‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 64 sur 88 · ÉRUPTIONS PAR LÉSIONS NERVEUSES · texte numérisé non relu

ÉRUPTIONS PAR LÉSIONS NERVEUSES

relatifs à ces diverses lésions sont rapportés aussi, soit dans les thèses que je viens de mentionner, soit dans Touvrage de M. Weir Mitchell (1). Je citerai encore les cas publiés par M. Hayem (2).

On sait que ces éruptions peuvent revêtir des formes variées : tantôt il s'agit d'un érythème^avec ou sans tuméfaction œdémateuse, ou d'une sorte de panaris superficiel; tantôt d'une sorte d'ecthyma, suivi ou non d'ulcérations plus ou moins durables ; dans d'autres cas, ce sont des éruptions eczémateuses ou lichénoïdes que Ton constate ; on peut observer en même temps un amincissement et un état lisse tout particulier de la peau, ou bien des troubles plus ou moins prononcés soit du fonctionnement des glandes cutanées, soit du développement des phanères, etc. (â). Ces diverses altérations des téguments peuvent se produire, Don-seulement sous Tinfluence des affections des nerfs, mais encore sous celle des lésions des centres nerveux, et il est indubitable que le mécanisme de leur production est le même dans les deux sortes de conditions.

Ce mécanisme, je le répète, consiste surtout dans l'influence qu'exercent les causes modificatrices extérieures sur les régions du tégument dans lesquelles l'influence trophique des centres nerveux est, suivant les cas, abolie, ou afiaiblie ou pervertie, ou peut-être même exagérée. Mais

(1) s* Weir Mitchell. Des Usions des nerflt et de leurs conséquences (Tra« duction française par M. Dastre), 187A, p. 167 et iuvf»

(2) 6. Hayem. Note sur deux cas de lisions cutanées consécutives sections des nerfs (Archives de physiolo^e, 1873, p. 212).

(3) M. Urbaotschitsch (*) a publié récemment deux cas de névralgie de la branche auricolo-temporale du nerf trijumeau, dans lesquels il a observé des modifications considérables des cheveux de la région' temponde du c6té cor* respondant.

(*) V. Urbttntiehitseh, TrophtMchu Stârungtn im Gebiet du Nero» aurievlo-lemporaHs trlçfmini {Vf Un. m«'d. Preite. n* 33 et 33. ~ An«l. in r^ntralbUtt,.., 1874, p. 83i).

566 VINGT-SIXliMB LEÇOlf.

je crois que le trouble de cette influence trophique peut souvent suffire, par lui-même, pour provoquer le déT^ loppement d'altérations variées dans la peau. C'est par h médiation das diverses sortes de fibres nerveuses destioto au tégument cutané, que ce trouble agit sur les actes nutritifs qui s'effectuent dans ce tégument. Comme les fibres sensitives semblent être les principaux conducteurs de Hofluence trophique qu'exercent les centres nerveux sur li peau, c'est surtout par l'intermédiaire de ces fibres que les lésions des nerfs et des centres nerveux peuvent provoquer des altérations cutanées. Quant aux fibres vaso-moUm elles n'influent pas d'une façon spéciale sur la production de ces altérations. Rien ne s'oppose à ce qu'on admette que la paralysie de ces fibres a pour^ oonséqueoee une modification nutritive de la paroi des vaisseaux : maiscdle modification, si elle existe, n'est pas, en tout cas, la cause des altérations de la peau observées dans ces conditions; car, ainsi que je vous l'ai déjà dit, la section isdée de^ nerfs vaso-moteurs ne détermine jamais rien d'analofjue t ces altérations.

Revenons aux relations de rinflammation avec les \ésif^^ du système nerveux. Les troubles vaso-moteurs produis par ces lésions, qu'il s'agisse d'une constriction des vaisseaux, ou qu'il s'agisse d'une dilatation vasculaire, déterminée soit par paralysie directe des fibres vaso-constnVtives, soit par action vaso-dilatatrice , ne doivent ^i'* considérés que comme favorisant le développement de 1^'* flammatiou. D'autres conditions prédisposantes se joif^'souvent à celle-ci : c'est raffaiblissement de la seosibi ' et la diminution de l'influence trophique des m^ nerveux.

Page 1