ARTBROPATHTES PAR LÉSIONS NERVEUSES
Toutes ces conditions prédisposantes se trouvent réunies dans les cas où Ton voit, chez des malades atteints d'hémiplégie, se produire des inflammations des jointures du côté paralysé. M. Gharcot a étudié avec soin ces inflammations articulaires, déjà signalées, comme il a soin de l'indiquer, par difiérents auteurs (1). Les lésions sont trèsanalogues à celles de l'arthrite rhumatismale. Or, dans ces cas, une cause déterminante intervient évidemment pour transformer Timminence morbide locale créée par les conditions dont nous venons de parler, en un véritable travail inflammatoire. Cette cause, ^' est d'ordinaire le contact réciproque et prolongé des surfaces articulaires conliguës. Ce contact, dans Vétat normal, ne donne lieu à aucune irritation morbifique; les points sur lesquels il a lieu ne sont pas constamment les mêmes, la situation réciproque des surfaces articulaires se modifie sous Tinfluenc^ de mouvements instinctifs des segments du membre unis par ces jointures, dès qu'une irritation commence à naître par suite de ce contact, et les éléments superficiels de ces surfaces n'ont pas le temps de subir des modifications morbides plus ou moins durables. Mais, chez un hémiplégique, les vaisseaux des jointures sont plus ou moins dilatés; l'influence trophique du centre nerveux est plus ou moins affaiblie, et enfin la sensibilité des parties est plus ou moins diminuée (cette dernière condition n'a qu'une faible importance lorsqu'il s'agit de l'hémiplégie de cause cérébrale, car lorsque la première période, celle de la stupeur apoplectique, est passée, la sensibilité rede-
(1) Charcôt. leçons mr les maladies du système nerveux^ p. 102 et suit. — — Voyez aussi : Gharcot^ De quelques arthropathies qui paraissent dépendre ffune lésion du cerveau ou de la moelle épinière (Archives de physiologie, 1868, p. 396).
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Tient, en général, à peu près normale). Uabolition do mouvement volontaire a pour conséquence une immobilité permanente des jointures ; le contact réciproque des surfaces articulaires agissant, d'une façon continue, pn>duit une irritation qui peut devenir le point de départ d'un travail inflammatoire : la tension persistante des )if^ments et de la synoviale qui revêt les diverses parties des articulations, peut être aussi, dans certaines jointures, uue cause d'irritation. La dilatation des vaisseaux, qui existe incontestablement dans les tissus vasculaires des jointures du côté paralysé, comme du reste dans toutes les autres parties de ce côté, ne peut donc être tout au plus considérée, dans les cas de ce genre, que comme une conditioo prédisposante.
11 en est de même dans les cas d'arthrite développa chez des malades atteints d'affections de la moelle épiniè^., soit que la moelle ait subi un traumatisme, soit qu'il s'ftgisse de cas de maladies diverses de ce centre nenreux (ataxie locomotrice, atrophie musculaire progressive, etc.). Je me contenterai de vous rappeler, comme exemple» Tarthropathie des ataxiques, sur laquelle M. Charcot a appelé l'attention et dont il a décrit les caractères cliniques et les lésions (1). Dans tous ces cas, l'influence que les altérations du système nerveux central exercent sur le développement de ces arthropathies, ne diffère évideumient pas Je celle qu'elles ont sur l'apparition des éruptions cutanées doot nous venons de nous occuper, éruptions qui se montreot aussi dans le cours de ces affections de la moelle épioiéfv.
(1) Charcot, Leçons sur les maladies du système nerveux^ p, 100 el nif. — Et : Sur fjuelgues arthropathies qui paraissent dépendre d'urne létum a rervfiou ou de la moelle épinière (Arcliives de physiologie, 1868, p. iiS
et lUiT.)*