‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 56 sur 88 · CONGESTIONS CUTANÉES DANS LA PNEUMONIE · texte numérisé non relu

CONGESTIONS CUTANÉES DANS LA PNEUMONIE

confluente du côté droit : du côté gauche, le nombre des taches "ouges augmentait aussi, mais dans une bien plus faible proportion. Cette femme offrait, en même temps, lors des premiers jours après son admission à Thôpital, une roséole émotive très-nette sur la région antérieure et supérieure du thorax, sur les épaules et la r^ion supérieure du dos.

La physiologie de l'appareil vaso-moteur nous permet aussi d'expliquer l'apparition de congestions, ou, d'une façon plus générale, de dilatations vasculaires qui se produisent dans la peau et parfois aussi dans les tissus souscutanés, chez des individus atteints de lésions viscérales, et dans des régions qui n'ont aucune espèce de relations anatomiques directes avec les viscères atteints.

On sait, par exemple, que dans nombre de cas de pneumonie» on voit apparaître soit sur les deux pommettes des joues, soit, et le plus souvent, sur une seule^ une rougeur vive, avec élévation de la température locale dans les points congestionnés. M« Gubler a bien étudié ce phénomène (1); il a montré que, dans les cas de pneumonie unilatérale, c'est sur la joue du côté correspondant au poumon atteint que la rougeur se montre presque toujours. Mon savant collègue a donné de la production de ce phénomène, une explication qui a été acceptée par tous les pathologistes : il s'agit, suivant lui, d'un phénomène de dilatation réflexe des vaisseaux de la joue. Cette explication me parait trèsadmissible, à condition toutefois que Ton attribue la dilatation des vaisseaux de la joue, non pas à une vraie action

(1) Â. Gabier. De la rougeur des pommettes comme signe cTinflamniation pulmonaire (Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, n<^ 6. — Union médicale, avril et mai 1857);

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réflexe, mais bien à une suspension de Tactivité tonique du centre vaso-moteur des vaisseaux de celte joue.

IL Lépine a appelé Fattention sur des troubles vasomoteurs qui peuvent se produire dans les membres, chez les individus atteints d'aflections pulmonaires : pneumonie, phtbisie, pleurésie (1). Ces troubles seraient plus fréquents dans la première de ces affections que dans les autres. On observerait une différence de température entre les membres des deux côtés du corps. Cette différence, qui pourrait atteindre 1*, 2* C, et même s'élever plus haut, quand la mensuration thermométrique porte sur les extrémités des membres, se chiffrerait par quelques dixièmes de d^ré, lorsque Ton compare Tune à l'autre les deux aisselles. Ce seraient les membres du côté où si^ la pneumonie qui offriraient, en général, la température la plus élevée : parfois, ce serait l'inverse. M. Lépine ne croit pas qu'il soit possible d'établir avec netteté la pathogénie de ce phénomène morbide. Il est probable que le mécanisme est le même pour cette élévation de la température d'un des côtés du corps que pour la rougeur roalaire. D s'agit sans doute, dans un des cas comme dans l'autre, d'une diminution plus ou moins marquée de l'activité tonique de certains centres vaso-moteurs, dans Taxe bulbo-spinal, sous l'influence d^une excitation œotripète provenant du poumon lésé.

Puisque je vous parle de la pneumonie, je ne veux pas laisser passer cette occasion de vous dire qu'on a cru pouvoir expliquer aussi par des troubles vaso-moteurs (cou* traction réflexe des vaisseaux de l'encéphale ) l'hémiplégie

(1) R. Lépine. Sur texùlenee de troablm vaio-mokwr» des memUree deat queiquee affections fébrUes^ et spéciaiement dam la ptseumamiê (Méau 4a \a Société d« bioloffie, 1807, p. iSS).

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