SUBSTANCES TOXIQUES ET MÉDICAMENTBU3ES
peuvent enfin troubler, dans un sens ou dans un autre, le fonctionnement des centres vaso-moteurs, c'est-à-dire des ganglions et des régions du myélencépbale d'où naissent ces fibres nerveuses.
On a compris qu'il fallait d'abord s'assurer si ces substances toxiques ou médicamenteuses agissent réellement sur l'état des vaisseaux. On a donc fait, avant et après Tabsorption de la substance étudiée, l'examen direct des vaisseaux, dans les points du corps où ils sont accessibles à la vue; ou bien, on a mesuré la pression sanguine, en mettant un hémodynamomètre en communication avec l'artère carotide ou l'artère crurale. On a considéré l'augmentation de la pression sanguine, ainsi constatée, comme la preuve d'une constriction générale des artériolcs, produite par la substance absorbée; la diminution de cette pression, comme la preuve d'une dilatation générale de ces vaisseaux, due à cette même cause.
Une fois cette première constatation faite, on a cherché à reconnaître si l'effet observé, dilatation ou constriction de la plupart des artérioles du corps, avait pour raison d'être une influence de la substance sur les centres nerveux, les nerfs vaso-moteurs ou la tunique musculaire des vaisseaux. On a donc soumis les animaux à des sections ou à des destructions préalables des diverses parties des centres nerveux , à des sections de nerfs vaso-moteurs déterminés, puis on à examiné si l'action de la substance se produisait encore après ces vivisections.
En somme, on n'a obtenu, le plus souvent , que des effets confus et inconstants. Dans un bon nombre de cas, une partie de ces effets pouvait même être attribuée à une action de la substance expérimentée sur le cœur lui-môme. De là, une nouvelle source d'incertitudes. Aussi convient-il
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de n'accepter que sous les réserves les plus formelles, la plupart des assertions qui ont été émises sur le mod« d'action physiologique des substances toxiques et médica* menteuses que nous avons énumérées.
Nous allons passer en revue, à titre d^exemples, quel* ques-unes de ces substances, et nous choisirons œllesdont l'action sur les vaisseaux a paru le moins douteuse. Tojoos d'abord les types des substances considérées comme vasùconstrictives.
Au premier rang, nous trouvons le seigle ergoté et son extrait, Vergotine.
Dans un excellent travail sur l'ergot de seigle, fait dans mon laboratoire, le docteur Holmes, de regrettable mémoire» a donné un historique très-complet des opinîoos émises sur le mécanisme de l'ergot de seigle (I). D*aprës les documents qu'il a rassemblés, c'est à une époque relativement rapprochée de la nôtre, que Ton a soupçonné la possibilité d'une action du seigle eif;oté sur les vaisseaux. L'efficacité du seigle ergoté dans certains cas d'hémorrhagie utérine a dû faire prescrire ce médicament ccNitro des hémorrhagies ayant un autre point de départ dans l'organisme. Quelques succès, obtenus à Taide de ce traitement, ont sans doute conduit à penser que l'ergot de seigle pouvait exercer uue action constrictive sur les vais* seaux. Quoi qu'il en soit, c'est surtout Sovet, en Be^ue (18&9) et John Simon, en Angleterre (1850), qui émireot nettement l'opinion que le seigle ergoté fait contracter les artères. Seulement, tandis que Sovet attribuait à la cou-
(1) Holmef . Études expérimentale» ntr le mode (foctùm à^ rerû€4 de tnfie (Thèse inaii^arale, Paris, 1870).