NICOTINE
lympau hors d'état d'exercer leur intluenco sur les vaisseaux de la glande sous-maxillaire (i). Je u'ai pas répété cette expérience, mais j'ai examiné Taclion vaso-dilatatrice des fibres de la corde du tympan, destinées à la langue, sur des chiens curarisés, auxquels on avait fait absorber ensuite de fortes doses de nicotine. En faradisant le bout périphérique du nerf lingual, après section de ce nerf, sur des chiens mis en expérience dans ces conditions, j'ai constaté que les fibres vaso-dilatatrices, fournies à ce nerf parla corde du tympan, avaient conservé leur action. Les vaisseaux de la face inférieure de la moitié correspondante de la langue se dilataient; la membrane muqueuse y prenait une teinte rouge assez vive; sa température s^élevait. Ces effets étaient, il est vrai, moins marqués que chez un chien curarisé et non nicotinisé; mais la différence s'explique facilement par l'affaiblissement der. mouvements du cœur, lorsque l'animal est sous l'influence d'une forte dose de nicotine.
J'ai reconnu, du reste, que la nicotine produit bien, sur les fibres excito-sécrétoires de la corde du tympan, les effets indiqués par M. Heidenhain.
Sur ces mêmes chiens, j'ai électrisé les segments inférieurs des deux nerfs pneumogastriques, coupés au milieu du cou : les mouvements du cœur ne se sont pas arrêtés ; ils se sont plutôt accélérés. La nicotine agirait donc sur les nerfs pneumogastriques, à dose suffisante, comme le sulfate d'atropine : c'est ce qui avait déjà été dit par M. Schmiedeberg (2) .
(1) R. Heidenhain. De Faction de quelques poisons sur les nrrfs de ta giàndt sous -maxillaire (Pflûger's Arcbi?^ V, 40-45). — Anal, m Archives de Pbysiologie, 1872, p. 520 et 521.
(2) C'est dans des ezpérieiiceii récentes que j'ai obtenu ces résultau : je
7it0 TaeNTIÈHK LEÇON.
La faradisation du sèment supérieur de l'un des nerfs vagues déterminait une constriclion très-apparente des vaisseaux de la moitié correspondante de la langue, surtout du côté où le nerf lingual était coupé. Il y avait en même temps dilatation considérable de la pupille du même
côlé.
Ces expériences montrent que la nicotine ne paralyse pas plus Vaclivité des fibres vaso-dilatatrices que celle des fibres vaso-constrictives.
Je vous rappelle encore qu'après avoir admis une augmentation de la pression sanguine intra-artérielle chez les animaux nicolînisés, on a voulu expliquer, par cette modification de la pression du sang, la diurèse produite par la nicotine. Ce que nous avons vu, relativement à celte pression, chez les chiens soumis à la nicotinisation, nous dispense de discuter la théorie dont il s'agit. Quant à l'action diurétique, elle dépend sans doute de l'excitation provoquée dans les éléments propres des reins par la nicotine. L'urine sécrétée dans ces conditions est aussi riche en urée que chez un animal non nicotinisé. Les mouvements rhythmiques des uretères sont accélérés.
Je n'insiste pas davantage sur les modifications que la nicotine peut déterminer dans les vaisseaux. J*ai voulu, par les quelques motsque je vous ai dits, vous montrer que ce point de l'histoire de l'action physiologique de la nicotine réclame encore, pour être élucidé, de nouvelles recherches. D'ailleurs, par la simple énumération que j ai faite de quelques-uns des effets de l'intoxication nicotinique, tels qu'ils se manifestent chez la grenouille, on
n'avaU yu, dans des. expériences plus anciennes^ que des effets douteux, csoi je ic donne à entondre dans la leçon précédente, p. 706 et 707.