‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteur (volume 2)Chapitre 74 sur 88 · NÉVROSES VASO-MOTRICES · texte numérisé non relu

NÉVROSES VASO-MOTRICES

gine de poitrine est analogue aussi aux névroses vaso-motrices. « Si les preuves manquent encore maintenant, » dit-il, j'ai la ferme conviction qu'elles viendront plus » tard (1). » Il en serait de même, suivant lui, de certains œdèmes sous-cutanés, et de certains cas de colorations anormales de la peau, d'arthralgies, de névralgies mammaires avec tuméfaction des glandes, de diarrhée, de polyurie sucrée ou non sucrée. Il rattache- même les fièvres intermittentes à ces névroses, et il les désigne sous le nom de névroses vaso-motrices intermittentes (2).

Je ne nie pas Texistence de troubles vaso-moteurs dans ces divers états morbides. Il est clair que les congestions qui peuvent s'y montrer, précédant ou accompagnant d'autres phénomènes pathologiques, sont presque toujours le résultat de paralysies vaso-motrices directes ou réflexes. Mais ces congestions ne sont jamais, dans les affections que nous venons de mentionner, que des modifications secondaires, subordonnées. Elles peuvent favoriser la production d'autres effets, comme lorsqu'il s'agit du diabète, de la polyurie; mais leur intervention n'est pas absolument nécessaire; et, à elles seules, elles ne sauraient donner lieu à aucune de ces affections (â).

» iestû, il y aurait à la fois névralgie da nerf pioDteux externe et névrose » da plexus spermatiqae, et ces deux affeclions rendraient parfaitement o compte des phénomènes de douleur et de congestion observés dans cette ]» maladie ».

(1) Caben. Loc. dU^ p. 698.

(2) Id. Zoc. ciï., p. 705.

(3) Voyes : Eulenburg et L. Landois. Des névroses vaso-moirtces (anal, in Gas. hebdom., 1867^ p. 731).— Voyes aussi : Bouchut. Des névroses congés* tives de Vencéphaie^ Paris, 1869^ et un article de M. Labadie-lAgrave, i propoa d'un travail du docteur Eulenburg, sur un nouveau cas de compression du cordon cervical du grand sympathique (Gazette hebdom. de médecine et de chirurgie, 1873, p. 521 et suiv.}. Dans cet article se trouvent des indications

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rinclioe à penser aussi qu'on ue peut pas ocHisidérer comme primitifs, les troubles yaso-moteurs que M. Leodel a constatés dans le cours des maladies chroniques (1). On est même, je crois, autorisé à mettre en doute l'inter^eiition de ces troubles dans la production des phtoomèoes morbides, observés dans quelques-uns des cas que ce savant médecin a rassemblés dans son mémoire.

Les troubles vaso-moteurs jouent un rAle bien plus éventuel encore, et bien moins important, dans oertaines autres affections où on les a parfois rencontrées; daos Tataxie locomotrice, et dans l'atrophie musculaire progressive, par exemple. On a vu, chez les ataxiques, les pupilles offrir un rétrécissement considérable, en même temps qu'il y avait une congestion des conjonctives et une augmentation de la chaleur de l'œil (2). Mais c*est là ud fait tout à fait exceptionnel, et Ton peut observer un myosis considérable, chez des ataxiques, sans qu*il y ait le moindre indice de dilatation des vaisseaux des conjonctives. C'est ce que j'ai constaté chez un homme atteint d*ataxie, qui a séjourné pendant des années dans mon service d'hôpital, à k Pitié.

De même, dans l'atrophie musculaire progressive, on n'observe que bien rarement des troubles vaso-moteurs incontestables (3), et, en tout cas, ces troubles sont su:>

DtéretMiitet, relatives aux recherchée de Wagner, d'Adamîkk, de fur les modifications de la tension intra-ocnlake, prodnHee par la l'excitation de ce cordon.

(1) E. Lendet. Stude clinique de$ troMet nerveux pér^kén^mi moteurs survenant dans le cours des tnahdiss chrmiquês [ftnhiiM Méd., 1884, I, p. 150 et 273).

(2) Duchenne, de Boulogne (Gas. Hebdom., 18M).

(3) M. Rosenthal. Handhuch der DiagnosUk und l^ierapk dur ^tilni^ 1870, p. 560.

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la moindre importance, par rapport à la pathogénie de la maladie.

— Doit-on aussi se refuser à considérer la migraine, avec M. Du Bois-Reymond, comme une névrose vaso-motrice î La théorie de ce physiologiste a été admise par un certain nombre de médecins, modifiée ou repoussée par d'autres. Je dois vous dire ce que j'en pense; mais auparavant, il est nécessaire d'esquisser rapidement les principaux traits de cette afTeclion.

La migraine est un état morbide essentiellement passager, souvent héréditaire, lié assez souvent à des diathèses, surtout à la diathèse rhumatismale ou à la goutte, se montrant par accès plus ou moins fréquents. D'une façon générale, la migraine est caractérisée par une céphalalgie d'une nature spéciale, le plus souvent accompagnée ou suivie de mal de cœur, d'envies de vomir, de vrais vomissements. Celte affection débute d'ordinaire dans la jeunesse, parfois dans l'enfance; elle diminue souvent cVintensilé dans Tâge mûr; les accès deviennent de plus en plus rares, et ils peuvent même cesser de se reproduire avant la vieillesse.

La migraine est donc un mal de tète plus ou moins compliqué. Il ne faut pas donner ce nom à toutes les variétés de céphalalgie; ce serait commettre une complète erreur. Les individus atteints de migraine connaissent bien la différence qui existe entre ce mal de tète et les autres formes de céphalalgie : cette différence est considérable; mais elle est difficile à caractériser, surtout à cause des variétés que peut présenter l'affection dont il s'agit.

La migraine n'est pas toujours unilatérale, comme semblerait l'indiquer l'étymologie de ce mot. Elle peut être

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médiane, et occuper une grande partie de la tète, sans prédominance d'un côté ; elle peut siéger, soit à la région frontale, soit à la région sincipitale, soit aux régions temporales, ou pariétales, soit à la partie postérieure de la tète. 11 n'en est pas moins vrai que la migraine typique est unilatérale et n'occupe qu'une partie plus ou moins étendue d'une des moitiés de la tète. Le plus souvent, le mal de tète siège surtout à la région frontale et tout autour de Torbite ; il s'accompagne d'une douleur orbitaire profonde et d'une souffrance du globe oculaire lui-même. ]jBL douleur n'est pas violente, en général ; elle est plulAt sourde, gravative : il y a quelquefois des battements pénibles. La pression des difltirents points de la région sus-orbitaire permet de reconnatlre que la douleur est plus forte sur le trajet de certains nerfs, sur celui du neri frontal le plus souvent. Parfois la pression de ce nerl donne lieu, au contraire, à un soulagement de la céphalalgie et celle-ci reprend son intensité lorsqu'on cesse de presser le nerf. La pression de l'œil est douloureuse aussi, dans beaucoup de cas.

Le mal de tète de la migraine est fréquemment accooi* pagné d'une paresse extrême des facultés intellectuelles et d'un malaise cérébral indéfinissable , mais très-péuible, que les impressions faites sur les oignes des sens spéciaux exagèrent. Il y a d'ordinaire une grande aversion pour les odeurs, le bruit, les sensations lumineuses. Parfob le malade voit des bluettes, ou des lignes lumineuses, dessinant des figures plus ou moins géométriques ; H entend des bourdonnements ou des bruissements. Il peut éprouTer du vertige et un sentiment tout spécial de défaillance, suiii parfois do syncope. 11 recherche l'isolement, le silence et l'obscurité. Tout travail intellectuel devient impossible.

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En môme temps se manifeste un état nauséeux qui aug* mente progressivement. Souvent des bâillements se produisent, incessamment répétés. Il peut y avoir diminution notable de la sécrétion urinai re.

Il n'y a pas de fièvre réelle ; cependant le nombre des battements du cœur peut augmenter; quelquefois, il est vrai, c'est l'inverse qu'on observe. Certains malades ressentent une impression de froid dans toutes les parties du corps. La température des extrémités peut baisser notablement : quelquefois ces phénomènes sont plus accusés dans les membres, du côté correspondant à la moitié de la tète, où si^e la céphalalgie (1).

L'accès se termine souvent par des vomissements répétés, alimentaires, muqueux ou bilieux, suivant les cas ; ou bien, si le malade peut s'endormir, le sommeil amène un soulagement notable ou une guérison complète. Après l'accès, il peut y avoir une diurèse plus ou moins abondante.

En général, les accès oflfrent toujours les mômes caractères chez la môme personne. Ils se produisent parfois d'une façon périodique, surtout chez les femmes, chez lesquelles ils peuvent avoir lieu lors de chaque époque menstruelle (2). Dans certains cas, ils semblent avoir pour cause une insomnie prolongée; dans d'autres cas, au contraire, l'accès a lieu à la suite d'un sommeil profond

(i) Dantdet cas tout à fait exceptionneU, il peut y avoir une lensation d'engourdiisement, plus ou moins prononcée, dans une moitié du corps, ou dans un membre, et cette sensation peut correspondre à un affaiblissement passager, soit de la sensibilité et de la motilité volontaire, soit de l'une ou de l'autre de ces deux aptitudes fonctionnelles du système nerTeux, dans cette partie.

(2) Chez les femmes qui ont la migraine à chaque époque menstruelle, cetto affection dispardt presque toujours lors de la ménopause.

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et plus durable que d'ordinaire. Tous les écarts de régime, tous les genres de fatigue, peuvent donner naissance à la migraine, chez les sujets prédisposés.

Quand arrive l'âge dans lequel les accès de migraîne s'éloignent et tendent à disparaître, ils peuvent se rnodi* fier notablement. L'état nauséeux peut être beaucoup moins marqué, la céphalalgie peut être moins vive, et la crise, au lieu de s'effectuer par des vomissements, peut se faire surtout par les bâillements dont j'ai déjà parié, et par des pandiculations.

Enfin, je dois dire un mot des modifications objectives que présentent la face et les yeux. Outre l'expression d'abattement, l'apparence d'atonie que peuvent offrir les traits, on constate fréquemment une pâleur très-prononcée de toute la face, même alors qu'il n*y a pas d'état nauséeux ; chez certains malades, la face offre, au contraire, une congestion manifeste. Ces modifications sont plus faciles à reconnaître, quand la migraine ^t unilatérale. Souvent alors, du côté où siège la céphalalgie, la joue est ou plus rouge et plus chaude, ou plus pâle et plus froide que celle du côté opposé ; elle peut être le siège d'une sécrétion sudorale exagérée : la conjonctive peut être congestionnée, avec ou sans larmoiement; quelquefois la pupille est plus large ou plus étroite que dans Télat normal ; il peut y avoir une irritation de la membrane muqueuse de la fosse nasale du même côté, avec sécrétion abondante de liquide limpide et éternuments répétés, etc.

La migraine a été regardée, par différents auteurs, comme une affection locale, passagère, des nerfs. Ainsi, pour Wepfer, Tissot, c'était une névralgie sus-orbiUire.

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