‹ Leçons sur l'appareil vaso-moteurChapitre 13 sur 107 · TERMINAISON DES NERFS VASO-MOTEURS · texte numérisé non relu

TERMINAISON DES NERFS VASO-MOTEURS

les fibres nerveuses, destinées aux muscles lisses, aboutiraient à des sortes de plaques terminales, situées en -dehors des éléments musculaires. Le nombre de ces plaques serait Irès-reslreint par rapport à celui des fibres musculairesy de telle façon qu'une seule plaque servirait à l'innervation d'un faisceau tout entier de fibres lisses.

Je dois ajouter que d'autres anatomistes» qui ont cherché il voir la disposition terminale, décrite pour les fibres vasomotrices par Frankenhaiiser, Arnold et M. Héoocque, n'ont pas réussi à la constater. M. Sappey, dont on connaît Thabileté et le talent, m'a dit quMl n'avait pas pu se convaincre delà réalité de cette disposition. Frey, Engelmann, M. Legros (1), n'ont pas été plus heureux, et ils sont disposés, <i'après leurs propres recherches, à mettre en doute l'exac-* titade des condusions d'Arnold, eonfirmées par M. Ré- Docque.

On Toit qae la question est encore en litige , et nécessite de noaveHes études pour ô^ tout à fait élucidée.

(1) Cb. Lqi^ros, Des nerfs vaso-moteurs (Tbèsc de concours, 1873, p. 20}«

Contractilité des artèret sons l'influence des excitants mécaniques, du g^vanisme, des agents chimique!, des substances toxiques et médicamenteuses, du fW>id , etc. ^ Contractilité des veines. — Contractilité des capillaires. — Mouvements rbythmiques spontanés de certains vaisseaux.

La présence de fibres musculaires dans la paroi des vaisseaux sanguins, confère à cette paroi le pouvoir de se contracter. D'une façon générale, c'est la tunique moyenne qui est la membrane contractile des vaisseaux, et la disposition annulaire des éléments musculaires dans cette tunique ne permet guère que des mouvements de resserrement de ees vaisseaux, lorsqu'il y a contraction des fibres-cellules, et de retour à Tétat primitif, lorsque la contraction cesse. Si nous poursuivons les déductions qui découlent naturellement des données anatomiques, nous voyons que les relations des nerfs, dits vaso-moteurs, avec les vaisseaux, autorisent à admettre que ces mouvements doivent avoir lieu, d'ordinaire, sous Tinfluence de modifications fonctionnelles du système nerveux.

Quelque appui que prêtent à ces présomptions les faits que nous venons de rappeler, ils ne sauraient avoir la valeur démonstrative qui s'attache aux résultats expérimentaux. Or, l'action du système nerveux sur les vaisseaux a été mise hors de doute par les expériences de MM. CL Bernard, Brown-Séquard, Waller et de beaucoup d'au-

CONTRA GTIUTÉ DES ARTÈRES. kl

très physiologistes. Elles ODt fait voir, en effet, que la section de certains nerfs paralyse les vaisseaux des parties correspondantes du corps, et que, d'autre part, Télectrisatien du bout périphérique de ces nerfs coupés fait resserrer ces mêmes vaisseaux.

Ces expériences capitales ont été le point de départ de travaux considérables sur la physiologie normale et pathologique des actions vaso-motrices. Avant d'exposer ces travaux, il convient d'achever nos études préliminaires. Nous devons examiner de plus près la contraclilité des vaisseaux, et surtout chercher à connaître l'action des excitants musculaires ordinaires sur ces vaisseaux. Voyons donc les résultats des investigations faites dans cette direction.

On a soumis les vaisseaux à l'action de tous les excitants employés pour l'étude de la contraction des muscles. lies excitants mécaniques, physiques, chimiques, ont été essayés. Les expériences les plus anciennes ont été faites à l'aide des excitations mécaniques : on piquait, bu Ton grattait, par exemple, la paroi d'un vaisseau ; au moyen d'une pointe d'instrument.

Pour rendre plus claire l'indication des résultats relatifs à cette question de la contractilité du système vasculaire, nous parlerons d'abord plus spécialement de ce qui concerne les artères.

a. Artères. — Le premier auteur qui ait vu les vaisseaux se contracter, sous l'influence des excitations mécaniques, estVerschuir (1). 11 avait constaté, en effet.

(1) DUterîatio mecUca mauguralis de arteriarum et venarum vi irntabiit\

i7ee.

A2 DEtlXlÂMB LEÇOTC.

que Fartère craraleet Tarière carotide d'un chien offiraient des resserrements d'espace en espace, lorsqu'on les avait préalablement grattées avec une pointe de scalpel.

Ces expériences ont été répétées, dans ce siècle, par Thomson (1) : il a vu les petites artères de Ta patte d'une grenouille se rétrécir, loi-squ'il les excitait à l'aide d'une aiguille. Un résultat analogue a été obtenu plus tard par Wharton Jones, en exerçant une légère pression sur ces artères à l'aide d^un instrument mousse (2). Hastiugs, en 1818, a produit des effets du même genre, en soumettant à l'influence d'irritations mécaniques, de grosses artères, comme l'aorte abdominale du lapin, les artères mésentériques, la crurale de chats, de chiens, de lapins (3). Reinarz et Burdach, d'après M. Milne Edwards, dont le savant ouvrage me fournit la plupart de ces indications (4), ont constaté le resserrement d'un tronçon d'artère de bœuf ou de cheval, sur un cylindre de cire introduit sans effort dans ce vaisseau (5). Dans ses re* marquables leçons sur l'inflammation, James Paget décrit les phénomènes qui se manifestent, lorsqu'on excite les vaisseaux de l'aile de la chauve-souris. Si Ton frotte la peau de l'aile avec une aiguille, en faisant passer trois ou quatre fois la pointe de cette aiguille en travers de la veine et de l'artère, sans blesser le tégument, ces vaisseaux se resserrent peu à peu jusqu'à occlusion. Puis,

(1) J. Thomton, Traité midico<hirurgical de Vinflammation, p. 57.

(2) Wharton Jones, On tke State of BloodatuI Biood^Vessels in Inflamma* tion (Gay'i Hotpilal Reporli, t* téria, t. VU, p. 9).

(3) Haitings, Ùitfutaiio phy$^ intmg, de vi contraeiiii vasûtmm. Edu»h* 1818. — il Treatise on Inflammation of tke Mucous Membrane of the Lungs.,* 1824, p. 2A et suW.

(A) Miloe Edwardi, Leçons smr la physiologie et Cwsatomie oumpmrée de rhomme et des animaux, t. IV, p. 207 et luiv. (5) Burdach, Traité de physiologie, t. VI, p. 353.

co^^^RACTltlTÉ des artères. ûS

au bout âe quelques minutes, ils se dilatent de nouveau, et deviennent nn peu plus larges qu'ils n'étaient auparavant. Il faut alors, pour obtenir nn nouveau resserrement, employer une excitation plus forte que ta première fois. Non-seulement J. Faget a étudié ces faits avec beaucoup de soin, mais encore il a bien vu- le parti qu'on pourrait tirer de œtte étude pour l'explication de l'arrêt des hémorrhagies dans les plaies (1).

J'ai fait aussi des expériences sur les contractions des vaisseaux, produites par des excitants mécaniques (2) ; poor cela, je frottais rapidement un vaisseau, sur une certaine longueur de son trajet, avec la pointe d'une paire de ciseaux, d'une pince, d'un scalpel ou d'un stylet.

J'ai fi&it ces expériences sur un très-grand nombre de vaisseaux, et j'ai vu que les artères, même celles d'u» gros calibre, sont manifestement contractiles. Si l'on excite par ce procédé l'artère carotide d'un hpin, par exemple, on constate qu'elle revient peu à peu sur ellemême, à l'endroit qui a été excité, et qu'elle présente bientôt un resserrement dans le point touché ; la diminution du calibre est souvent assez considérable. En même temps, les pulsations diminuent de force au niveau de la partie rétrécie.

Ces faits sont imporlants à connaître, lorsqu'on fait des expériences sur le grand sympathique au cou. En effet, dans ces opérations, on ne peut pas toujours éviter de pro« (Hjxire une excitation mécanique de la carotide. Lorsque

(1) J. Ptget, Lectures on the Inflammation^ (r/Ondon Médical Gazette, 1850).

(2) A. Viilpian^ Sur la contractilité des vaisseaux de toreilie chez les lapins, (Comptat rendus de la Société de biologie» 1856, p. 186 et luiv.). ^ Expériences sur la CMiraetiUté des vaissteaum (Complet rendus de la Société de Mologie, 1858, p. Set suiv.).

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cette excitation a lieu, l'artère se resserre; la circulation devient, par cela même, moins active dans toutes les parties de la face alimentées par ce vaisseau, et il peut en résulter des modifications, plus ou moins marquées, des effets vasculaires qui se manifestent, quand on vient à couper ou à exciter le sympathique.

M. Armand Moreau a récemment appelé Tattention sur un effet du même genre, c'est-à-dire sur la contraction des artères méseutériques, que l'on détermine par irritation mécanique directe de ces vaisseaux, lorsqu'on fait la recherche des nerfs mésentériques, pour les couper et pour énerver ainsi des portions limitées de l'intestin grêle (1).

J'ai obtenu sur la fémorale du chien les mêmes résultats que sur la carotide du lapin. J'ai vu encore un léger resserrement de l'aorte abdominale du lapin, api*ès que je lavais grattée avec une pointe mousse.

J'ai fait aussi de nombreuses expériences sur les artères mésentériques, en les excitant de la même façon, et j'ai pu constater que la contraction devient de plus eu plus nette, au fur et à mesure que l'excitation est faite sur des artères de plus en plus petites; le calibre intérieur des petits vaisseaux artériels peut même s'effacer complètement. Quand on gratte la surface d'une artériole, on en chasse d'abord le sang ; puis, immédiatement après, rartériole se remplit de nouveau ; au bout de quelques instants, on voit qu'elle revient peu à peu sur elle-même, et son calibre intérieur, comme je l'ai dit, finit par disparaître complètement. Cet effacement dure quelquefois vingt secondes ou même davantage; après ce laps de

(1) Amuiid Moreaii, Sur un phénomène de voicuiarUatum diminyée dan$ tinervûtim de tinteetin (Archivei de pbyiiologie, 1872, p. 115).

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temps, une fine traînée de sang apparaît dans le vaisseau. D'abord presque imperceptible, cette traînée s'élargit progressivement, et le calibre artériel ne tarde pas à reprendre son diamètre primitif. Parfois même l'artère acquiert, et conserve pendant quelques minutes, une largeur plus grande qu'avant l'expérience, comme si un léger degré d'affaiblissement des parois succédait à la vive contraction dont elles ont été le siège.

Dans le point où l'artère est ainsi élargie, par suite d'atonie de sa paroi, les battements sont plus forlsque partout ailleurs. Cette observation nous met à môme de comprendre le mécanisme de la production des palpitations artérielles^ au moins dans la majorité des cas. Ces palpitations tiennent certainement, en général, à Taffaiblissement des parois dés artères et à la dilatation qui en est la conséquence {palpitations nerveuses, anémiques^ etc.)-

On peut déterminer des modifications des vaisseaux, au moyen d'excitants mécaniques, même lorscfue ces excitants n'agissent pas d'une façon immédiate sur les canaux vasculaires. C'est ce qui a lieu tout particulièrement^ lorsqu'on cherche à faire contracter les vaisseaux de la peau, au travers de l'épiderme. On provoque, par exemple, des contractions locales très- nettes de l'artère médiane de l'oreille du lapin, en frottant un peu vivement la peau, au niveau de ce vaisseau, avec une pointe mousse, ou avec l'ongle, f^s vaisseaux cutanés de toutes les régions du corps, chez l'homme, peuvent être soumis à des expériences de ce genre.

M. Marey a décrit avec soin les effets que Ton observe, quand on excite ainsi les petits vaisseaux de la peau. Ces effets étaient bien connus, du moins quant à leurs carac-

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lères d'ensemble ; mais ils n'avaieni pas été analysés avec toute l'attention qu'ils méritent (1).

J'ai étudié aussi les résultats qu'on obtient dans ces couditionSy et je les indique d'après ce que j'ai vu par moi-même. La description que je donne est d'ailleurs conforme, sous presque tous les rapports, à celle qui a été faite par difiEérents observateurs, par M. Marey, entre autres, et bien plus récemment par M. Petrowsky (2).

Quand, sur la joue d'un individu à faœ un peu colorée, ou trace rapidement, à Taide d'une pointe moussa, une ligne longitudinale ou de toute autre direction, le sang est chassé momentanément de tous les vaisseaux qui ont subi la pression de l'insti'ument, et il se produit une raie blanche, exsangue ; cette anémie, purement mécanique, disparaît presque immédiatement, et la partie redevient colorée comme auparavant. Après quelques instants, pendant lesquels la personne, sur laquelle on expérimente, éprouve une sensation très-nette de constriction, ayant pour siège les points excités, les vaisseaux s'efiacent de nouveau, peu à peu, au niveau de ces points, et 1 on voit apparaître^ en cet endroit, une ligue blanche plus ou moins large. Cette truino43 blanche persiste parfois pendant plusieurs minutes. Puis, la teinte normale de la peau reparaît progressivement ; elle peut même devenir plus rouge qu'à i'état liabituel, et rester ainsi, pendant un temps assez long» plus eolorée qu'avant l'expéi ience.

On peut observer ces effets, dans toutes les régions de Tenveloppe cutanée à l'état sain, à condition que Texci-

(1; Marey, Mémoire sur la contrnctUité vascuiaù^e (Ana, àe» Se. aat., 1858, V »*'rif,t. IX, p. 08).

(l, U» Pi'tro^>sk) (Ho Saint-Pô le rsboiirjf), Verfmlteti dcr Hnut gtg^n hf^^tti'^'hoiiisrhc Heizuiifj ^CeniralbUtL.., 1873, p. 601}»

CONTIUCTILITÉ DES ARTÈRES. kl

tatioQ ne soit pas très-éoergique* Ainsi, par exemple, que Ton frotte deux ou trois fois, à Taide d'un corps mousse et sans appuyer fortement» un point quelconque de la face dorsale de la maia, ou de la suriaoe de Tavantbras, de la cuisse, etc., ou verra se produire peu à peu une tache blanche d'anémie passagère, dans toute l'étendue de la région ainsi irritée, et le développement de cette anémie locale sera précédé et accompagné de la sensation que nous venons d'indiquer.

Mais les phénomènes ne sont plus tout à fait les noiômes, lorsque l'excitation est plus énergique. Si l'on trace rapidement une ligne sur la peau de la région dorsale des mains ou sur celle de ravant-bra&, à l'aide d'une pointe mousse, en l'appuyant quelque peu, il ne se produit rien au premier moment, mais on sent presque aussitôt, sur le trajet de l'excitation» une impression de constriction plus forte que lorsque cette excitation est moins énergique. Après quelques courts instants» la ligne tracée sur la peau devient rougeàtrCt et cette teinte rouge s'accuse de plus en plus. En même temps on- voit apparaître, de chaque côté de la ligne rouge, une traînée pâle, blanchâtre, beaucoup plus large que cette ligne. Ces phénomènes durent un certain temps, souvent plus d'une minute, puis les traînées blanches reprennent peu à peu la teinte normale de la peau. Quant à la ligne rouge qui sest produite dans les points parcourus par le corps excitant, elle conserve sa teinte rouge plus longtemps encore ; et si l'irritation a été très-vive, môme sans égratignure de la peau, cette ligne peut persister pendant plus d'une heure.

Soit qu'il y ait affaissement léger des parties anémiées, soit qu'il y ait tuméfaction congestive de la ligne rouge,

soit enfin qu'il y ait concours de ces deux causes, toujours est-il que la ligne rouge, dans les conditions de Texpérience en question, fait d'ordinaire nne légère saillie.

L'explication de ces phénomènes n'est pas très-facile. Disons cependant que, suivant toute vraisemblance, l'influence des excitations que nous étudions, porte principalement sur les artérioles de la région excitée. Ce sont les vaisseaux les plus richement pourvus de fibres musculaires, comme nous l'avons vu, et ils peuvent se resserrer au point de ne plus permettre le passage des globules sanguins. Le sang contenu dans ces artérioles se trouve ainsi poussé dans les capillaires, et, au travers des capillaires, jusque dans les veinules, qui se resserrent probablement aussi, à un certain d(^ré, dans un sens centripète. Et il en est de même pour les capillaires. S*ils ne sont pas contractiles, et s'ils ne peuvent pas se resserrer par le mécanisme qui produit la constriction des artérioles et des veinules, le diamètre de ces vaisseaux doit cependant diminuer, parce que toute pression intérieure y cesse lorsque les artérioles ne sont plus perméables. De plus, ils sont comprimés par l'élasticité des tissus qu'ils traversent. C'est de cette façon, sans doute, que se produit la tratuée pâle dans la région de la peau, dont la surface a été parcourue par l'excitant mécanique. C'est un effet inverse, un relâchement des parois contractiles des vaisseaux, qui détermine l'apparition d'une ligne rouge dans le cas d'excitation plus vive. Mais s'agil-il, dans l'un et Tautre de ces deux cas, d'une action directe de l'excitant sur les vaisseaux, ou bien d'une action nervo-vasculaire réflexe?

Il nous paraît probable qu*il s'agit surtout, dans ces cas, d'actions vaso-motrices réflexes, mais qu'il s'y joint des résultats d'irritation directe des vaisseaux. La con-

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gestion, qui se montre sur le trajet de la ligne d'excitation, nous semble devoir être rapportée surtout à une de ces actions, que nous étudierons plus tard sous le nom d'actions vaso-dilatatrices réflexes. Ce qui nous empêche de les considérer, ainsi que Pont fait d'autres expérimentateurs, comme des résultats de paralysie, déterminés par une excitation trop vive, épuisant pour ainsi dire brusquement la contractilité vasculaire, c'est que la ligne rouge, dont il s'agit, ne se produit pas tout de suite après le passage de l'instrument irritant : elle se montre au bout de quelques instants ; elle dure, en général, longtemps, et il y a là une grande analogie avec ce qui a lieu dans les cas ordinaires de dilatation réflexe des vaisseaux, provoquée par des irritations locales. Les traînées blanches, qui bordent de chaque côté la ligne rouge, sont dues à une constriction des vaisseaux des parties de la peau devenues ainsi exsangues. S'agit-il ici pareillement d'une action réflexe vaso-constridivel Nous ne saurions l'affirmer; mais la lenteur, avec laquelle apparaissent ces traînées pâles, semble exclure l'idée d'une action portant directement sur les vaisseaux eux-mêmes.

Si Ton fait des expériences du genre de celle dont il s'agit, sur un malade atteint d'une affection qui détermine une dépression considérable du système cérébro-spinal, les phénomènes, provoqués par l'excitation mécanique de la peau , peuvent différer plus ou moins de ceux que nous avons décrits. Dans ce cas, le passage rapided'une pointe mousse, ou de l'ongle, sur la peau, détermine l'apparition bien plus prompte d'une ligne rouge, et les traînées blanches qui bordent celte raie sont moins accusées, ou font même absolument défaut. La raie rouge se produit avec une grande netteté sur tous les points du tronc et des membres,

vuLPiAir. 4

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mais surtout sur la peau de la région abdominale. BBc a été considérée par quelques pathologî^tes comme^ ayant une certaine valeur diagnostique, cft on Va ncrminée raie mèmigitiçue. On sait aujourdlmi, fit depuis longtemps, que cette ligne rouge apparaît, avec une atissi grande neUelé et une égale promptitude, dans dners étals moitides, dans certains cas de fièvre typboïde, par exempte, aussi bien que dans la méningite : par conséquent, en ne saurait réellement tirer de ce phénomène aucmi iraftce propre à éclairer sur la nature de ht maladie.

Lorsque la fièvre typhoïde débute, ou lorsque. !a con^ valescence est bien déclarée, on provoque encore facilement, sur Tabdomen, l'apparition de ces traînées de congestion locale ; mais, lorsque les excitations sont légères, on peut déterminer la production de lignes pâles, oe xpxïi est difficile d'obtenir dans le cours même de la maladie. M. B'âumler a étudié les diverses particularités de la production des traînées pâles, sous TinHuence des excitations mécaniques, dans plusieurs maladies, en particulier dans la première période du typhus exanthéraatique ; la facilité avec laquelle on provoque alors la production de ces traînées blanches, le porte à penser que Texcitabilité des artères serait plutôt augmentée que diminuée dans ces conditions morbides (1).

Il est probable que la cause, qui favorise Tapparrtion de la ligne rouge, dans les conditions diverses doirt nous avons parlé, est Taffaiblissement plus ou moins prononcé deVaclivité des parties centrales de Tappareil nervcire vaso-moteur. La stimulation permanente, à laquelle est due le tonus

(1) Chr. Bdumler, Vehm'dns Verhnlfen der Hautarterien t/i der Fieberhiize, (Cenlrnlblatt..., 1873, p. 179).

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vasciilaire, esit vraisemblablement moins éiie^qire qm Haas T^tat normal, et les parois vasciilàires cèdent plus facilement aux excitations rëQexes vaso-dilatatrices, provoquées par r irritation cutanée.

11 serait donc assez irftéressant d'étudier minutieusement dans les maladies, en particdier «dans loutes celles qui troublent plus ou moins les Fonctions du système nerveux, les varisltions de Tiiifluenoe des excitants mécaniques sur les vaisseaux ctTtanés; car ces vafiatfions sont certainement en rapport avec des modifications fonctioitiélles de fapparell fl'innervation vaso-motrice, et ces modifications soirt au noolbre des ëlémeilts morbides dont la connaissance ne saurait être mutile. !Hais pour qu'on pût tirer de cette étude des données de quelque valeur, il faudrait un grand nomi)re â*observaffions. Tai examiné, dans différents cas d'affection de la moelle épiriîère, l'effet des excitations mécaniques faites sur la peau des membres, avec la pulpe d'un doi^t, avecFon^e ou avec un ïnstrumenft pointu ettnousse quelconque. Dans des cas de paraplégie par compression^ on déterminait plus facilement l'apparition de lignes blandhes que de lignes rouges. Sur un homme sttteiat de névralgie fessière et sciatigue, en relation probable avec des lésions de la moelle ou de ses membranes, j'ai vu des traînées rouges se produire sur les caisses avec une rapidité extraordinaire, même lorsque les excitattions étaient assez légères : ces traînées étaient'bordées, de chaque côté, par une large bande anémique, àlimites irrégulièrement dessinées, et elles disparaissaient très-rapidement, lorsque la cause irritatfte avait agi avec peu d'énergie. Pour obtenir la coittracrtion desiraisseaux cutanés, et pour produire par conséquent une traînée pâle, au niveau même des points

directement excités, il fallait réduire l'excitatioD au minimum d'intensité : on y réussissait, par exemple, eu frottant trës-doucemenl la peau avec la pulpe du doigt. Dans un cas d'atrophie progressive des muscles de Tépaule gauche, chez un adulte, Texcitation de la peau de la région deltoïdienne, au moyen de Tongle, donnait lieu à des lignes rouges, plus rapidement du côté gauche que du côté droit.

Chez plusieurs malades, frappés d'hémiplégie par suite d'hémorrhagie ou de ramollissement du cerveau, les excitations mécaniques produisaient aussi des raies rouges, plus facilement sur Tavant-bras du côté paralysé que sur celui du côté opposé. Ces raies étaient souvent plus larges et duraient plus longtemps sur le membre paralysé.

J'ai comparé l'eiFet des excitations mécaniques, sur les deux bras d'une femme affectée d hémi-anesthésie de cause hystérique. La peau était évidemment moins colorée, plus pâle, sur la face dorsale et la face palmaire de la main gauche (côté anesthésié) que sur les parties correspondantes de la main droite. On provoquait l'apparition de raies rouges, au niveau de lignes tracées avec une pointe mousse, moins facilement sur le bras atteifit d'anesthésie que sur l'autre bras.

En dehors des observations d'affections du système nerveux, on trouve des sujets chez lesquels les vaisseaux cutanés de certaines parties du corps présentent une résistance toute particulière aux excitations mécaniques. C'est ce qu'on peut observer dans des cas de cyanose de la face, des pieds et des mains, surtout lorsque cet état de la circulation a duré pendant longtemps. M. Pe.trowsky n'a pas pu provoquer la formation de lignes blanches, en soumettant à des excitations mécaniques la peau de la face et des mains.

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