que les néfralgies ont, dans certains cas, leur point de dëpart dans une altération des centres nenreuz. On peut consnlter, sur ce s^jet^ le mémoire suivant de M. A. Tripier : Patkoginie d'une eiasse peu conmme iTff/- Sections douioureuseê {algies ceninques et réflexes) (Archives gén. de Méë., 1809, p. 399). — Voyei aussi un intéressant traTail de M. le docteur Armainçiad. intitulé : Du point apophysaire dans tes névralgies et de tirritatùm spùmie (Paris, A. Delahaye, 1872).

J'ai vu, dans un cas d'ataxie, où les papilles optiques commençaient à s'atrophier, une violente congestion se produire de temps en temps, sans emsÊt «ce»sionneUe, reconaaissable, dens les membranes conjonctifes oculaires, sarteut d'un côté (œil gauche), avec douleurs asseï vives au pourtour des yeux. Cette congestion vraiment inflammatoire disparaissait chaque fois, an bont de dent ou trois jours. Elle semblait due à une irritation névralgique d*ori(rine centmle.

CONGESTIONS DANS LES NÉVRALGIES. Ii9&

sible de nerfs de cette sorte. Ce sont les cas où une congestion de la langue se montre sous l'influence d'une névralgie du nerf maxillaire inférieur; M. Notta relate Jeux faits de ce genre » empruntés : Tun, à Méglin ; l'autre, à Guastalla atné» de Trieste (1). Dans l'observation publiée par ce dernier, il est dit : qu'à chaque paroxysme, la langue se gonflait, au point de sortir hors de la bouche, dans une longueur de 2 à 5 pouces. Le gonflement de la langue était-il bien la seule cause de cette saillie de l'organe hors de la cavité buccale? On peut en douter, mais le doute ne peut aller jusqu'à nier la tuméfaction de la langue. Or, il est probable que ce gonflement était déterminé par une congestion intense, accompagnée peut-être d'un certain degré d'œdème. La congestion avait vraisemblablement pour cause l'excitation réflexe des fibres vaso-dilatatrices que la corde du tympan fournit au nerf lingual, et qui accompagnent ce nerf dans les diverses régions auxquelles il se distribue.

Mais, ainsi que je l'ai dit dans la précédente leçon, le nombre des points du corps, dans lesquels on a constaté bien nettement l'existence de nerfs vaso-dilatateurs, n'est pas encore tel, qu'on soit autorisé à admettre que la dilatation des vaisseaux, provoquée par des excitations agissant sur les extrémités périphériques de nerfs centripètes, est partout due à la mise en jeu, par action réflexe, de fibres vaso-dilatatrices analogues à celles de la glande sous-maxillaire et de la langue. Il nous faut donc interpréter, au moins provisoirement, les congestions produites par des névralgies dans les autres régions du corps, comme nous l'avons fait pour la rougeur inflammatoire. Nous

(1) Notta. Loc, cit,t p. 801 et lutt.

A04 V)NGT*CUIQUlillE LSQOV.

devoBs wpposwr quo kw excitations «gissftot nir les nerfs centripètes semâti^ on wr )es éléments nerveux de leurs foyers d'originOi peuvent Mre tmnsinises aux centres vasemoteurs des régions où se distribuent ces nerfs, et peuvt^nt suspendre Taetivité tonique de ces centres, de façon à dûterminer um panlysie des vaisseaux des régions corres pondantes.

P'aillewrs, ce m^MPime ne diff&re pas, au fond, de celui par lequel a lieu la dilatation des vaisseaux de la langue ou des glandes sousrinaxillairBs^ sous rînfluence de l'excitation de la corde du tympan* Dans les deux cas, la dilatation vaievlaiiv piraU ^tre le résultat d'une suspen* sion de l'activité des centres vaso-^moteurs avec lesquels les fibres vaso^constrictives sont en relation et qui régissent le tonus des vaisseauji innervés par ces fibres.

On pourrait Mre tenté d^attribuer à la dilatation va^culaire et 4 la eoQgestion qui en ré3aUe, les sécrétions exagérées qui se montrent quelquefois chez les malades aflectés de névralgie du trijuin^au, h savoir : le larmoiement, le ptyaliswç, la sécrétion de mucus nasal, les sueurs locales, qui ont lien ebes cerUios malades» Ce serait k torif Pour se eopvptinçre qu'il n'y a aucun lien nécessaire entre ces deux ordres de phénomènes, la oongestion et les séci é* tions exagéré9s, il snfl&t déjà de considérer qoe la fisoe et les membranes muqueuses des yeuxt des fiMues nasales, de la bou«be, peuTMit présenter de la oPBgailion sans qyii y ait le moindre trouble dftns les fonetiona des ^mk» lacrymalePi salivaires, sndoripures» on des glandes muqueuses nasales. Pour que ces fonctiops soient trouldée», il faut donc quelque phose de plus qu'une simple fluxion

sanguine vers les régions innervées par le nerf trijumeau ; il faut que les fibres sensitives ou oantripétes, dont raxd-

llYPIiRCBimed VKSS LES tfÉVBALGlI^S. ^95

tatioD proToque d'orditmire la sccrétion de ces glandes, participent à Tirritation dont sont aflPeetées certaines br u;:hes du Berf. Dam ces conditions, une action réflexe iiécrétoire se produit, tout h fait semblable k celle qu*aiirait déterminée une excitation de la membrane muqueuse buccale» de la eoojonclive oculaire, de ta membrane muqueuse de Schneider, de la peau, et il y a ptyalisme, ou larmoiemeut, ou fiécrétîon considérable de mueus nasal, ou sueur abondante. C'est probablement, comme Je l'ai indiqué aiilefirs, par la médiation de fibres nerveuses excito-sécrétoires que rincltation réflexe est transmise à ces glandes. Il est très-vratsemblable quMl y a presque toujours, sinon constamment, dilatation des vaisseaux de ces glandes, en même temps que leur sécrétion s'exagère ; mais c'est là un phénomène qu'on ne saurait alléguer, pour soutenir que Texagération de telle ou telle sécrétion, lorsqu'elle a lieu dans un cas de névralgie, est un elfet taéeessaire de la congestion pins ou moins étendue, déterminée par cette affection. On e:^ même en droit de supposer, en se fondant sur ce qne nous avons vu à propos des glandes salivaires, qu«, pour les autres ^andei, la dilatation des vaisseaux de ces organes ne suffit pas à déterminer une sécrétion exagérée. On peut, du re^i répéter pour les glandes sudoriparfis, une dxpérienoe analogue à celle que MM. Keucbel et Heidenbain ont faite sur les j^andes salivaires (1). Le i^bormdi ànu» liwi« eb« rb^niue^ fiomme on la sait ptr les Mpériences de M. Couthiho, confirmées par celles

de M. Gubler, de H. Rabulcau« par les niaunea et par cettst à$ phiMêum aulim nédeeiw, à mie diaphorèse pra-

^) €• ^«c it 4Nb M 4« t'aeliMi eu Jflbefftttéi eit «m td«llM à mw eoori de iS73.

/i96 YlNGT-CINgUlÈME LEÇON.

fuse et à une salivation très-abondante. M. CarviUe a déjà, dans mon laboratoire, montré que le sulfate d'atropine empè(;be complètement Taction de cette substance sur les glandes salivaires du chien. J'ai confirmé ce fait diei rbomme, et j'ai vu, en outre, que le sulfate d'atropine annule aussi l'actioii du jaborandi sur les glandes sudoripares (1).

Pour savoir ce qui a lieu dans les glaudes sudoripares, sous l'influence du jaborandi, par rapport à la circulation, il faudrait faire des expériences sur des animaux autres que le chien ; car cet animal sue très-difficilement. Mais il est à croire que si, au moment de la diaphorèse, les vabseaux des glomérules des glandes sudoripares sont dilatés et fortement remplis de sang, l'atropine ne modifie point cet état des vaisseaux et n'agit que sur les fibres nerveuses excito-sécréloires en relation avec ces glandes. 11 doit se passer là quelque chose qui rappelle ce qui a lieu, comme l'a indiqué M. Heidenhain, pour l'effet de l'atropine sur les glandes salivaires. L*action de la corde du tympan sur la sécrétion salivaire est entravée; mais les modifications vasculaires qui ont lieu dans les glandes, en même temps que

(1) Cette action d'arrêt du suUkte d'atropine sur l'eicitalion todorak dcUriiiinôc par le jaborandi a été constatée dans les conditions suivantes : On • Tuit prendre à un malade affecté de bronchite avec toui fréqui^ute et péoiblf, deux pilules de sulfate d'atropine, de 0^-0005, à un quart d'beure d'inUrvalle. Puis, vingt minutes après la dernière pilule, ce malade a bu une iiftnieii de a grammes de feuiUes de jaborandi dans 150 grammes d'eau enTÎrsn. Av bout de quelques minutes» U a c(«mmencé à saUver, et quelques instants apiis la sueur s'est moutrée. Mais ces deux phénomènes étaient relaUvenent pas marqués, et une demi-heure environ après l'ingestion du jaborandi, ib cesnicfll complètement. Or, la salivation provoquée par le jaborandi don, en génefil« deux ou trois heures au moins, et les sueurs peuvent persister pendant ■• temps bien plus long. Si l'on avait attendu encore un quart d'henie oa tm demi-heure avant d'adminislier le jaborandi, il est pi*obabln que Ti substance aurait été complètement annihilé.

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