CONGESTION SYMÉTRIQUE DES EXTRËUITÉS
lable. Cependant, nous sommes ici en présence d'un phénomène, la congestion, que nous voyons se produire trèssouvent dans les cas de névralgie, tandis que Tanémie locale est tout à fait exceptionnelle dans ces cas. hien de plus fréquent que la rougeur de la peau de la face, de la conjonctive oculaire, dans les cas de névralgie du nerf trijumeau; et quelquefois, surtout dans les cas d'intoxication palustre, on a vu des congestions intermittentes des conjonctives se produire, sans être précédées ou accompagnées de douleurs névralgiques bien manifestes. Il se pourrait donc que, dans le cas dont je viens de parler, il y ait eu réellement une sorte de névrose symétrique, peu douloureuse, des nerfs centripètes des extrémités, principalement de ceux des pieds et de la partie inférieure des jambes, délerminant, par action réflexe, une dilatation des vaisseaux de ces parties. On pourrait, jusqu'à un certain point, comparer encore ce qui avait lieu dans ce cas, à la dilatation réflexe de Tartère saphène interne, produite chez le lapin, dans l'expérience de M. Lovén, par la faradisatîon du bout central du nerf dorsal du pied (1).
M. Sigerson a publié (2) une observation, recueillie par M. Duchenne (de Boulogne), qui offre une certaine analogie avec le fait dont je viens de parler. Il s'agissait, dans le cas relaté par M. Sigerson, d'un homme âgé de cinquante ans, ébarbeur de cuivre. On constatait chez lui des accès d'affaiblissement des quatre membres, accès pendant lesquels les mains devenaient rouges, plus chaudes et plus sensibles que dans l'état normal. La congestion s'étendait aux avant-bras et s'accompagnait là d'une sensation de
(2) Sigerson. Note sur la paralysie vaso-motrice généralisée des membres supérieurs (Propres Mddicûl, n«« du 25 avril cl du 2 mai 1874).
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fourmillement. La chaleur augmentait ces symptômes; le froid les faisait diminuer. Les pieds présentaient, au même moment, des phénomènes inverses, cooime état de la te !• pérature et de la sensibilité. La faradisation des membns supérieurs produisit dans ce cas une amélioration rapide
et considérable.
Quelle que soit la théorie véritable de ces états morbides, on peut affirmer que leurs symptômes principaux sont dus à des troubles fonctionnels de l'appareil nenreux vaso-moteur. II n'en est certainement pas de même, dans un grand nombre de cas que Ton a considérés comme de> faits de névrose vaso-motrice^ ou à^anffuhnévroses^ comme on dit encore.
On a publié un certain nombre de travaux, soit eu France, soit en Allemagne, sur les affections que I on a désignées sous ces noms. Je ne puis pas vous en présenter même une courte analyse ; le temps dont je diqMse no me le permet pas. Je n'en éprouve d'ailleurs que peu de regrets, car la plupart des données qu'ils contiennent sout entièrement hypothétiques. Je me bornerai, pour vous le prouver, à examiner quelques-unes des affections doiit i>a a attribué le développement et les principaux symptômes à une perturbation de l'appareil vaso-moteur.
Dans un travail, où le nom de névroses vaso-fnotrkes a été peut-être employé pour la première fois, Cahen s'est efforcé de montrer que certains états morbides, doot la pathogénie était restée jusque-là assez obscure, avaieul pour origine une affection plus ou moins passagère tie l'appareil vaso-moteur (i). U établit d'abord que les riKi-
(i) Cahen. Des névroiu vato^motricu (Archifes gén. de lIcU., i$i3, U, p. 428, 56i| 696;|.
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gestions qui se montrent dans le cours de névralgies et qui sont si fréquentes, en particulier, chez les malades atteints de névralgies du nerf trijumeau, prennent naissance par suite d'une paralysie des nerfs vaso-moteurs de la région où se montrent ces congestions. On observe, en général, dans ces cas, une névralgie plus ou moins vive, soit avant que la congestion se manifeste, soit en même temps qu'elle se produit; mais parfois, exceptionnelle* ment, la douleur peut faire défaut plus ou moins complètement et la rougeur cutanée se montrer seule. Il y a alors véritable névrose congestive.
Gahen étudie ensuite les névralgies iléo-lombaires et leurs relations avec les affections utérines. Il cherche à prouver que ces névralgies provoquent des congestions de l'utérus et de ses annexes; qu'elles peuvent ainsi déterminer des métrorrhagies et peut-être donner lieu à la leucorrhée, n y aurait donc des névroses vaso-motrices des organes génitaux chez la femme.
Pour Cahen, soit dans la névralgie du trijumeau, soit dans celle des nerfs iléo-lombaires, la congcslion est un phénomène réflexe. Considérées ainsi, les névroses vasotDolrices sont parfaitement admissibles. Toutefois, il est facile de voir que l'expression de névroses vaso-motrices n'est pas juste, car le siège véritable de la souffrance nerveuse primitive n'est «pas dans l'appareil vaso-moteur, au moins dans l'immense majorité des cas. Il est d'ordinaire, coname l'admettait Cahen, dans les nerfs sensitifs ; ou, du moins, c'est Faffection produisant des douleurs sur le trajet de ces nerfs, qui détermine, par action réflexe, une dilatation des vaisseaux, dans les régions en relation plus ou moins directe avec ces nerfs. Au sens rigoureux des mots^ il n'y a pas plus névrose vaso-motrice dans un cas de rou^
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geur de la conjonctive, déterrainée par une névralgie de la branche ophthalmique de WiUis, qu'il n'y a névra$e secrétaire y dans ce même cas, lorsqu'il y a larmoiement ; qu'il n'y a névrose musculo-moùice^ lorsqu'une névralgie du trijumeau provoque des contractions plus ou moios irrégulières des muscles de la face, etc. Mais il y a trouble fonctionnel des nerfs vaso-moteurs dans le cas de congestion produite par une névralgie ; et, jusqu'à un certain point, cela suFBt peut-être pour légitimer l'expression de névrose vaso-motrice. On pourrait ajouter pourtant racore un mot de critique. Cette expression semble indiquer que le résultat de la perturbation nerveuse est un phénomène vaso-moteur, et, tant qu'on n*aura pas démontré que U dilatation vasculaire peut se faire par un changement actif des éléments de la tunique musculaire des vaisseaux, oo ne devra regarder comme effets vaso-moteurs que les resserrements subis par ces canaux, sous l'influence de l'excilatien des nerfs vaso-moteurs. Mais cette critique serait sans grande portée, puisque l'expression névrose signifie trwAk morbide de Finnervation^ et que ce trouble peut être aussi bien une paralysie qu'une excitation.
Ainsi donc, on peut admettre ces névroses Tasonnotrices de la face et des organes génitaux de la femmi\ sous les réserves que j'ai faites, c'est-à-dire en regardant les troubles de l'innervation vaso-motrice comme secondaires, quelque gravité que puissent avoir d'ailleurs leun effets (métrorrhagies considérables, par exemple). Mais li devient bien difficile d'accepter la manière de voir de Cabeo, lorsqu'il cherche à démontrer que Virritaàle testés d^Astlet Cooper n'est autre chose, au moins le plus souvent, qo'uoe névrose vaso-motrice du testicule (1). Pour Cahen, Taih
(1} Caben. Loe. ctf., p* 661. — Un pta ploi loiû, tt dit : « daM Itrruti^