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MOUVEMENTS RHTTBUIQUES DES VAISSEAUX

par Lower (1), par Lancisi (2). Haller a constaté des contractions propres dans les veines pulmonaires des grenouilles (â), et Spallanzani dans les veines caves de ces batraciens (4). Floureus a étudie avec soin les contractions rhythmiques des principaux troncs veineux de la grenouille et il a bien montré, à laide de ligatures interrompant toute communication entre le cœur et ces veines, que leurs mouvements alternatifs de systole et de diastole sont indépendants des mouvements du cœur (5). Quelques années plus tard, ces mêmes mouvements des veines, surtout des veines pulmonaires et des veines caves, ont été indiqués aussi par MiîUer (6), puis décrits par AU lison chez les poissons, les batraciens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères (7). Ces mouvements ont été depuis lors connus de tous les physiologistes. M. Colin, d'Alfort, a fait assez récemment un travail spécial, consacré à Tétude de leurs particularités (8).

Voici, du reste, une grenouille sur laquelle on peut parfaitement distinguer le phénomène :

Le cœur a été enlevé en entier, les oreillettes ont été excisées avec le plus grand soin, puis les poumons écartés.

o^tiervntiones circa motum cordis^ auncularum et vettœ cavœ, (Bartholini Acta medictt Hafmenaia, 1673, t. W, obs. 46, n«* 7 à 12, p. ih2.)

[{) Lower, Tractatut de corde , p. 53, 73, etc.

(2) Lancisi, De motu cordis et aneuristuatiOus, p. 211.

(3} Haller, Mém. sur le mouvement du sang^ p. 310, etc.

(â) Spallanxani , Expér. sur la circulation, p. 199 et 364.

(5) Flourens, Expér, sur la force de contraction propre des veines prmcii>oles dans la grenouille (Anu. des se. nat., 18^3, t. XXVUI, p. 65).

(6) Manuel de physiologie, traduction de Jourdan, t. I, p. 122.

(7) AUifOD, Expériences proving the Existence of a Venons Puise Indepenth>nt ofthe Heart and Nervous System, with Remarks on the Contractility of t/te Veins in General (American journal of Médical Science, 1838, n» 45, t. XXlIIi p. 318}.

(8) Annales des sciences naturelles, 1863, p. 259 et suiv.

76 DKLXIÈME LEÇON.

Sur la ligne médiane, en un point correspondant à la place occupée auparavant par le cœur, on voit trèstlistinclement les pulsations des veines pulmonaires et de ia veine cave.

Ces battements, qui ne dépendent évidemment pas du cœur, peuvent subsister pendant plusieurs heures. On peut s'assurer facilement que ces contractions précèdent celles des oreillettes et ont lieu lors de chaque révolution c«irdiaque.

Il en est de même chez les mammifères. Si Ton examine, en effet, le cœur d*un chien, d'un chat, ou d'un lapin, on voit que chaque systole du cœur débute par udv systole des extrémités des veines caves. Leur contraction peut, en quelque sorte, être considérée comme '*' mouvement d'échappement du cœur.

Chez le chien, c'est surtout la veine cave supérieure qui offre nettement des contractions rhylhmiques, indépentlantes. I^ paroi de celte veine contient une couche épaisse de fibres musculaires striées, qui est le prolongement du tissu de Toreillelte droite : cette couche s'étend de Kenil>ouchure de la veine jusqu'à une assez grande distance du cœur, c'est-à-dire jusqu'à 15 ou 20 millimètres de t*ette embouchure.^Les diverses particularités relatives aux fibres musculaires striées des terminaisons des veines oiit été étudiées par M. J. Elischer (1 j.

Les contractions rhythmiques de la veine cave supérieure sont fortes, tout à fait comparables à celles des oreillettes; elles produisent un resserrement de la veine de haut en bas et complètent la diastole auriculaire commencée par

(1) J. Eliicher, Ueber tfuergestreifte Muskeln (1er in ths Herx emmmn4emttf'^ Venen (Wiener Sitiunjrsb, t. LX, 1869).

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