‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 100 sur 107 · ACTION DES CENTRES NERVEUX SUR LA POLYURIE · texte numérisé non relu

ACTION DES CENTRES NERVEUX SUR LA POLYURIE

à celles que je vous ai indiquées, lorsque je vous ai parlé de ce qui a lieu sous TinQuence de la section des splanchniques, puisque cette section suffit pour déterminer de la polyurie et de l'albuminurie. On conçoit même qu'il pourrait se produire de rbématurie rénale , si la congestion du rein était poussée au delà d'un certain degré : c'est, en efPetf là encore un des résultats possibles de la section des nerfs splanchniques, comme nous l'avons vu. L'hématurie n'a pas été observée, que je sache, à un d^ré considérable, dans les cas de lésions expérimentales des diverses régions de l'isthme encéphalique, ou dans des cas de lésions traumatiques ou d'altérations pathologiques de ces régions. Il n'en est pas de même de l'albuminurie. Nous avons déjà mentionné les résultats obtenus par M. Cl. Bernard, à la suite de la piqûre d'un certain point du plancher du quatrième ventricule. Or l'albuminurie se produit souvent chez les animaux, qui ont subi des lésions 4le la moelle épinière ou des parties excitables de Tencéphale.

M. SchiS a signalé depuis longtemps ce phénomène morbide comme conséquence de ces lésions (1). Les blessures expérimentales des pédoncules cérébraux, chez le lapin, modifieraient, d'après lui^ l'urine : elle deviendrait acide, d'alcaline qu'elle était auparavant, et contiendrait cle l'albumine. Longet, qui cite ce résultat, dit qu'il l'a constaté aussi après des lésions très-diverses du système nerveux, et, en particulier, après la section intra-crànienne du nerf trijumeau. J'ai eu moi«-mème, nombre de fois, l'occasion de voir le même fait, comme d'ailleurs tous les physiologistes. J'en ai dit quelques mots dans un

{!) M. Scbiff, De vi baseas encepkaii, 1845,

5liS QUINZIEME LEÇON.

travail que j'ai publié sur les lésions du plancher du quatrième ventricule (1).

Je dois vous rappeler aussi que l'on a fait jouer un r5le important aux nerfs vaso-moteurs des reins dans la pathogénie de l'albuminurie, et dans celle de rbématurie, qui se montre soit au début seulement, soit pendant une certaine période de la durée de cette modification de l'urine. C'est ainsi, par exemple, que divers pathologistes ont expliqué le mécanisme de l'action du froid sur la production de la maladie de Bright. L'excitation des extrémités des nerfs cutanés par le froid déterminerait, dans celte hypothèse, une action réflexe, par l'intermédiaire des centres nerveux, sur les nerfs vaso-moteurs des reins, action qui paralyserait les fibres vaso-constrictives ou /rnterait les fibres vaso-dilatatrices, et aurait, en définitive, ^poor conséquence, une congestion des reins, avec transsudation albumineuse accompagnée, ou non, de diapédèse des globules rouges sanguins. Pour les partisansde cette hypothèse, la lésion de la néphrite parenchymateuse serait secondairei consécutive, produite par le trouble de la sécrétion urinaire. Pour d'autres pathologistes, ce serait, au contraire. la lésion des cellules sécrétantes du rein qui serait le fait primitif, et cette lésion serait engendrée aussi, suivant certains d'entre eux, par une irritation réflexe de oesœi* Iules. Puis, l'irritation du tissu du rein donnerait lieu a dos actions vaso-motrices réflexes, produisant laooi^eslion rénale avec ses suites : albuminurie avec ou sans néphrorrhagie, etc. Ce sont là des hypothèses dont il est dîf* cite, pour lo moment, de vérifier la justesse.

(1) Vulpian, Hecherches expérimentales relatives aux e/feU fies plancher du quatrième ventricule, et spécialement à tinfluence de ces lémMvt '«"^ le nerf facial (Mém. de la la Société de biolovie, 1861, p. 259. Voj. p. ZT2..

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