‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 55 sur 88 · CONGESTIONS CUTANÉES ÉMOTIVES · texte numérisé non relu

CONGESTIONS CUTANÉES ÉMOTIVES

et supérieures du thorax, mais encore les épaules, la région antérieure de l'abdomen, et même la moitié supérieure des cuisses. Cette sorte d'éruption disparut au bout de quelques minutes et ne se reproduisit pas les jours suivants.

Le contact entre l'air et la peau de parties habituellement couvertes ne joue qu'un rôle tout à fait secondaire dans la production de ces congelions cutanées : on les voit en effet se manifester sur la partie inférieure du cou, chez des femmes qui laissent cette région à découvert, et, d'autre part, la roséole ou les plaques émotives sont déjà formées sur les régions couvertes, avant qu'on les mette à nu (1).

La forme roséolique que présentent, au début de leur apparition, les congestions émotives, est intéressante en elle-même. Nous pourrions répéter, à propos de cette disposition, ce que nous disions tout à l'heure de la configuration de l'éruption de la rougcQle, à savoir : que c^tte forme des taches rosées, dans ces cas, semble indiquer Texistence dans la peau de petits départements ou territoires vasculaires, plus ou moins indépendants les uns des autres, et soumis chacun à l'influence de nerfs vaso-moteurs distincts, ou peut-être à celle de petits centres ganglionnaires vaso-moteurs périphériques. Cette vue pourrait naturellement aussi rendre compte de la configuration de diverses autres éruptions; de certaines formes d'exanthèmes rhumatismaux, de la roséole syphilitique, de l'herpès fébrile, de l'herpès zoster, de certaines éruptions artificielles, et même, en poussant les choses plus loin, de différentes

(1) Comparer : L. Moycr : Ueber kùnstliehes Errôthen (Archiy f. Psych. u. NerYenkrankh., iS/A, IV, p. 540-5A6. — Quelques mots d'analyse in Ceiitrftlblat..., 1874, p. 752).

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formes d'afTections cutanées chroniques, telles que le psoriasis, etc.

Les congestions émotives présentent quelquefois une disposition asymétrique. Ainsi chez une femme atteinte d'ataxie locomotrice, avec arthrite sèche de l'épaule droite (ayant débuté longtemps avant les premiers phénomènes de laffection médullaire), et chez laquelle les symptAmes du tabès dorsalis étaient beaucoup plus marqués du côté droit que du côté gauche, j'ai vu, et montré bien souTeot aux personnes qui assistaient à la visite, que l'éniplion roséolique émotive se produisait à peu près exclusivement sur la moitié droite de la région antérieure et supérieure du thorax : cette éruption dépassait de très-peu Taxe médian longitudinal du sternum ; elle s'étendait par en haut jusque sur le dessus de l'épaule, atteignant presque le niveau de l'épine de l'omoplate droite.

J'ai vu aussi quelque chose d'analogue chez une autre malade, atteinte aussi d'une affection médullairei probablement d'une méningo-myélite limitée à la partie tout à fait inférieure de la moelle, et chez laquelle les synfiptAmos prédominants consistaient en douleurs vives dans le genou droit, avec contractions involontaires des muscles de la jambe droite, produisant des mouvements choréifonnes et presque continuels du pied droit. Chez cette malade, une éruption roséolique, peut-être émotive, se manifestait da côté droit, sur la partie supérieure de la région lombaire, et constituait là une sorte de demi'-ceintiire. Une éruption semblable comme forme, se montrait aussi du côté gauche, mais elle était, de ce côté, bien moins accusée que du cAie droit. Lorsqu'on faradisait la partie inférieure de la n^on des vertèbres dorsales, ou la partie supérieure de la réfnon des vertèbres lombaires, l'éniplion devenait beaucoup plus

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