‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 66 sur 88 · ARTHROPATHIES PAR LÉSIONS NERVEUSES · texte numérisé non relu

ARTHROPATHIES PAR LÉSIONS NERVEUSES

On doit admettre, suivant moi, que le développement de ces arthropalbies est favorisé par l'affaiblissement, ou la perversion, ou l'exaltation de Vinfluence trophique que la moelle exerce sur les tissus des jointures affectées : dans certains cas, la diminution de la sensibilité peut favoriser aussi la production de ces affections articulaires. Mais il ne me semble pas encore démontré que la lésion qui existe dans les centres nerveux, chez les malades atteints d'à- Laxio locomotrice, d'atrophie musculaire progressive, de myélite traumatique, etc., puisse, par elle seule, — bien que cela ne soit pas impossible — donner naissani^e à des inflammations des articulations. D'après les faits que j ai vus, je crois qu'il y a presque constamment, sinon toujours, dans ces cas, intervention d'une cause irritante, telle que contusion, distension violente des articulations, contact continu réciproque des mêmes points des surfaces articulaires, tiraillement prolongé des ligaments, des capsules articulaires et de la synoviale qui les revêt, etc.

Ce n'est pas d'ailleurs chez l'homme seulement qu'un a observé des arthrites consécutives à des lésions de la moelle épiuière. M. Brown-Séquard a constaté qu'il pouvait en être de même chez le cobaye (1).

L'influence des liions du système nerveux doit être interprétée de la même façon, dans les cas où le tissu cellulaire sous-cutané, à.la suite de ces lésions, est devenu le siège d'une irritation inflammatoire presque phlegmoneuse (2). En somme, la physiologie pathologique de tou-

(1) Browa-Séquard (Comptes rendus de la Société de biologie, 1870, p. li 9).

(2) Gouyba. Des troubles trophiques consécutifs aux lésions traumatiques de la moelle et des ner/k^ Thèse inaugurale, 1871, p. 26.

M. Gouyba mentionne, d'après M. Fischer, les panaris des doigts et des orteils» comme pouvant se montrer sous l'influence du traumatisme des norb.

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tes ces lésions est celle que nous avons exposée déjà, dans une précédente leçon, à propos des altérations qui se produisent dans l'œil , sous l'influence d'une sectioD intracrânienne du nerf trijumeau. Cest encore de la même Façon que nous expliquerions la production de la pleurésie subaiguë qui a été constatée dans certains cas, à la suite de l'ablation du ganglion cervical inférieur ou du premier ganglion sympathique Ihoracique , si cette pleurésie pouvait être regardée comme le résultat de l'absence de Tun ou de l'autre de ces ganglions. Mais, après avoir fait celte expérience sur plusieurs animaux (chiens, lapins), je suis convaincu que la pleurésie, qu on observe si souvent dans ces conditions, est la suite du traumatisme et non de la cessation de l'influence de ces centres nerveux. Il est bien facile, en effet, de suivre les lésions, de la région directement atteinte par l'opération, jusque dans la plèvre. \jd tissu de la base du cou et de la partie supérieure du thorax est infiltré de pus. La plèvre est en contact avec et* pus et a été violemment enflammée par ce contact; elle est fortement vascularisée, surtout dans ces points, et la pleurésie qui a été ainsi provoquée a, d'ordinaire, donné naissance à une grande quantité de liquide purulent, lorsque l'animal survit vingt- quatre, trente-six ou quarante-huit heures.

On cite toujours ces faits de pleurésie consécutive à l'ablation du ganglion cervical inférieur ou du premier ganglion thoracique, lorsqu'on veut montrer TinflueDce du système nerveux, en général, ou même de l'appareil vaso-moteur, sur la production de l'inflammation. Il faut bien savoir que c'est là un argument sans la moindre valeur et qu'il convient, par conséquent, de le laisser tout à fait de côté. Non-seulement il est facile de démontrer que

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