MÉCANISME DE .LA PRODUCTION DE L\ POLYURIE. 5Û
alcaline à Télat normal ; il peut s'y montrer des phosphates qui, chez ces animaux non opérés, n'existent pas en quan* tité facilement reconnaissable.
Mais laissons de côté pour le moment ces faits intéressants, pour flxer notre attention sur la polyurio observée dans ces expériences. Il est probable qu'elle est due à l'action associée de deux troubles morbides : d'une part, à une excitation des fibres vaso-dilatatrices des reins et, d'autre part, à une irritation des nerft sécréteurs de ces organes.
Toutes les lésions qui produisent la polyurie chez r homme, en intéressant son système nerveux d'une façon quelconque, agissent vraisemblablement sur les reins, à l'aide d'un arc réflexe qui passe par ce point des centres nerveux;
lon^, d'une subftaîttce tranftpareiite, de coDsieUnce comme muqueuse, et ifte roriDe jumenteu8e de ces animaux renferme en quantité innombrable. Gea cylindres ont un diamètre varié, mais ne dépassent jamais celui des tubules rénaux. Us proviennent évidemment de ces tnbulcs. Ils n*ont pas la consistance lll les autres caractères des cylindres hyalins de l'urine de l'homme sain ou malade; mais ils les rappellent par plusieurs de leurs caractères (forme, longueur, diamètre). L'acide acétique tait disparaître les cylindres dont il s'agit^ en même temps que les «granulations qu'ils coaUennent ou qui parsèment leur surface. Il n'y a pas d'effervescence manifeste sur le porte-objet. Au contraire, il y a une elTervescence considérable, par l'addition d'une gouttelette d'acide sul1\irique, elles cylindres transparents disparaissent aussi : on voit se former» presque aussitôt, de nombreux cristaux de sulfate de chaux. Les cylindres se colorent par la solution neutre de fuchsine. J'ai cherché à reconnaître la région des reins où se forment ces cylindres. I^ comparaison de préparations de la substance corticale et de la substance méduQaire des reins m'a convaincu qu'ils prennent naissance dans la substance médullaire. On ne trouve pas, en effet, ces cylindres chargés de granulations calcaires dans les préparations faites par le grattage de la substance corticale, tandis qu'on en constate immédiatement, et en grand nombre, dans les préparations faites de même avec la . substance médullaire, ou bien dans celles que l'on obtient, en pressant cette snbetance de façon à exprimer un peu de liquide par les pores des cônes terminaux» On trouve» dans le liquide ainsi obtenu, des tubes épithéliaux détachés par la prcsûoii, et de très-nombreux cylindres transparents^ chargés de granulations calcaûres»
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peut-êlre en est-il ainsi, uième lorsque ces Unions siégeul dans la moelle épioière. Il eo était ainsi probablement chez un malade dont Stanley a rapporté Tobservation (l). Chez cet homme, il s'était produit une fracture, avec déplacement des cinquième et sixième vertèbres dorsales , et avec division complète de la moelle en ce point. On observa une polyurie très- prononcée et un état ammoniacal de l'urine, le cinquième jour ; et ces modifications de Turine durèrent jusqu'à la mort, qui eut lieu le vingtsixième jour.
Il me semble que la polyurie (je ne parle pas de Tétat ammoniacal, suite de la paralysie de la vessie) ne peut pas être attribuée, sans quelques réserves, dans ce cas, à la division transversale complète de la moelle, et à la para)vs/e de toutes les parties recevant leurs nerfs de la r^ion de la moelle, située au-dessous du lieu de cette solution de continuité. Il est bien possible, en effet, que la sécrétion rénale ait reçu une excitation réflexe, ayant pour point de départ l'irritation produite par les fragments sur la région de la moelle, située au-dessus de la lésion : cette excitation aurait été transmise jusqu'au bulbe rachidien, et serait revenue vers les reins, en passant par le grand sympathique, ou, d'une façon plus précise, par les nerfs grands splanchniques.
Il n'est pas impossible que la plupart des causes trauraatiques de polyurie agissent par un mécanisme du mèwt genre.
M. Lancereaux, dans sa Thèse d'agr^tion sur la polyurie, a rassemblé tous les cas connus de polyurie traunia-
(1) Stanley, Du rapport qui existe entre rinftammatùm de» reùu et Ses tu- 9ordres fonctionnels de la moelle épinièreet de ses nerfs, (Arch.gêB. de S* série, t. V, p. 101. Trâduct. de lUcbelot, 1834. — CiUtmi de Traité de physiologie, t. II, p. 351.)
ACTION DES LÉSIONS CÉRÉBRALES SUR LA POLYURIE. 5/i5
tique, et Ton voit que le siège de la lésion qui est la cause de ce syinplôofie peut être très-varié.
Ce sont des contusions sur la région du foie, des reins ; par exemple: il est incontestable que l'on ne peut se rendre compte de la polyurie survenue dans cas, qu'en admettant que, de l'endroit où a eu lieu la contusion, est partie une irritation qui a passé par le centre bulbaire et s'est réfléchie vers les reins. Dans quelques circonstances, le chemin parcouru par l'irritation qui a déterminé la polyurie n'est pas aussi compliqué; tels sont les cas de chutes violentes, qui déterminent une succussion telle de l'individu, que l'on peut fort bien admettre une irritation directe de la moelle allongée. Tels sont aussi les cas de chocs violents sur la tète, qui se transmettent presque directement au bulbe rachidien.
On a encore vu la polyurie se déclarer à la suite d'altérations du plancher du quatrième ventricule ou de son voisinage. Ainsi des tumeurs, soit du cervelet, soit des tubercules quadrijumeaux , soit du plancher du quatrième ventricule lui-même, ont pu déterminer de la polyurie, accompagnée ordinairement de glycosurie.
M. Hayem a observé récemment deux cas de polyurie très-abondante, coïncidant avec une altération de la surface du plancher du quatrième ventricule. Cette altération consistait en une dégénérescence gélatiniforme de l'épendyme du quatrième ventricule et des tissus sous-jacents, s'étendant à une profondeur de 2 millimètres environ. On pouvait constater, à l'œil nu, sur des coupes faites dans le bulbe, une fois les pièces durcies, que les parties altérées se coloraient plus vivement que les autres, sous Tinfluenca du carmin, ce qui tenait à ce que ces parties altérées offraient une hyperplasie du tissu connectif.
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5il6 QVINZIÈMB LEÇON.
On a ooDstaté encore des cas de polyurie à la suite d*uDe héniorrhagie de la proiabérance et du bulbe.
M. Liouville a bien voulu me remettre Tencéphale d'un individu mort, en huit heures environ, d'une attaque d'apoplexie. Cet homme avait été trouvé sans connaissance dans h rue et avait été apporté k Thôpital, sans qu on ait pu donner un renseignement quelconque sur son compte. Lorsque M. Liouville le vh, il était dans la stupeur apopleetiqae, avec résoluttoD des quatre membres. La vessie était f^ioe d'urine que l'on retira à Taîde d'une sonde, et qui contenait de l'albumine et du sucre ; peu d'heures après, on constat! de nouveau dans la vessie une accumulatiou d*urine présentant les mômes caractères que la première.
A l'autopsie, on trouva une hémorrhagîe dans ThéHii* sphère cérébral droit, et de petits foyers apoplectiques sons le plancher du quatrième ventricule : je vous bis passer les pièces et les dessins relatifs à cette observation, qui a, da reste, déjà été présentée à la Société de biologie (1). Ce fait est intéressant et instructif, bien que l'on n'ait pu avoir èe renseignements sur le malade, qui ne paraissait pas être alcoolique. Cet homme était-il diabétique auparavant? On n'a pu en rien savoir. Mais il faut considérer que les lésons qu'on a trouvées suflBsaient pour expliquer les phénomène diiservés pendant la vie. C'est du reste l'existeoce de ces phénomènes» chez un homme frappé d'apopleiie, qui a conduit M. Liouville à porter le diagnostic : lésion probaMe du plancher du quatrième ventricule.
Dans tous les cas pathologiques dont il vient d'être question, il se produit évidemment des modiflcations dans k circulation rénale, modifications qui doivent être analojçues
(1) UouviUe (Comptes rend» de k Soc. d« IMogie» 1873, p. 185).