DES NERFS VASO-MOTEUBS DU FOIR
Nous avons vu M. Cl. Bernard faire intervenir, le premier, les actions vaso-motrices dans la production du tronble des fonctions hépatiques, par suite duquel survient le diabète expérimental. Depuis lors, cette manière de voir a été adoptée d'une façon presque unanime. Il était donc tout naturel que l'on cherchât à s'assurer si les nerfs, dont les lésions déterminent une glycosurie plus ou moins prononcée, contiennent des fibres vaso-motrices destinées au foie. C'est là ce qu'ont fait MM. Cypn et Âladoffpour les nerfs de l'anneau de Yieussens. Us disent avoir constaté que l'excitation électrique des filets nerveux qui forment cet anneau détermine la contraction des petits vaisseaux du foie. Ds auraient vu se produire, dans ces conditions, des taches blanches correspondant aux limites des acini. Ce serait donc, d'après eux, parce que la section de ces filets détermine de la congestion du foie, que cette lésion donnerait lieu à la glycémie, et, secondairement, à la glycosurie.
D'autre part, on a examiné si les nerfs splanchniques agissent sur les vaisseaux du foie. Nous avons coupé ces nerfs sur plusieurs chiens, et nous avons faradisé leur bout périphérique. Or, ni leur paralysie produite par la section, ni leur irritation faradique, n'a eu sur ces vaisseaux une influence bien manifeste. Il était même difficile d'affirmer qu*il y eût un changement de coloration de l'organe (1).
La section des nerfs pneumogastriques, soit au cou, soit dans l'abdomen , au-dessous du diaphragme, et l'élec- Irisation de l'un ou de Tautre des bouts de ces nerfs ains* coupés n'ont jamais produit, cq.ume effet immédiat, ni rougeur congestive, ni pâleur anémique du foie.
(t) Le résultat a été négatif aussi bien lorsque la faradisation a porté sur le nerf sptanchnique du côté droit que lorsqu'elle a agi sur celui du côté gauche.
La plupart des fibres vaso-motrices du foie sont cependant contenues dans les filets ((ui proviennent du plexus solaire, et certainement, elles sont soumises à l'action du centre nerveux bulbo-spinal, ainsi que le démontre la X)ngestiou hépatique qui se produit sous Tinfluence de la piqûre du bulbe raohidien. Si elles ne proviennent pas de la moelle épinière, par l'intermédiaire des nerfs splancbniques, comme semblent le prouver nos expériences, elles émanent probablement de ce centre par les rameaux communicants des derniers ganglions thoraciques et des premiers ganglions abdominaux de la chaîne fondamentale du sympathique.
Quel que soit leur point d'émergence de la moelle épi-* nière, ces fibres vaso-motrices arrivent au foie en accompagnant la veine porte, l'artère hépatique et les conduits biliaires. Dans certaines de nos expériences, nous avons isolé, sur des chiens, plusieurs des nerfs qui sont accolés, d'une façon plus ou moins immédiate, à ces vaisseaux ou au canal cholédoque, et nous les avons électrisés à Taide de courants induits. Nous avons ainsi reconnu, de la façon la plus claire et la plus évidente, que, dans ces conditions, on détermine une anémie considérable dans la r^ion du foie en rapport avec les nerfs ainsi excités (1).
En même temps que se produisent les effets d'anémie, la surface du foie, dans les régions qui pâlissent, semble devenir plus sèche, et l'on voit les granulations hépatiques s'y dessiner en relief. Lorsqu'on interrompt la faradisation, le foie reprend bientôt sa couleur primitive, et il peut même apparaître, dans les parties qui avaient pâli, uu certain degré de congestion. Cette congestion de retour
(0 Voy. 1. 1, p. 558et$iii?.